Dans un contexte de distanciation sociale
Projet DECOPA: sur 330 volontaires de l'UQTR, seul 1,8% est aymptomatique
Les données obtenues pourraient permettre de revoir le modèle de distanciation sociale.
L’équipe responsable du projet DECOPA, qui avait opéré une clinique temporaire spécialement dédiée à la recherche chez les individus asymptomatiques de la COVID-19, vient de compléter l’analyse préliminaire des données recueillies du 14 au 17 avril. Nommée DECOPA pour "Dépistage de la COVID-19 dans une population asymptomatique communautaire", cette initiative a été concrétisée par plus d’une vingtaine de personnes.
Sur les 330 volontaires ayant passé les tests par prélèvements oropharyngés et des voies nasales – un procédé autorisé par Santé Canada visant à détecter le virus par la présence d’acides nucléiques viraux – seulement 1,82 % des participants ont obtenu un résultat positif.
Cette observation par l’équipe de chercheurs survient dans une période où la Mauricie se classait parmi les régions ayant enregistré le plus de cas d’infection à la COVID-19.
Rappelons toutefois que pour les fins de ce projet, mené conjointement par les chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) auquel le Cégep de Trois-Rivières a également contribué, seuls les employés de l’UQTR âgés de moins de 70 ans et résidant en Mauricie étaient invités à participer.
« De quoi rassurer la population et les autorités »
Cet échantillon a été choisi car les employés de l’UQTR avaient reçu les directives de distanciation sociale décrétées par le gouvernement provincial le vendredi 13 mars, soit trois jours après l’annonce de la pandémie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
« Notre recherche visait à évaluer s’il y avait un grand nombre de porteurs de la COVID-19 asymptomatiques dans une population sujette à des mesures de distanciation sociale, explique Alexis Danylo, médecin-infectiologue au CIUSSS MCQ. Cette donnée est importante car, bien que la contagiosité des porteurs asymptomatiques soit inconnue, ces individus pourraient contribuer à la transmission de la maladie sans même le savoir. Il s’avère que le nombre de porteurs asymptomatiques est très faible, ce qui a de quoi rassurer la population et les autorités ». Le Dr rappelle que le projet DECOPA était le premier centre de dépistage communautaire au Québec.
« Il est primordial de connaitre l'importance de ce phénomène au niveau communautaire, car il permet d'orienter les mesures de santé publique à prendre, renchérit Hugo Germain, professeur au Département de chimie, biochimie et physique de l’UQTR et l’un des cochercheurs principaux du projet. Les données obtenues pourront avoir de multiples retombées immédiates. Elles pourraient permettre de revoir le modèle de distanciation sociale, d’évaluer les projections sur les taux potentiels d’hospitalisation et d’estimer si une forte ou faible proportion de la population est susceptible d'avoir développé une immunité et ainsi être mieux préparé pour une seconde vague ».
Un projet rassembleur
L’expérience de cette collaboration entre l’UQTR, le CIUSSS MCQ et le Cégep de Trois-Rivières démontre toute la pertinence d’unir les experts régionaux, spécialement dans des contextes où la société et le milieu scientifique sont à la recherche de réponses rapides sur des enjeux majeurs de santé publique. C’est cette collaboration étroite qui a permis de déployer rapidement toutes les actions essentielles à la réalisation du projet DECOPA.
« La réponse des membres de la communauté universitaire a été remarquable sur le plan de la participation et les chercheurs sont reconnaissants. De plus, la collaboration entre les établissements d’enseignement et de soins a permis d’adresser simultanément et de façon extrêmement rapide les enjeux logistiques, éthiques, financiers, cliniques et de sécurité que soulevait la réalisation de ce projet de recherche. C’est une force sur laquelle nos milieux doivent tabler », souligne Lyne Cloutier, professeure du Département de sciences infirmières de l’UQTR.
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