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Reprise du procès de Louis-Pier Noël

Louis-Pier Noël, lors de son interrogatoire avec l’enquêteur Jean Ferron.
Photo: Capture d'écranLouis-Pier Noël, lors de son interrogatoire avec l’enquêteur Jean Ferron.
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TROIS-RIVIÈRES - 

Après un mois de pause, le procès de Louis-Pier Noël, accusé du meurtre au second degré de sa conjointe, Édith Bolduc, a repris lundi au palais de justice de Trois-Rivières avec le contre-interrogatoire du présumé meurtrier.

L’accusé a laissé entendre qu’il prenait de la drogue depuis l’âge de 11 ans, ce qui lui a occasionné deux hospitalisations pour des psychoses toxiques. C’est lors d’un de ces passages à l’hôpital que l’homme de 28 ans aurait appris qu’il souffrait de schizophrénie.

Le prévenu a confirmé qu’il lui est arrivé à plusieurs reprises de consommer de la drogue alors qu’il était sous médication. Selon ses dires, la drogue était un moyen d’oublier sa maladie, même s’il savait pertinemment que stupéfiants et médicaments ne faisaient pas bon ménage. «Quand je prenais du pot avec mes médicaments, j’hallucinais. Ça bourdonnais dans ma tête», a décrit Noël.

Gestes conscients?

En interrogatoire principal, le 8 novembre dernier, Louis-Pier Noël avait déclaré qu’au moment des faits, il ne prenait plus sa médication depuis plusieurs semaines. C’est ce que la Couronne, représentée par Me Jean-Marc Poirier et Me Benoît Larouche, a tenté d’invalider lundi, en exhibant des pots de pilules saisis sur les lieux du drame.

Me Poirier a fait valoir que l’accusé devait avoir pris sa médication, au moins en partie, puisque les pots ne contenaient pas le nombre de pilules inscrit sur l’emballage, ce dont Noël ne se souvenait pas.

À ce stade-ci, la défense semble toujours privilégier la thèse de la non-responsabilité criminelle en raison de troubles mentaux.

Peur de la prison

L’accusé a également répété à plusieurs reprises qu’il avait peur de retourner en prison, où il avait déjà passé une fin de semaine au printemps 2011, alors que la victime avait porté plainte contre lui pour des voies de fait.

«Elle me disait que si je ne me plaçais pas, elle témoignerait contre moi. Elle me menaçait que je ne reverrais jamais ma fille», a expliqué Noël, en précisant que sa conjointe l’avait menacé de le quitter quelques semaines avant le drame.

Le 1er octobre 2011, Édith Bolduc a appelé le 9-1-1 en mentionnant que Louis-Pier Noël la menaçait. À leur arrivée à l’appartement du couple, les policiers ont trouvé le corps ensanglanté de la victime dans le salon.

Le contre-interrogatoire de l’accusé a aussi permis de connaître d’autres détails du meurtre. Devant l’insistance des avocats de la Couronne, le prévenu a indiqué pour la première fois se souvenir d’avoir donné quatre coups de couteau, alors que le rapport du légiste ferait état de sept au total. «Je n’ai pas été capable de m’arrêter. J’étais fâché», a-t-il souligné.

Le procès se poursuivra mardi avec le psychiatre de la défense.

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