Publicité
26 novembre 2019 - 06:00

Alternative au cannabis

La professeure Isabel Desgagné-Penix remporte le prix Mitacs pour ses travaux sur les micro-algues

Par Salle des nouvelles

Une professeure du département de Chimie, biochimie et physique de l’Université du Québec à Trois-Rivières remporte le Prix Mitacs, qui récompense les professeurs superviseurs possédant un dossier exemplaire de développement de collaborations avec l’industrie et d’autres partenaires.

Isabel Desgagné-Penix, que L'écho de Trois-Rivières avait déjà mentionné pour son travail, a été reconnue pour son travail innovateur afin de produire des cannabinoïdes tels que le CBD et le THC, les principaux composants de la marijuana médicale, dans des algues microscopiques. Il s'agirait d'une alternative moins dispendieuse et plus écologique, comparée à la production de ces éléments à partir du cannabis.

Son travail de pointe lui a permis de remporter le Prix Mitacs pour leadership exceptionnel — professeur, offert par Mitacs, un organisme sans but lucratif qui favorise la croissance et l’innovation au Canada pour le secteur privé et postsecondaire. Le prix est décerné lors d’une cérémonie à Ottawa aujourd'hui.

"Soupe de cannabinoïdes"

Mme Desgagné-Penix, qui a supervisé plusieurs stages de Mitacs à titre de chef du Laboratoire de métabolisme spécialisé végétal de l’université, est la première à démontrer que les cannabinoïdes peuvent croître avec succès dans des microalgues en faisant l’extraction des gènes responsables de la production de cannabinoïde de plants de cannabis et en les insérant dans des algues, à l’aide d’un processus qui se nomme ingénierie métabolique.

Le travail qui change la donne est réalisé en collaboration avec Algae-C, une entreprise biosynthétique qui se prépare maintenant à amener la recherche de Mme Desgagné-Penix vers des tests à grande échelle pour la commercialisation.

« Nous avons démontré que nous pouvons isoler et produire des cannabinoïdes dans les algues dans le laboratoire, ce qui exige moins de lumière, moins de nutriments et moins d’espace que la culture traditionnelle de cannabis », détaille Mme Desgagné-Penix, en expliquant que le cannabis est comme une « soupe de cannabinoïdes », ce qui rend très difficile d’en extraire qu’une seule.

Naturel et viable

« Non seulement le processus est-il naturel et viable, il est aussi rentable et devrait ultimement réduire le niveau de prix de cannabinoïdes, qui génèrent actuellement beaucoup d’intérêt pour leurs avantages pharmaceutiques », ajoute-t-elle.

Algae-C prévoit être en production commerciale au premier ou deuxième trimestre de 2020. S’ils réussissent, les produits pourraient perturber le marché des produits du cannabis d’une perspective de constance, de qualité et de prix.

Mme Desgagné-Penix crédite son prix au dévouement de son équipe de recherche et aux stagiaires de Mitacs qui travaillent dans le laboratoire afin de mieux comprendre les plantes au niveau moléculaire. En plus d’isoler et de faire croître les cannabinoïdes, ils aident à faire progresser d’autres alternatives écologiques, végétales telles que les détergents et les produits nettoyants verts, les parfums et les suppléments alimentaires.

Choisie parmi des milliers de chercheurs

Mme Desgagné-Penix est l’un des huit lauréats des Prix Mitacs à l’échelle nationale, choisie parmi des milliers de chercheurs qui prennent part aux programmes de Mitacs chaque année. Les sept autres lauréats ont été reconnus pour de l’innovation ou de la commercialisation exceptionnelle dans d’autres domaines de recherche.

« L’innovation au Canada continue d’être inspirée par le travail révolutionnaire de chercheurs de la relève qui touchent tous les secteurs de l’industrie et qui aident à alimenter l’économie », affirme Eric Bosco, Chef du développement des affaires et des partenariats de Mitacs.

 

D’autres informations sur les Prix Mitacs et une liste complète des lauréats sont disponibles en ligne.

 

 

Publicité

Commentez cet article

Un ou plusieurs champs sont manquants ou invalides:





L'Écho de Trois-Rivières se réserve le droit de ne pas publier ou de retirer les propos diffamatoires, obscènes, ainsi que les commentaires discriminatoires, tout comme ceux incitant à la haine ou la violence. De plus, l'écriture phonétique et les messages écrits en lettres majuscules ne seront pas acceptés.

Vous souhaitez commenter cet article ? Faites-le de façon intelligente. Quoique certains internautes se croient à l’abri en publiant des commentaires et en nous donnant de faux courriels, il est très facile de les retracer. En cas de plainte pour diffamation ou menaces, L'Écho de Trois-Rivières collaborera avec les autorités en leur remettant les informations desdites personnes.