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La Commission scolaire Chemin-du-Roy se lance à la chasse au radon

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25 avril 2012
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Par Guillaume Jacob
TROIS-RIVIÈRES - 

La Commission scolaire Chemin-du-Roy fera l’acquisition l’automne prochain d’un millier de dosimètres pour évaluer la présence de radon dans ses écoles. Ce gaz radioactif, présent à l’état naturel, serait la plus importante cause de cancer du poumon après le tabagisme, selon Santé Canada.

La Commission scolaire Chemin-du-Roy prévoit dépenser 25 000 $ pour se procurer un millier de dosimètres, pour analyser les données qu’ils recueilleront et pour procéder à d’éventuels travaux correctifs tout au long de la prochaine année.

« À moins d’avoir une grosse surprise, ça devrait être assez pour faire les correctifs qui pourraient s’imposer, si correctif il y a », soutien Richard Lampron, directeur du service des ressources matérielles à la commission scolaire. « D’après les études qui ont été menées par le passé, on ne serait pas dans une zone à risque. »

Les dosimètres seront installés l’automne prochain dans chacune des pièces habitables qui se trouvent au sous-sol ou au rez-de-chaussée des écoles, car le radon s’infiltre à travers les fissures dans les fondations, les drains ou les interstices autour des tuyaux. Ils récolteront les données sur les concentrations du gaz radioactif tout au long de l’hiver. Au printemps, les analyses seront effectuées et des travaux pourraient être entrepris l’été prochain.

« Il a eu un appel d’offres regroupé avec d’autres commissions scolaires de la province pour se procurer les dosimètres », rapporte M. Lampron. C’est le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport qui a donné la directive aux commissions scolaires de se lancer à la chasse au radon. Toutes les écoles de la province devront être testées d’ici la fin 2013.

En 2010, un projet-pilote de dépistage mené dans 65 écoles du Québec avait révélé des concentrations en radon supérieures au niveau acceptable dans 11 écoles. Selon Santé Canada, le radon peut-être dangereux lorsque sa concentration dépasse les 200 becquerels par mètre cube.

Le radon démystifié

Il est invisible, inodore et radioactif, et pourrait s’infiltrer dans les fissures de votre sous-sol. Le radon est un gaz radioactif présent à l’état naturel, mais qui peut se retrouver en concentrations plus importantes dans les sous-sols mal ventilés.

Le radon est issu des isotopes d’uranium radioactifs qui se trouvent naturellement dans le sol, explique Louis Marchildon, professeur de physique à l’Université du Québec à Trois-Rivières. En se désintégrant, cet uranium se transforme successivement en une série d’autres éléments, dont le radon. Or, étant un gaz, le radon, lorsqu’il est créé, cherche à s’échapper du sol.

« Il y en a dans l’air qu’on respire, en concentration très faible, indique M. Marchildon. En fait, le radon est responsable de la moitié de la radioactivité naturelle à laquelle nous sommes exposés. »

À l’air libre, le radon peut se retrouver en concentrations assez faibles. Mais lorsqu’il s’infiltre, pas des fissures dans le béton ou des drains, dans des sous-sols mal aérés, il peut atteindre des concentrations plus importantes. « Dans un sous-sol mal aéré, les concentrations peuvent parfois devenir préoccupantes, note M. Marchildon. La principale façon de se débarrasser du radon dans le sous-sol est donc de bien ventiler. »

Ainsi, en passant beaucoup de temps dans des espaces confinés à grande concentration de radon, des éléments radioactifs peuvent se coller à la paroi des poumons. « À long terme, ces éléments peuvent causer des dommages aux cellules. C’est ce qui explique que le radon est la deuxième cause la plus importante de cancer après le tabagisme. »

La concentration en radon est considérée comme préoccupante lorsqu’elle dépasse les 200 à 400 becquerels par mètre cube. « Pour chaque 100 becquerels par mètre cube, vous avez 16% de chances de plus de développer un cancer du poumon », rapporte le professeur Marchildon.

La quantité de radon dépend de la quantité d’uranium qui se retrouve sous nos pieds. Les concentrations diffèrent donc selon les régions, souligne M. Marchildon.

Un phénomène méconnu

La présence de radon dans les habitations est reconnue par Santé Canada et par l’Organisation mondiale de la santé comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme. Pourtant, le phénomène demeure méconnu de la plupart des gens, reconnaît le professeur Louis Marchildon.

Est-ce qu’on devrait être plus proactifs pour demander aux gens de vérifier la concentration en radon dans leurs sous-sols? « Sans doute, mais il y a bien d’autres facteurs encore plus préoccupants comme le tabagisme et même la pollution urbaine », note le professeur.

 

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