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Plus de 50 % des cas diagnostiqués avant 50 ans

Hausse des décès du cancer du col de l'utérus chez les 35-44 ans au Canada

Hausse des décès du cancer du col de l'utérus chez les 35-44 ans au Canada
Photo: La Presse Canadienne, 2025
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On observe une montée des décès du cancer du col de l'utérus chez certains groupes de femmes au Canada, en particulier les 35-44 ans. Le Dr Marc Steben, président du Congrès mondial sur les ITS et le VIH, qui se tenait à Montréal cette semaine, déplore que le Canada ne mette pas en place une stratégie nationale pour dépister le VPH, la principale cause de ce cancer.

Les plus récentes données montrent qu'entre 2018 et 2022, plus du quart des décès dus au cancer du col de l'utérus sont survenus chez des femmes de moins de 50 ans — et 70 % des décès sont survenus chez des femmes d’âge admissible au dépistage (25 à 69 ans).

Avec la vaccination et le remplacement graduel du test Pap par le test VPH, les trousses de dépistage du virus du papillomavirus humain (VPH) sont une stratégie prometteuse pour répondre à cet enjeu de santé publique. Les autoprélèvements à la maison sont tout aussi efficaces que les prélèvements effectués en cliniques. Pourtant, une stratégie d'implantation de ces kits de prélèvements tarde à se faire au Canada.

Dr Steben dénonce un problème d'accès non seulement pour les trousses de dépistage, mais surtout quant au suivi qui est nécessaire lorsqu'un test est positif au VPH. «On commence à voir dans deux des jeunes groupes d'âge pour les femmes qu'on remonte au-dessus de 10 [décès] par 100 000 [habitants]. On est loin de l'élimination à descendre à 4 [décès] par 100 000, on s'en va vraiment dans la mauvaise direction», lâche le spécialiste en entrevue.

Le Dr Marc Steben est impliqué dans cette lutte. Il est président du Réseau canadien sur la prévention du VPH et la Société internationale de recherche sur les maladies transmises sexuellement (MTS) ainsi que coprésident de HPV Action Globale.

«Nous, ça fait longtemps qu'on réclame qu'il y ait une stratégie nationale, qu'on installe partout l'autoprélèvement, dit-il. Pourquoi on est capable de mettre des millions et des millions de dollars pour avoir des scans et des [appareils d'imagerie par résonance magnétique]? Ils pourraient mettre quelques millions pour avoir une stratégie pancanadienne d'autoprélèvement», argumente-t-il.

Plus de 50 % des cas diagnostiqués avant 50 ans

Certaines provinces, notamment l'Île-du-Prince-Édouard et la Colombie-Britannique, ont un accès assez élargi, même si ce n'est pas tout le monde dans la province qui peut avoir des autoprélèvements.

Au Québec, en mai dernier, le CIUSSS de l'Estrie - CHUS a rendu disponibles 1000 trousses de dépistage du VPH, après avoir connu un succès lors d'un projet pilote mené en 2022 où 400 femmes avaient testé cette nouvelle façon de dépister le cancer du col de l'utérus. Les résultats ont montré que 96 % d'entre elles ont préféré cette approche à un prélèvement en clinique.

Pour le moment, seule la trousse d’autoprélèvement sous supervision, de la compagnie Roche Diagnostics, est homologuée au Canada. Cela implique qu’un professionnel de la santé donne les instructions sur la procédure à la patiente avant qu'elle ne puisse faire elle-même le prélèvement vaginal en milieu clinique.

Lorsque l'autoprélèvement donne un résultat positif, dans environ 10 % des cas, un second prélèvement sera fait par un professionnel de la santé. Cela permettra de déterminer si une colposcopie est nécessaire.

Depuis 2015, l’incidence du cancer du col de l'utérus augmente en moyenne de 3,7 % par an au Canada, ce qui représente la première hausse significative depuis 1984. Le taux de nouveau cancer du col de l'utérus est le plus élevé chez les femmes âgées de 40 à 44 ans, et plus de 50 % des cas sont diagnostiqués avant l’âge de 50 ans.

Le Canada vise à éliminer le cancer du col comme problème de santé publique d’ici 2040 avec son Plan d’action pour l’élimination du cancer du col de l’utérus au Canada 2020-2030.

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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