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17 février 2020 - 10:00 | Mis à jour : 10:03

La communauté universitaire a récemment annoncé son décès

Le géographe Louis-Edmond Hamelin, ancien recteur de l'UQTR, s'est éteint

Par Salle des nouvelles

La communauté universitaire a annoncé le décès, le 11 février dernier, de monsieur Louis-Edmond Hamelin, deuxième recteur de l’histoire de l’UQTR (1978 à 1983).

Né à Saint-Didace et fils de cultivateur, Louis-Edmond Hamelin a suivi des études en économie avant de compléter un doctorat à l’Université de Grenoble ainsi qu’un doctorat d’État de l’Université de Panthéon-Sorbonne, portant sur les Perspectives géographiques de la nordicité : Nord canadien et Nouveau Québec. Géographe et érudit en même temps qu’homme de terrain, il mènera d’abord une carrière professorale à l’Université Laval, dont il sera le premier directeur de l’Institut de géographie (1955-1961), pour ensuite créer le Comité d’études nordiques dont il sera le directeur (1961-1972). Une chaire de recherche nordique en sciences sociales porte d’ailleurs son nom.

Pour lui, « Au Québec, le Nord est omniprésent, et non un monde lointain situé à gauche du soleil levant », considérant que plus de 70 % du territoire québécois se situe en zone nordique. Et quand il ne trouvait pas les mots pour décrire les réalités québécoises du Nord, "il les inventait", selon l'UQTR. On lui doit ainsi plus de 200 néologismes, dont « pergélisol » et « nordicité », qui fera son entrée dans les dictionnaires en 1985, soit dix ans après la parution de son ouvrage Nordicité canadienne.

Cette passion pour les mots, cette volonté de dire la réalité avec originalité l’amènera à faire une maîtrise en linguistique à l’âge de 64 ans. Auteur prolifique et insatiable curieux, il se distinguait par la profondeur de sa réflexion sur le sens et le rôle que doit jouer l’université dans la société. Louis-Edmond Hamelin valorisait au plus haut point ce qu’il appelait les « actes intellectifs » et qu’il invitait l’ensemble de la communauté à poser, collégialement.

L’intérêt qu’il accordait aux valeurs de la science et de la culture, de même qu’à ceux qu’il appelait les « travailleurs de l’esprit » l’amènera d’ailleurs, en 1985, à publier, en collaboration avec Clermont Dion et Guy Godin, Les chemins de l’Université, ouvrage qui se présente sous la double forme d’une histoire du fait universitaire en Mauricie depuis 1930 et du développement de l’UQTR jusqu’en 1985, et d’extraits de ses textes, d’allocutions diverses et de réflexions parues dans notre média institutionnel de l’époque, Informo, puis La Semaine.

Louis-Edmond Hamelin entame son mandat de recteur dès janvier 1978 et restera à la barre de l’UQTR jusqu’au 30 novembre 1983. Sous sa gouverne, souvent placée entre mémoire (fidélité au passé institutionnel et aux pionniers) et hardiesse (découvrir des champs qui n’ont pas encore été développés), l'UQTR explique retenir plusieurs réalisations, malgré le contexte économique difficile de l’époque :

  • organisation de cours radiodiffusés;
  • augmentation de la population étudiante en dépit d’une faible croissance démographique;
  • première cérémonie institutionnelle de remise de diplômes, en 1981;
  • inauguration du pavillon Léon-Provancher;
  • acquisition, par l’UQTR, de la collection Robert-Lionel Séguin;
  • acquisition de l’ancien Grand Séminaire, actuel pavillon Michel-Sarrazin;
  • aménagement de la salle de concert du Michel-Sarrazin;
  • duplication des octrois en recherche, qui passent de 2 à 4 M$
  • accroissement des liens avec les partenaires régionaux, etc.

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