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2 février 2021 - 10:00

Jusqu’ici, les observations ne laissent soupçonner aucune hausse en 2020

Le taux de mortalité par suicide diminue légèrement au Québec, mais demeure important

Jean-Francois Desbiens

Par Jean-Francois Desbiens, Journaliste

Alors que se déroule la 31e édition de la Semaine de prévention du suicide, l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), de concert avec l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le Bureau du coroner, dévoile les plus récentes données disponibles annuelles sur le suicide, soit celles pour l’année 2018.

Ces données, encore préliminaires, sont en légère baisse par rapport à l’année 2017, se situant à 1054 suicides en 2018 comparativement à 1058 pour l’année précédente.

Par le fait même, la tendance des dernières années se confirme à l’effet que le taux de mortalité par suicide se stabilise dans la majorité des groupes d’âge.

Chez les hommes âgés de 35-49 ans, une légère baisse est observée.

C’est encore chez les 50-64 ans, tant pour les hommes que pour les femmes, que s’observent les taux les plus prononcés.

Impact de la pandémie

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, l’AQPS est en lien étroit avec le Bureau du coroner, qui surveille de près l’évolution des décès par suicide.

Jusqu’ici, les observations des 85 coroners répartis dans toutes les régions du Québec ne laissent soupçonner aucune hausse des suicides en 2020. Il est cependant prématuré de tirer des conclusions définitives, puisque 75 % des investigations des coroners pour 2020 sont encore en cours à ce jour.

« Plusieurs facteurs de protection pourraient expliquer le fait qu’on ne constaterait pas d’augmentation des suicides pendant la pandémie, malgré l’accentuation de facteurs de risques associés au suicide, notamment l’isolement, le stress et l’anxiété. La capacité de la population à s’adapter aux mesures sanitaires, l’appel massif de la population à se tourner vers les ressources d’aide et l’espoir, car on sait qu’il y aura éventuellement une fin à la pandémie, ont certainement contribué à adoucir les facteurs de risques », souligne le directeur général de l’AQPS, Jérôme Gaudreault.

Tendance des hospitalisations

Pour la première fois, l’an dernier était dévoilé des données relatives aux hospitalisations pour tentative de suicide, révélant par le fait même une tendance à la hausse des hospitalisations au cours des 10 dernières années, particulièrement chez les adolescentes de 15-19 ans, où elles ont doublé.

Pour les données relatives à 2019, le nombre d’hospitalisations pour tentative de suicide connaît une minime diminution, malgré une augmentation chez les garçons de 15-19 ans.

Rappelons qu’à l’instar de l’an dernier, ce portrait est partiel, car les tentatives ne requérant aucune hospitalisation n’ont pas été comptabilisées.

L’alcoolémie en cause dans 1 suicide sur 5

Des données toxicologiques provenant du Bureau du coroner sont dévoilées pour la première fois cette année. On y constate que dans le cas d’un suicide sur 5, le taux d’alcoolémie dans le sang dépassait le seuil des 80 mg d’alcool, et ce, tant pour les hommes que pour les femmes.

Précisons que ces données sont partielles, les taux d’alcool ne pouvant pas toujours être mesurés. On peut donc penser que l’alcool est en cause dans un plus grand nombre de décès par suicide.

« Ces données relatives à l’alcoolémie viennent confirmer ce que nous savions déjà, à savoir qu’il est possible que l’alcool accentue l’impulsivité pouvant mener à un décès par suicide, en plus d’exacerber les effets d’autres substances prises de manière concomitante ou de pousser à utiliser des moyens plus létaux », a précisé Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS.

 

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