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L’entraînement olfactif après la COVID-19

Retrouver l’odorat: recherche de participants pour une troisième étude

durée 11h08
12 mai 2022
Yves Therrien
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Temps de lecture :

3 minutes

Par Yves Therrien, Journaliste

Un groupe de chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) réunissent leurs forces pour trouver des pistes de solutions au problème de la perte d’odorat liée à la COVID-19, précise le communiqué des deux organisations.

Pour ce faire, il y aura un recrutement de participants pour la troisième étude qui verra bientôt le jour. On cherchera à mieux comprendre comment l’entraînement olfactif peut jouer un rôle crucial dans le traitement de la dysfonction olfactive post-COVID-19.

Ce projet de recherche bénéficie d’une bourse de 25 000 $ de la Banque Nationale, provenant du fonds dédié à la recherche de la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières (RSTR).

Le traitement de plusieurs symptômes post-COVID-19 demeure un défi colossal pour le réseau de la santé au cours des années à venir. Parmi ces symptômes, la dysfonction olfactive est un problème récurrent pour lequel aucun traitement n’a été étudié ni prouvé efficace.

« Sur le terrain, je rencontre énormément de gens qui ont perdu l’odorat depuis plusieurs mois déjà et qui connaissent peu de progrès dans leur réhabilitation. En termes de qualité de vie, c’est un impact majeur. C’était l’occasion parfaite de travailler conjointement au volet clinique et recherche pour trouver une façon de leur venir en aide », mentionne la docteure Josiane Bégin-Bolduc, oto-rhino-laryngologue au CIUSSS MCQ.

L’entraînement olfactif

C’est avec Johannes Frasnelli, professeur au département d’anatomie de l’UQTR et directeur du groupe de recherche Cognition, Neurosciences Affect et Comportement (COGNAC), qu’un projet de recherche a pu être mis sur pied pour tester une piste de solution : l’entraînement olfactif. Cette formule consiste à soumettre la personne à différentes odeurs pour entraîner ses capacités olfactives.

Au terme des deux premières études pilotes, les résultats sont prometteurs : on constate que la taille de leur bulbe olfactif, une partie du cerveau qui joue un rôle dans l’olfaction, augmente au fil de l’entraînement.

« Les personnes qui ont une dysfonction olfactive à la suite d’une infection virale présentent une réduction de la taille de régions spécifiques du cortex cérébral et on a pu observer que l’entraînement olfactif permet de retrouver une taille normale. Ce n’est cependant pas encore clair si les mêmes mécanismes s’appliquent au trouble de l’odorat dans le contexte de la COVID-19. Nos résultats préliminaires de nos études pilotes révèlent des observations très encourageantes. C’est une avancée importante non seulement en recherche, mais aussi pour son application pratique », mentionne le professeur Frasnelli.

Une étude d’envergure

Les différentes phases de ce projet de recherche ont déjà attiré l’attention non seulement en Mauricie, mais aussi aux niveaux provincial et international. Les résultats préliminaires du projet pilote viennent d’ailleurs d’être présentés à une conférence internationale spécialisée sur l’olfaction, tenue par la renommée « Association for Chemoreception Sciences ».

L’équipe s’est ainsi rendue en Floride en avril dernier pour partager ses découvertes novatrices dans le domaine. « Dans la communauté scientifique, on sent un intérêt important pour cette branche des neurosciences. Cela démontre tout le potentiel de recherche présent chez nous, à Trois-Rivières », ajoute le professeur Frasnelli.

Recherche de participants

Les études se poursuivent pour mieux comprendre comment moduler l’entraînement olfactif dans le contexte de la dysfonction olfactive liée à la COVID-19. Pour ce faire, plus d’une centaine de participants supplémentaires sont recherchés. Les critères sont les suivants : être âgé de 18 ans ou plus ; avoir reçu un diagnostic positif à la COVID-19 et présenter une dysfonction olfactive persistante ; vouloir et être en mesure de fournir un consentement éclairé par écrit ; comprendre et lire la langue française ; avoir une connexion Internet et une adresse courriel fonctionnelle ; être en mesure de se déplacer dans les laboratoires de l’UQTR.

Les candidats seront soumis à un entraînement olfactif d’une durée de 12 semaines. Les personnes intéressées et qui correspondent aux critères peuvent soumettre leur candidature par courriel à l’adresse [email protected]

 

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