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Une loi du silence sur les chantiers ?

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11 juillet 2012
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Par Nicolas Ducharme
LOUISEVILLE - 

Pas facile la vie sur les chantiers de construction en bordure de route.

Plusieurs travailleurs rencontrés avouent que la situation n’a rien de facile. Toutefois, aucun d’entre eux ne veut se confier publiquement, puisqu’il semble exister sur les chantiers une loi du silence.

« Je ne voudrais pas être victime de représailles parce que j’aurais trop parlé. On ne travaille pas toujours avec les mêmes patrons, et certains employeurs pourraient penser que je suis du genre à trop parler », lance l’un d’eux.

Pourtant, ce dernier n’a rien à reprocher aux conditions de sécurité fournies pour qu’il effectue son travail sans se mettre en danger. Selon lui, elles se sont grandement améliorées au fil des ans, quitte à ce que la besogne s’effectue moins rapidement.

Les travailleurs rencontrés affirment tous être en faveur d’une plus grande présence policière sur les chantiers, et que la différence est flagrante lorsqu’une voiture munie de gyrophares est dans les parages.

« Lorsque les policiers sont présents, ils peuvent donner une trentaine de contraventions par jour. Je les ai déjà vus faire du radar à relais. Je ne suis pas en faveur des amendes, mais lorsque les gens sont distraits par nous, ils ont tendance à se porter vers nous pour mieux voir ce qui se passe. C’est dangereux. »

Un deuxième travailleur affirme qu’avec le bruit ambiant, il peut arriver que l’ouvrier oublie la présence des voitures malgré la proximité de celles-ci.

« Même nous, nous ne sommes pas toujours prudents. Il nous arrive d’être distraits et d’oublier que nous sommes près de la chaussée. C’est aussi pour ça que les automobilistes doivent être vigilants et ralentir. »

Une situation de tous les jours

Lors du passage de L’Écho sur un autre chantier situé à Yamachiche, un signaleur venait tout juste de se faire happer par un automobiliste impatient. Fort heureusement, celui-ci n’est pas blessé. Alors que le conducteur répondait aux questions des policiers, l’ouvrier continuait son travail.

« C’est comme ça très souvent. Il y en a plusieurs qui ne ralentissent pas. D’autres viennent me coller pour que je me tasse », se contente-t-il de dire, refusant lui aussi la demande d’entrevue.

Limiter la vitesse ?

Devant cette problématique, les limites de vitesse devraient-elles être abaissées pour assurer la sécurité des travailleurs ? Un ouvrier offre une réponse plutôt surprenante à cette question.

« Je ne serais pas en faveur de limiter les vitesses à 50 km/h dans les zones de constructions, puisque dans ce cas, les gens deviennent frustrés et sont plus agressifs. J’ai déjà vu des ouvriers se faire insulter et même cracher dessus par les automobilistes. Mais comme toujours, c’est une minorité qui est aussi agressive. La majorité des gens sont très corrects et certains nous envoient la main. »

 

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