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Groupes d'entendeurs de voix: un complément au traitement médical

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7 mars 2012
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Par Guillaume Jacob

La philosophie qui sous-tend les groupes d'entendeurs de voix va à contre-courant du discours habituellement entendu tant dans le milieu médical que chez plusieurs organismes communautaires, pour qui les voix sont des hallucinations auxquelles il ne faut pas porter attention.

Brigitte Soucy est psychoéducatrice et a fondé en 2007 à Québec le premier groupe d'entendeurs de voix. Ça a été une petite révolution. C'était la première fois que l'on invitait les personnes aux prises avec de telles réalités à se rassembler et qu'on leur disait que leurs voix existaient réellement, à tout le moins pour eux.

Peu importe ce que les entendeurs croient entendre, le principe est de respecter leur croyance, ajoute Brigitte Soucy. « Si on nie ce phénomène-là, on laisse les gens dans la détresse, dans des sujets tabous. Quand on a un problème et qu'on ne peut pas en parler, le problème grossit et vient qu'à prendre presque toute la place. Pour certaines personnes ça freine le rétablissement. »

La majorité des participants ont des diagnostics de schizophrénie, de trouble affectif bipolaire et de trouble de personnalité limite. « Lorsqu'on considère les voix strictement comme le symptôme d'une maladie mentale, comme un problème dans le fonctionnement du cerveau, on laisse peu de pouvoir aux personnes d'agir sur elles», soutient la psychoéducatrice.

En parallèle au suivi psychiatrique

Les ateliers organisés dans le cadre des rencontres d'entendeurs de voix ne remplacent en aucun cas le suivi psychiatrique et neuroleptique (médicaments) des patients. Ils représentent plutôt un complément. « Les rencontres permettent de diminuer la détresse, de diminuer le sentiment d'isolement et de créer des liens d'appartenance. »

À mesure que l'angoisse et le stress diminuent, les participants ont plus d'énergie à consacrer à d'autres projets. « On en profite alors pour accompagner la personne dans la réalisation de ses rêves, souligne Brigitte Soucy. Il est faux de croire qu'il est impossible de se rétablir de maladies mentales graves. Il y a une personne atteinte sur quatre qui est épanouie, qui a un emploi et une famille. »

L'une des plus grandes appréhensions de Brigitte Soucy lorsqu'elle a lancé le groupe en 2007, c'était que son approche ne soit pas reconnue ou alors même désapprouvée par les psychiatres. Cinq ans plus tard, elle est soulagée. Le projet a été bien reçu et un psychiatre a même référé un de ses patients au groupe de Mme Soucy. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a même décerné une mention d'honneur au Pavois pour cette initiative dans le cadre des Prix d'excellence du réseau de la santé et des services sociaux.

Plusieurs des participants au groupe du Pavois ont entendu leurs voix changer et parfois même se taire au fil des rencontres.

Brigitte Soucy s'est associée à Mireille St-Onge, une doctorante à l'Université Laval, pour reprendre le modèle des groupes « d'entendeurs de voix » qui existent depuis 25 ans au Royaume-Uni. Depuis le lancement du premier groupe en 2007, l'expérience fait tache d'huile à Montréal et à Trois-Rivières et un programme de formation a été élaboré par l'équipe de Mme Soucy, qui souhaiterait déployer pareils groupes un peu partout dans la province. « On est prêts ! » conclut-elle.

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