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Le tourisme religieux explose

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14 juin 2012
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Par Nicolas Ducharme
TROIS-RIVIÈRES - 

Alors que les églises se vident au Québec, le tourisme religieux n’y a jamais été aussi rayonnant. À Trois-Rivières, le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a accueilli pas moins de 650 000 visiteurs lors de la dernière saison.

Il y a un an, le Sanctuaire a fait équipe avec celui de Saint-Anne-de-Beaupré, l’Oratoire Saint-Joseph et l’Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette afin de faire la promotion des lieux de culte québécois. Les trois premiers ont même installé des compteurs dans le but de connaître le nombre de visiteurs qui franchissaient leurs portes. Les résultats sont fascinants.

« Le constat a été que les sanctuaires accueillent plus de visiteurs lors de la période estivale que tous les festivals de la province regroupés. Ça ouvre les yeux aux gouvernements qui voient qu’il est important de reconnaître les attractions touristiques que nous sommes, les soutenir et nous aider dans nos efforts de promotion », révèle le père Yolland Ouellet, recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Le lieu de pèlerinage trifluvien peut maintenant se comparer au Zoo de Granby quant à sa force d’attraction.

« C’est un phénomène mondial. La raison précise de cette popularité est inconnue, mais la crise économique pourrait avoir joué un rôle. Les gens reviennent alors aux valeurs fondamentales », explique Catherine Cournoyer, directrice des communications pour Tourisme Mauricie.

Le frère André en cause

Selon le père Ouellet, le nombre de touristes au Sanctuaire n’a pas connu une hausse dans les dernières années, mais la clientèle se renouvelle, ce qui n’était pas le cas par le passé. Comment expliquer cette popularité ? L’accession au titre de saint du frère André en 2010 y a beaucoup à voir.

« C’est une vedette internationale. Le nouveau saint a été l’objet d’une vague de popularité qui nous a apporté de nouveaux groupes. Les gens ont été marqués par le frère André. Plusieurs touristes étrangers visitent l’Oratoire Saint-Joseph pour le découvrir. Ils apprennent alors l’existence des Sanctuaires de Notre-Dame du Cap et de Sainte-Anne-de-Beaupré. Il n’y a que quelques centaines de kilomètres de route à faire entre les trois, alors ils décident d’en profiter. »

Foi et architecture

Si plusieurs voyageurs optent pour les circuits des majestueuses églises européennes, d’autres préfèrent les prix raisonnables du Québec.

« C’est bien moins cher ici. Les coûts sont raisonnables et l’hébergement aussi. Lors des grosses fins de semaine, les hôtels débordent », mentionne le recteur.

Mais qui sont ces voyageurs qui affluent vers la Mauricie ? Selon Mme Cournoyer, il s’agit d’un mélange entre les pèlerins et les adeptes d’architecture et d’histoire.

« Il ne s’agit pas juste d’une clientèle de gens âgés. Il y a beaucoup d’amateurs d’architecture patrimoniale, qui visiteraient normalement les châteaux européens. Plusieurs sont des jeunes retraités qui ont de bons moyens financiers », explique-t-elle.

Un marketing à l’international

Il est bien loin le temps où les dirigeants du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap attendaient les pèlerins sur le parvis de la basilique. Aujourd’hui, ils parcourent la planète pour attirer les touristes en Mauricie.

C’est maintenant dans les expositions et les congrès aux quatre coins du globe que le père Yolland Ouellet fait la promotion du Sanctuaire. D’ailleurs, lorsque L’Écho l’a rencontré, il se préparait à s’envoler pour Dublin en Irlande, où aura lieu le Congrès eucharistique international 2012. Un endroit parfait pour faire connaître le Sanctuaire.

« Les jeunes catholiques ont développé le goût du voyage religieux. Lorsque des autobus arrivent ici, ce sont de jeunes prêtres qui en sortent. C’est cette relève qui a pris le leadership du tourisme religieux. »

L’Europe est d’ailleurs une cible de choix pour l’organisme qui compte y être très actif dans les trois prochaines années. C’est toutefois aux États-Unis que les stratégies de marketing sont les plus efficaces. L’explosion du tourisme religieux a eu pour effet que les expositions portant sur le sujet se sont multipliées chez nos voisins du sud. Chaque année, le recteur du Sanctuaire visite différents salons dédiés entièrement au tourisme religieux. Il y distribue des documents d’informations dignes des meilleurs lieux touristiques.

« Des spécialistes nous ont expliqué qu’il fallait être capable de vendre nos attraits et nos produits. Nous sommes peu habitués de nous vanter au Québec. Il faut montrer la beauté de nos sites, architecturalement et culturellement parlant. »

D’ailleurs, le site web du Sanctuaire a fait peau neuve le mois dernier. Afin de servir d’outil de promotion, il est aussi disponible dans la langue de Shakespeare.

Les efforts de mise en marché ne se limitent toutefois pas à la langue française et anglaise. Une campagne publicitaire au Mexique nommée « Quebec Catholico » a connu un bon succès selon M. Ouellet.

La nouvelle manne

Les voyageurs qui affluent vers Trois-Rivières sont originaires de contrées de plus en plus éloignés dont le Brésil, le Sri Lanka, les Philippines, la Chine, la Corée du Sud et la Pologne. D’ailleurs, devant la popularité des voyages organisés, le Sanctuaire exige maintenant une somme de 50 $ par autobus pour se garer sur le site. Ce sont toutefois les Haïtiens qui représentent la nouvelle manne du tourisme religieux au Québec, puisque 7000 d’entre eux sont attendus en Mauricie cette saison.

Même les non-catholiques semblent fascinés par le patrimoine culturel québécois. Ils représentent près de 50 % des visiteurs à l’Oratoire Saint-Joseph. Toutefois, ce phénomène est moins visible à Trois-Rivières, selon le père Ouellet.

 

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