Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Sensibilisation

Les Québécois ont un meilleur rapport avec l'alcool qu'il y a 35 ans, dit Éduc'alcool

Les Québécois ont un meilleur rapport avec l'alcool qu'il y a 35 ans, dit Éduc'alcool
Photo: The Canadian Press, 2024
durée

Le rapport des Québécois avec l'alcool a changé pour le mieux, bien qu'il ne faut pas cesser de sensibiliser la population sur les bonnes habitudes, conclut dans un rapport Éduc'alcool qui fête ses 35 années d'existence.

L'organisme à but non lucratif a d'ailleurs nommé pour l'occasion André Robitaille à titre de nouvel ambassadeur. Depuis 1989, l'organisation indépendante s'est affairée à informer et sensibiliser la population québécoise aux impacts de la consommation d'alcool.

Trente-cinq ans plus tard, des avancées majeures ont été réalisées, notamment en termes de consommation au volant, mais aussi la relation des Québécois avec les boissons alcoolisées a changé. Aujourd'hui, 60 % de la population déclare avoir une relation modérée avec l'alcool.

«Il y a encore du chemin à faire, certes, mais si on compare avec avant, c'est mieux», a déclaré en entrevue Geneviève Desautels, directrice générale d'Éduc'alcool. Elle souligne toutefois qu'il reste un 30 % de la population qui boit davantage de façon risquée. «Il faut continuer à les sensibiliser de la bonne façon pour que, eux, puissent faire des choix éclairés et non pas que nous on soit en mode prescriptif», dit-elle.

Il y a eu de grands changements par rapport à la modération, estime l'organisme québécois pionnier en matière de promotion de la consommation responsable. Mme Desautels se souvient d'images d'archives qui illustraient une banalisation de la consommation d'alcool et même de la surconsommation.

La fameuse image de la bière entre les deux jambes en conduisant, par exemple, était un comportement «pas du tout répréhensible», se rappelle Mme Desautels. Les mœurs ont bien changé et il est bien implanté de nos jours que lorsqu'on boit, on ne conduit pas. Il est monnaie courante d'avoir un chauffeur désigné, surtout pour les jeunes qui ont une tolérance zéro sur leur permis de conduire.

«On ne banalise plus à ce point la consommation d'alcool, on est dans une culture de modération», affirme Mme Desautels.

Elle a fait valoir que la science ne s'entend pas pour dire si l'alcool est nocif dès la première gorgée ou s'il y a des quantités à faibles risques. «C'est pour cela que chez Éduc'alcool, on dit: au-delà des quantités, ce qui est plus important, c'est pourquoi tu bois», indique la directrice.

Déguster un produit local, célébrer ou bonifier une expérience sont des habitudes de consommation à favoriser, contrairement à boire pour se dégêner dans une fête ou oublier sa charge mentale.

«On parle d'amener la population québécoise à faire des choix éclairés en matière de consommation responsable et on n'est pas dans la prescription de quantité, mais beaucoup plus dans la réflexion de sa relation avec l'alcool», résume Mme Desautels.

Une montée de la sobriété

Le rapport d'Éduc'alcool montre que 10 % de la population ne boit pas du tout.

«On l'a plus vu dans les dernières, mais il y a une non-stigmatisation des gens qui choisissent de ne pas consommer d'alcool, indique Mme Desautels. (...) Les gens veulent avoir un verre à la main parce que c'est socialement intéressant comme béquille, mais il n'est pas obligé d'avoir de l'alcool dedans et on questionne de moins en moins ce qu'il y a dans le verre de chacun parce que ça regarde chacun.»

L'un des défis d'Éduc'alcool pour les prochaines années est de déstigmatiser la consommation. Selon l'organisme, 25 % des personnes mentent à leur médecin sur leur consommation parce qu'ils sont gênés d'en prendre «trop» ou qu'ils n'en ont aucune idée.

L'organisme veut aussi s'attaquer à ce qui est en périphérie de l'alcool, comme la consommation de cannabis et les jeux de hasard.

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes
Publié hier à 18h00

Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes

Les services de protection de la jeunesse peinent à subvenir aux besoins des enfants en difficulté et lancent un cri pressant au renforcement du filet social. Le bilan annuel des directions de protection de la jeunesse à travers le Québec, présenté jeudi matin à Québec, montre que les pressions sociales créent depuis quelques années une ...

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois
Publié hier à 12h00

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois

Rendre la contraception gratuite à travers la province coûterait environ 22 millions $ à l'État québécois, calcule l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans un rapport publié jeudi, qui s'intéresse aux répercussions de la gratuité des contraceptifs sur l’économie et la population du Québec. Cela prend ...

Trois personnes honorées pour leur contribution au rayonnement de Shawinigan
Publié le 10 juin 2026

Trois personnes honorées pour leur contribution au rayonnement de Shawinigan

Lors de la séance publique de mardi soir, les membres du conseil municipal ont honoré un athlète et deux artistes par l’entremise des « Mentions du conseil ». Il s'agit de Raphaël Tremblay, médaillé d’or aux Championnats canadiens de curling des moins de 18 ans, Christine Tougas, artiste visuelle et Devon Griffiths, artiste visuelle ...