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Bien des sidéens choissisent encore de se cacher

durée 09h38
30 novembre 2011
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Par Nicolas Ducharme

Vivre avec une maladie qui risque de vous coûter votre vie n'a rien de facile. Imaginez lorsque vous vous sentez à ce point coupable de l'avoir contractée, que vous préférez vous isoler plutôt que d'aller chercher les ressources pour vous en sortir. C'est ce que vivent de nombreux sidéens.

Atteinte de la maladie depuis 20 ans, ce n'est que tout récemment que Lise Grondin est parvenue à s'extérioriser. « Je me suis isolé chez moi et je ne sortais pas beaucoup. Ma maison était devenue mon havre de paix. C'était difficile pour moi de m'ouvrir aux autres êtres humains et beaucoup de temps a été nécessaire pour qu'on m'apprivoise. »

La Maison Re-Né de Trois-Rivières héberge depuis 1992 des porteurs du VIH. Sa directrice générale, Carole Leclerc, constate que malgré l'avancement des traitements contre cette maladie, plusieurs ont encore une immense difficulté à accepter leur condition.

« Quelqu'un qui l'a attrapée par une relation sexuelle ou par la prise de drogues injectables verra son estime de soi être grandement affectée. Il ne se pardonnera par de l'avoir contractée par un comportement à risque. C'est difficile pour eux de penser autrement puisqu'ils sont certains que la société va condamner leur geste. À l'opposé, ceux qui l'ont contractée par une transfusion sanguine ont moins de difficulté à en parler parce qu'ils sont des victimes. Ce n'est pas de leur faute et la population n'a donc pas de préjugés envers eux. »

Pourtant, Lise Grondin sentait le besoin de fraterniser. « On fait le deuil de certaines choses comme la sexualité. Mais de l'affection, on en a toujours besoin. C'est pour ça que je viens à la Maison Re-Né », souligne-t-elle.

Dans le bois

Toute personne atteinte suivra un cheminement différent. Alors que Madame Grondin a choisi de s'enfermer chez elle, Marc Dagneau a pris la décision de se diriger vers le nord québécois et de vivre loin de tous, en pleine forêt. « J'y ai vécu pendant huit ans. C'était pour moi une place pour mourir. Je n'avais nulle part ailleurs où aller », raconte l'homme de 51 ans.

Non seulement s'était-il isolé par honte, mais aussi parce que la vie ne pouvait, à son avis, rien lui offrir de bon. « Tu ne peux pas vivre. Tu ne peux pas avoir d'enfants ou de famille. J'en ai eu des blondes, mais tu as tout le temps peur de la tuer. C'est toujours un problème pour elle et sa famille. C'est très difficile. »

Fort heureusement pour eux, les porteurs du VIH peuvent compter sur les soins de la Maison Re-Né. En plus de leur assurer un milieu où ils seront suivis lors de leurs traitements, ils y trouvent des personnes qui sont dans la même situation, avec qui ils peuvent échanger. « Ils ont tout fait pour m'apprivoiser, lance Shylo Giroux. Je m'isolais beaucoup dans mon logement. Ils ont des ressources dont j'ai grandement besoin. »

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