Vidéo embarrassante pour la police de Trois-Rivières

Par Guillaume Jacob
L’Écho de Trois-Rivières a pu mettre la main sur une vidéo montrant quatre policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières (SPTR) procédant à une arrestation musclée dans la soirée du 2 février dernier.
Cette vidéo, captée par les caméras du cégep de Trois-Rivières, a été déposée comme preuve dans le cadre du procès d’Alexis Vadeboncoeur, 19 ans, accusé de plusieurs chefs d’accusation dont vol qualifié.
Quatre policiers ont déjà été suspendus avec solde dans cette affaire et la Sûreté du Québec a ouvert une enquête.
L’avocat de Vadeboncoeur, Me René Duval, s’est indigné du traitement réservé à son client. « J’ai 37 ans de métier. J’ai pratiqué dans toutes les provinces du Canada, et je ne connais aucun cas où une vidéo montre des policiers qui frappent allègrement un prévenu comme ça. » L’avocat a été jusqu'à comparer le cas de son client à celui de Rodney King, sauvagement battu par la police de Los Angeles en 1991.
Alexis Vadeboncoeur aurait commis un vol à main armée dans une pharmacie et se serait emparé de plus de 1000 $ et de quantités d’opiacés d’ordonnance. Il a affirmé souffrir de dépendance à ce type de médicament et d’avoir des problèmes financiers.
Crédibilité minée
Le procès de Vadeboncoeur a commencé jeudi avec son enquête sur remise en liberté. Appelé à la barre des témoins, l’accusé a décrit son arrestation : « J’ai reçu des coups et je disais que je ne résistais pas. » Il a affirmé souffrir de plusieurs contusions, d’une dent fêlée, et d’avoir toujours une trace de botte sur le côté droit de l’entrejambe.
Pour sa part, l’enquêteur de la SPTR Éric Quessy, lui aussi appelé comme témoin, a affirmé qu’il n’avait rien constaté d’anormal lorsqu’il a rencontré Vadeboncoeur peu après son arrestation. « Il m’a dit que l’arrestation avait brassé un peu, mais que ce qui le troublait, c’était la perspective de se retrouver en prison et être interdit de séjour aux États-Unis. »
Me Duval n’a pas manqué de souligner que le contenu de la vidéo et le compte-rendu des policiers, détaillé dans leurs rapports, diffèrent sur plusieurs points. « J’ai dit à la Cour que ce n’était pas une preuve crédible. On va faire témoigner des gens qui, manifestement, ont menti dans leurs rapports », a-t-il souligné en entrevue au sortir de l’audience.
Le juge a remis au 19 mars la poursuite de l’enquête sur remise en liberté. D’ici là, Vadeboncoeur entreprendra des démarches pour être admis en centre de désintoxication.
Déjà, son avocat compte demander un procès devant jury si les accusations sont maintenues.
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