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Santé

Démence: attention au sommeil lent profond

durée 09h00
13 novembre 2023
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne

Une perte de seulement 1 % du sommeil lent profond par année chez les gens de 60 ans et plus augmente de 27 % leur risque de démence, prévient une nouvelle étude à laquelle a participé une chercheuse montréalaise.

Une nuit de sommeil comprend normalement plusieurs phases de sommeil lent profond, qui ensemble représentent environ un cinquième du temps total de sommeil.

«Il y avait déjà beaucoup d'hypothèses par rapport à l'importance du sommeil lent profond pour la mémoire (...), mais c'est la première fois qu'on montre que cette perte de sommeil lent profond pourrait être associée avec un risque augmenté de développer la maladie d'Alzheimer des années plus tard», a résumé la chercheuse Andrée-Ann Baril, de l'Université de Montréal.

Les chercheurs ont examiné un peu moins de 350 sujets âgés de 60 ans et plus qui participent à la Framingham Heart Study. Les sujets ont participé à deux études sur le sommeil ― la première entre 1995 et 1998 et la deuxième entre 2001 et 2003 ― avec un délai moyen de cinq ans entre les deux.

On a ensuite surveillé l'apparition de signes de démence chez ces participants à compter de la deuxième étude, et ce, jusqu'en 2018. Une cinquantaine de cas de démence ont été décelés pendant 17 années de suivi. Même en tenant compte de facteurs comme l'âge, le sexe, le tabagisme et l'utilisation de somnifères, d'antidépresseurs et d'anxiolytiques, chaque déclin d'un pourcent du temps de sommeil profond augmentait de 27 % le risque de démence.

La nature exacte de cette association demeure à préciser. Les chercheurs savent toutefois que c'est pendant la phase de sommeil profond que le cerveau élimine des déchets métaboliques ― comme les protéines qui s'agglutinent chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Cela pourrait donc vouloir dire que le sommeil profond est un facteur de risque modifiable en ce qui concerne la démence.

«On pense qu'il y a plusieurs mécanismes des fonctions restauratives du sommeil qui se passent (pendant le sommeil lent profond), a dit Mme Baril. Il y a aussi un rôle important au niveau de la plasticité synaptique et de la mémoire, de la consolidation des apprentissages qui se passerait en sommeil profond.»

On ne sait pas non plus exactement dans quel sens se fait l'association. Puisque la maladie d'Alzheimer se développe pendant plusieurs années avant la manifestation des premiers symptômes, il n'est pas impossible que la maladie soit elle-même responsable de la perturbation du sommeil lent profond.

«Ça peut aussi être un cercle vicieux, a souligné Mme Baril. On dort un peu moins bien, ça affecte le cerveau, qui lui affecte le sommeil, et ainsi de suite. Nos résultats suggèrent une association importante avec le sommeil lent profond, mais ça ne veut pas nécessairement dire que ça cause la maladie d'Alzheimer

Les données scientifiques dont on dispose pour le moment suggèrent qu'un sommeil de moins bonne qualité pourrait faciliter les processus pathologiques de la maladie d'Alzheimer, a-t-elle complété, mais les signes précurseurs de l'alzheimer pourraient eux aussi affecter le sommeil, «donc il y a de bonnes chances qu'on soit ici en présence d'un cercle vicieux».

D'autres études ont en revanche montré qu'une activité physique régulière peut augmenter la quantité de sommeil lent profond.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical JAMA Neurology.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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