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Du GHB… dans les cheveux

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27 novembre 2013
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Par Matthieu Max-Gessler
TROIS-RIVIÈRES - 

On pourra désormais trouver des traces de la drogue du viol (GHB) dans les cheveux: c’est ce qu’a découvert un chercheur en criminalistique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

 

La découverte d’André Lajeunesse pourrait soulager bien des victimes d’agression sexuelle droguées au GHB et faciliter le travail des policiers. En effet, il était jusqu’à présent possible de détecter cette substance dans l’urine et le sang seulement quelques heures après son utilisation.

«Les victimes sont souvent en choc psychologique ou honteuses après l’agression. Alors le temps qu’elles se décident d’aller voir un enquêteur de police, il peut s’écouler plusieurs heures et en moins d’une journée, la drogue ne devient plus détectable», souligne le chercheur et professeur en chimie criminalistique à l'UQTR.

Or, grâce aux recherches de ce dernier, cette période de détection se trouve à être élargie de beaucoup.

«Les cheveux poussent de 1,1 centimètre par mois. Dans cette longueur-là, on a l’historique de tout ce que la personne a ingéré dans le mois. Donc si une victime d’agression a les cheveux longs, on peut reculer plusieurs mois en arrière», indique le chercheur.

Du GHB naturel

Le chercheur doit toutefois mesurer la quantité de GHB présente naturellement dans le corps humain. La substance, présente en très faible quantité, contrôle les endorphines, qui provoquent le sentiment de bien-être et de détente.

M. Lajeunesse recueillait donc des échantillons de cheveux mercredi et le fera à nouveau vendredi.

«On regarde les couleurs de cheveux et le sexe pour voir s’il y a des variations. On va ensuite établir un ratio de la concentration naturelle de GHB dans le corps, ce qui va permettre de voir facilement s’il est trop élevé», poursuit-il.

Utilités à l’embauche

Il n’y a pas que le GHB dont on retrouve la trace dans les cheveux: tout ce que le corps ingère peut s’y retrouver. Cette véritable base de données pourrait donc servir à détecter la consommation d’alcool et d’autres drogues pour d’autres crimes, mais également dans certains corps d’emploi où il est nécessaire d’être sobre.

«Un pilote d’avion ne peut pas être sous l’influence de certaines drogues ou en avoir déjà consommé. On pourrait faire un historique de sa consommation sur plusieurs mois avant l’embauche pour voir s’il dit la vérité dans son formulaire», illustre M. Lajeunesse.

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