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VIH: La leçon d’une vie

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30 janvier 2013
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Par Joany Dufresne

On estime en Mauricie que près de 120 personnes sont porteuses du VIH. Trop souvent confrontées aux préjugés, les personnes atteintes sont rapidement jugées. Véritable modèle pour ses pairs, Stéphane est la preuve même que les préjugés sont fréquemment trompeurs.

Le nom a été modifié pour des raisons de confidentialité.

Stéphane n’a jamais utilisé de drogues intraveineuses et il n’a jamais eu de relations sexuelles à risque. C’est en voulant sauver un civil qu’il a contracté, en 1995, le VIH durant une mission de paix des Forces armées canadiennes.

« Je m’en allais là-bas sauver le monde. J’étais dévasté. La Terre venait d’arrêter. Pendant six mois, c’était la négation totale », dit-il.

Treize ans plus tard, Stéphane vit très bien avec ce qu’il appelle « la bibitte ». Animé d’un goût de la vie, il pratique plusieurs sports et il accumule les projets personnels. Sa copine et lui projettent même avoir des enfants.

« S’il fallait s’arrêter à toutes les petites épreuves qu’on a, on ne vivrait pas longtemps, raconte l’ancien militaire de 39 ans. Ça fait énormément grandir. Tu vois la vie d’une autre manière. Tu es plus attentif à petites choses. Tu profites des moments et des gens autour de toi. Tout ce fait, différemment, mais pas de façon impossible. »

Une référence pour tous

Pour les intervenants de Sidaction Mauricie, Stéphane est un exemple à suivre. « Les images véhiculés du VIH sont souvent des personnes maganées qui vivent dans la grosse misère. C’est pas tout le temps ça », affirme Christine Boisvert, agente d’informations pour l’organisme trifluvien.

« Les gens s’imaginent que ce sont seulement les homosexuels et les gens qui utilisent des drogues intraveineuses qui sont séropositifs. Ils ne réalisent pas qu’un ambulancier pourrait être infecté. J’ai rencontré des gens qui l’ont contracté durant la période de sang infecté de la Croix-Rouge, ils ne l’avaient pas demandé », confie Stéphane.

Bien qu’il accepte sa maladie, il ne comprend pas qu’en 2013 les gens soient si peu ouverts d’esprit. « Je trouve déplorable qu’une personne séropositive soit autant catégorisée. On nous prend pour des « bibittes ». Les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Pourtant, ça fait des années qu’on en parle de cette maladie-là », ajoute-t-il.

Stéphane aimerait sortir publiquement pour briser les tabous entourant le VIH. Il ne peut cependant militer pour sa cause en raison des répercussions qu’il y aurait dans sa vie et son emploi. Il demeure néanmoins une source d’inspiration pour les personnes qu’ils côtoient qu’elles soient porteuses ou non du VIH.

 

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