UQTR: en grève illimitée par 48 votes
Les cris de joie se sont fait entendre lors de l'annonce du résultat en faveur de la grève générale illimitée. Trois-Rivières le 15 mars 2012. NICOLAS DUCHARME/L'ÉCHO DE TROIS-RIVIÈRES/AGENCE QMI
Les étudiants de l'Université du Québec à Trois-Rivières ont parlé. Ils sont en grève générale illimitée, une première pour la maison d'enseignement mauricienne. C'est par une mince marge de 48 votes que le clan du oui l'a emporté mercredi soir.
Ce sont 2164 étudiants qui se sont prononcés sur la question, ce qui représente plus de 22 % de la population de l'université. L'annonce de la victoire du clan du oui a déclenché les cris de joie, et même des larmes, parmi les 1097 personnes qui se sont prononcées en faveur de la grève. Le clan du non a amassé 1049 votes alors que 18 étudiants se sont abstenus.
Devant commencer sur le coup de 18 h 30, l'assemblée s'est plutôt ouverte à 20 h puisqu'une longue filée d'étudiants tentait toujours d'entrer à l'intérieur du Centre de l'activité physique et sportive Léopold-Gagnon.
Le président de l'Association générale étudiante de l'UQTR (AGE UQTR), Hugo Mailhot-Couture, jubilait après l'annonce du résultat.
« Je suis fier que les étudiants de l'UQTR se soient présentés aujourd'hui, qu'ils soient pour ou contre. On entend souvent dire que les étudiants sont cyniques et non politisés. Je crois qu'ils ont prouvé le contraire aujourd'hui et qu'ils veulent prendre leur avenir en main. »
Malgré la mince différence dans les résultats, le président croit que le résultat du scrutin est légitime.
« Je pense qu'avec le nombre de gens qui se sont présentés, peu importe la différence, c'est un exemple de démocratie. C'est le vote de l'AGE UQTR où il y a eu la plus grande participation », souligne-t-il.
Plus tôt dans la soirée, les étudiants s'étaient prononcés de façon clairement majoritaire en faveur d'une grève d'une journée le 22 mars dans le cadre de la manifestation contre la hausse des frais de scolarité.
Puis, un deuxième suffrage, cette fois pour un arrêt de cours de trois jours, a étonnamment été battu par les étudiants, certains alléguant « qu'un vote de trois jours ne suffisait pas et qu'il fallait passer aux choses sérieuses », ce qui a ouvert la voie au suffrage sur une grève générale illimitée.
Déception chez les anti-grèvistes
Du côté des étudiants opposés à la grève, certains critiquaient la lenteur du processus qui aurait fait fuir plusieurs personnes. La soirée, qui devait débuter à 18h30, s'est terminée un peu avant le coup de 1h du matin.
« Je suis déçu par la façon dont ça s'est déroulé. Ils se sont organisés pour faire partir les gens qui étaient contre la grève. Je suis persuadé qu'il y avait plus de gens qui étaient contre la grève. Mais ça n'a pas tourné en notre faveur et nous allons vivre avec cette décision », soutient Manuel Vaillancourt.
Ce dernier croit qu'avec une si faible majorité, un nouveau vote pourrait retourner les deux groupes à la case départ.
« Avec 48 voix de différence, ce n'est pas un mandat qui est fort. Ça ne durera pas éternellement et le vent pourrait tourner. J'espère pouvoir reprendre mes cours. »
Fait à noter, la soirée s'est déroulée dans le plus grand calme. Malgré un gymnase bondé et une foule divisée, les débats n'ont pas donné lieu à de l'intimidation ou des gestes disgracieux comme ce fut le cas ailleurs dans la province.
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