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Sexe, drogue et argent

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3 juillet 2013
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Par Joany Dufresne

Il est difficile de définir à combien s’élève le nombre de travailleuses du sexe à Trois-Rivières et en Mauricie. Une chose est sure; la demande est élevée et les offres sont nombreuses.

Le portrait de la prostitution en Mauricie a connu de forts changements au cours des dernières années. Avec les différentes opérations policières, les travailleuses du sexe ont changé leur méthode de travail par crainte d’être arrêtées. Si certaines se sont regroupées dans les agences d’escortes, plusieurs sont devenues travailleuses autonomes à domicile. Quoi qu’il en soit, le nombre de travailleuse du sexe n’a pas diminué pour autant.

«La prostitution se déplace. La demande est très présente. Donc, quand un quartier devient problématique pour les clients soit par le nombre d’enfants ou la présence policière, les filles changent d’endroit», explique la porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Carole Arbelot.

Selon les données fournies par l’organisme Sidaction Mauricie, une intervenante peut rencontrer jusqu’à 450 travailleuses du sexe dans une année en Mauricie. Sur ce nombre, une quarantaine serait des régulières de la région, tandis que les autres viendraient de l’extérieur.

«Les filles de l’extérieur travaillent majoritairement dans les bars de danseuses. Ce sont souvent des immigrantes», mentionne Vickie Lampron Rheault, intervenante auprès des femmes vulnérables pour Sidaction Mauricie.

Selon ses dires, environ 15 % de la prostitution dans la région serait par sollicitation dans les rues, plus de 30 % serait à domicile et de 40 à 50 % se déroulerait dans les agences d’escortes et les bars de danseuses.

Offrant tous un service similaire, ces différents lieux proposent toutefois des choix de filles très différents les uns des autres. Les âges des travailleuses du sexe varient aussi. Toutes majeures, elles sont majoritairement âgées de 18 ans à 30 ans.

Les prostituées

Rare sont les filles qui exercent le métier de travailleuse de sexe et qui ne consomment pas, rapporte Mme Lampron-Rheault.

«Pour les filles de rue, on remarque une grosse problématique de toxicomanie», dit-elle. Chargeant de «ridicules» montants aux clients, elles vont souvent demander de la drogue en échange de leurs services.

Âgées de 35 ans et plus, elles ont souvent fait ça toute leur vie. «Elles vivent dans une pauvreté économique et sociale et elles proviennent, pour la plupart, de familles dysfonctionnelles», ajoute Mme Lampron-Rheault.

Tandis que pour les autres types de prostitution, la toxicomanie est aussi présente dans certains cas, mais il s’agit en général d’alcool et de drogues stimulantes telles que le speed et la cocaïne, qui permettent de rester éveillé.

Les collégiennes et le sexe

Plusieurs travailleuses du sexe se disent étudiantes sans vraiment l’être pour attirer des clients. Mais, depuis les dernières années, de véritables étudiantes ont fait leur apparition sur le marché de la prostitution à Trois-Rivières.

À ces débuts avec Sidaction Mauricie en 2008, Vickie Lampron-Rheault ne croisait aucune étudiante lors de ces rencontres avec les travailleuses du sexe.

De retour au travail en décembre dernier après un an d’absence, elle a remarqué l’arrivée de ces jeunes femmes sur le marché du sexe en Mauricie.

«J’en rejoins de plus de plus et j’en vois aussi beaucoup sur Internet», dit-elle.

Âgées de 18 ans et plus, ces étudiantes sont de niveau collégial. Il arrive qu’elles poursuivent leur travail une fois à l’université.

Bien que quelques-unes proviennent de familles dysfonctionnelles, ce seraient toutefois des connaissances qui amèneraient les filles à se prostituer dans la plupart des cas.

«Je me rends compte qu’elles se connaissent toutes depuis leur jeune âge. C’est comme si tranquillement une fille de la gang avait commencé à se prostituer et que les autres avaient suivi à leur tour», mentionne Mme Lampron-Rheault.

L’argent simple et facile est la première motivation des étudiantes prostituées.

Un risque

Selon les dires de l’intervenante de Sidaction, les risques de ne jamais sortir de ce milieu sont élevés pour les jeunes femmes.

«Elles se disent qu’elles sont jeunes et qu’elles ont toute la vie devant elle. Mais, le temps passe vite. Elles se réveillent un jour à 40 ans toujours dans ce milieu, croyant qu’elles auraient été rendues ailleurs à cet âge», avoue-t-elle.

Cette insouciance de la jeunesse, toutes les prostituées ont confié à Vickie Lampron-Rheault l’avoir vécue.

Pour les étudiantes, la prostitution est synonyme d’argent rapide. Elles accumulent de grosses sommes croyant ensuite entrer sur le «vrai» marché du travail.

Confrontées aux réalités du métier, certaines sombrent dans la toxicomanie. Celles qui réussissent à se trouver un autre emploi sont parfois déçues du salaire qu’elles reçoivent. Elles retournent donc vers la prostitution.

«Les filles peuvent gagner de bons montants d’argent. Souvent, elles gèrent mal cet argent, donc il est vite dépensé», exprime Mme Lampron-Rheault.

Ce ne sont pas toutes les étudiantes qui finissent sur le marché du sexe pour la vie. Quelques-unes d’entre elles se tiennent loin de la drogue, poursuivent leur étude sans problème et quittent le marché du sexe une fois diplômées.

 

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