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Le gaz de schiste s’étend au nord du St-Laurent

durée 18h09
30 mai 2012
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Par Nicolas Ducharme
TROIS-RIVIÈRES - 

L’industrie du gaz de schiste a un œil sur les terres situées au nord du fleuve Saint-Laurent. Les maires des villages de Charette, Saint-Bernard et Saint-Élie-de-Caxton ont appris avec stupéfaction que la firme Junex détenait un titre d’exploration sur une partie importante de leur territoire.

Ce permis, dont la date d’obtention est inconnue, a été renouvelé en 2006. Il permet à la compagnie gazière d’effectuer des forages sur le territoire, à condition d’avoir l’accord des propriétaires des terrains, mais pas celui des municipalités.

Les magistrats ignoraient ce fait jusqu’à ce que Marc Brullemans, biophysicien de formation et coordonnateur interrégional pour la rive nord du Regroupement gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent, les en informe lors d’une conférence en avril.

« Nous avons appris que Junex détenait 75 % de notre territoire. Deux puits auraient même été forés dans les années 2000. C’est dommage de l’apprendre par lui (M. Brullemans) plutôt que par les entreprises », avoue le maire de Charrette, Guy Diamond.

On ignore toutefois l’endroit précis où ont été creusés ces mystérieux puits. Des recherches ont été entamées depuis.

Un règlement inefficace

Situé plus au nord, le village de Saint-Élie-de-Caxton, rendu populaire par le conteur Fred Pellerin, a aussi vu une partie de son sous-sol passer sous le contrôle de Junex. La municipalité a d’ailleurs adopté un règlement qui interdit le forage de puits de gaz de schiste sur son territoire. Toutefois, ce règlement est sans pouvoir, puisque la loi sur les mines a préséance sur celui-ci. Le maire André Garant se dit prêt à livrer une bataille si une compagnie minière venait qu’à tenter un forage, ce qui est loin d’être le cas selon lui.

« Nous ne voulons pas stresser la population avec ça. Mais la journée où ça deviendra sérieux, nous serons là. Nous devons faire attention à la nappe phréatique puisque nous avons sur notre territoire une usine d’embouteillage d’eau. On ne doit pas se laisser faire. »

Plus au sud, c’est la totalité de la superficie du village de Saint-Barnabé qui est sous le contrôle de Junex.

Plus commun qu’on ne le croit

Selon M. Brullemans, le cas de ces trois villages est loin d’être unique au Québec. En Mauricie, des villes entières telles que Trois-Rivières, Louiseville et Maskinongé font l’objet de titre d’exploration. Selon le biophysicien, au moins 220 puits ont été forés depuis les années 1950 dans la région.

« Les maires sont parfois au courant, les conseillers c’est plutôt rare, et les citoyens, aucunement. Les gens pensent que le gaz de schiste c’est seulement au sud du fleuve, où il y a eu des histoires de déversement. Mais le nord est un très bon endroit d’exploitation. C’est seulement la profondeur du schiste qui est différente », explique M. Brullemans.

 

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