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Simon Kean, le bon samaritain

L’accusé, le boxeur Simon Kean.
Photo: Archives - L'ÉchoL’accusé, le boxeur Simon Kean.
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TROIS-RIVIÈRES - 

C’est une toute autre version de la soirée du 19 avril 2013 qui a été présentée au juge Bruno Langelier lors de la seconde journée du procès de Simon Kean, à Trois-Rivières, jeudi. Le boxeur fait face à des accusations de voies de fait causant des lésions, de menaces de mort et d’introduction par effraction.

Dans la nuit du 19 au 20 avril dernier, Simon Kean serait allé reconduire un ami, David Pelletier, chez celle qu’il croyait être sa copine, Myriam Veilleux, à la sortie des bars. Il faut toutefois mentionner qu’il existait déjà depuis un certain temps un triangle amoureux entre Veilleux, Pelletier et une troisième personne, Sonny Doucet.

Selon les dires du boxeur, il devait ensuite aller reconduire deux autres hommes dans un autre secteur de la ville, plus près de sa résidence.

À son arrivée à l’appartement de Veilleux, Pelletier s’est retrouvé face à face avec Doucet. Une altercation a éclaté entre les deux hommes.

Simon Kean, qui se trouvait alors dans sa voiture, a entendu des cris et est entré dans le logement, où il a trouvé Sonny Doucet en train de maîtriser David Pelletier sur le sol. Alors que la victime a mentionné au tribunal avoir été frappé par Kean, puis retenu pendant que Pelletier le rouait de coups, le pugiliste soutient plutôt avoir simplement agrippé Doucet par le cou, à l’aide d’un seul bras, pour le relever et ainsi dégager son ami. La victime aurait réussi à se défaire de l’emprise du boxeur assez rapidement par la suite.

Pas prémédité

Selon l’avocat de la défense, Me Jean-François Lauzon, la présence de son client sur les lieux de l’infraction est purement circonstancielle. À aucun moment il n’a été question de complot commandé par David Pelletier pour donner une raclée à l’homme qui courtisait sa copine, selon le procureur. Me Lauzon prétend également qu’il était impossible que Pelletier lui-même sache que Doucet était chez sa copine avant d’y mettre les pieds, malgré une brève conversation téléphonique entre les deux hommes.

Aussi, il aurait été peu probable que le boxeur retienne la victime pendant plusieurs minutes puisqu’il venait tout juste de se faire opérer à l’épaule droite, trois semaines plus tôt, et avait encore de la difficulté à la bouger.

Quant aux menaces qu’aurait proférées Simon Kean, il ne s’agirait que de paroles en l’air, prononcées sous le coup de l’émotion, sans réelle intention de tuer qui que ce soit. C’est qu’une violente dispute verbale a suivi l’altercation physique opposant Pelletier et Doucet, au cours de laquelle il a été question d’un envoi de photo présentant la jeune femme au centre du triangle amoureux complètement nue. À ce moment, Kean aurait dit à Doucet: «si tu me faisais ça à moi, m’envoyer des photos de ma blonde toute nue, je te tuerais».

Pour toutes ces raisons, Me Lauzon croit que son client devrait être acquitté.

Pas crédible

Du côté de la Couronne, Me Catherine Lacoursière a insisté pour dire que le témoignage de l’accusé n’était pas crédible et était rempli de trous. Selon elle, il fallait une grande force pour relever un homme stature imposante comme Sonny Doucet, et rien ne prouve que Simon Kean n’a pas utilisé son bras droit, puisqu’il ne portait pas d’attelle pour le soutenir ce soir-là.

Pour la procureure, si le boxeur n’a pas quitté immédiatement les lieux après avoir déposé son ami, c’est qu’il avait encore quelque chose à y faire. Le pugiliste, qui a estimé le temps d’attente dans sa voiture entre 30 secondes et une minute, a plutôt indiqué qu’il envoyait des messages-textes lorsqu’il a entendu les cris, ce qui a précipité son entrée dans l’appartement.

Me Lacoursière ne voit pas non plus pourquoi Simon Kean se serait mêlé du triangle amoureux formé par Pelletier, Veilleux et Doucet, en menaçant ce dernier si on ne lui avait pas demandé de le faire.

Selon la version de la victime, David Pelletier lui aurait dit «qu’il était fait» quelques secondes avant l’entrée de Kean, propos dans lesquels la Couronne voit de la préméditation.

Finalement, l’avocate de la poursuite estime qu’il est impossible que les blessures de Sonny Doucet aient été infligées dans le cours laps de temps pendant lequel Pelletier a pu jouir de l’effet de surprise sur la victime.

Ainsi, la culpabilité de Simon Kean aux trois chefs d’accusation ne fait aucun doute dans l’esprit de Me Lacoursière.

Le juge Langelier a pris la cause en délibéré et rendra sa décision le 16 janvier prochain.

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