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Ressources intermédiaires

Des propriétaires de RI à bout de bras en attendant une entente avec Québec

durée 12h00
14 mai 2026
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Par La Presse Canadienne

Des propriétaires ressources intermédiaires (RI), particulièrement ceux établis en régions éloignées, ont leurs finances dans le rouge alors que l’entente nationale entre l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) et le ministère de la Santé est échue depuis plus d’un an. Ils craignent que des ressources ferment sans nouvel argent.

«J’ai beaucoup de ressources en région qui nous ont interpellées parce qu’elles avaient des difficultés financières. (…) Depuis une année, il est clair que j’ai beaucoup plus d’appels à l’aide, des gens qui me disent “on s’en sortira pas, ça ne sera pas possible”», raconte en entrevue Manon Charpentier, directrice générale de l’ARIHQ.

C’est le cas de Éric Poirier, propriétaire de quatre RI aux Îles-de-la-Madeleine. Pour l’instant, il tient le coup, mais il craint la fermeture d’un de ses établissements sans une entente rapide avec Québec.

Aux Îles-de-la-Madelaine, les frais de fonctionnement explosent, notamment pour l’épicerie, qui est environ 25 % plus chère qu’ailleurs au Québec.

Le propriétaire est déterminé à maintenir les activités de ses RI. Il se rend régulièrement à Moncton, au Nouveau-Brunswick — un trajet qui inclut cinq heures de bateau et beaucoup de route — pour s’approvisionner en denrées dans un magasin grande surface.

M. Poirier estime que s’il n’était pas «créatif», il n’arriverait tout simplement pas à boucler les mois. Depuis un an, l’une de ses ressources lui coûte environ 1000 $ mensuellement de sa poche, dit-il. Grâce aux profits de ses autres RI, il arrive à la maintenir ouverte pour l’instant.

Selon l’ARIHQ, les RI reçoivent 11,61 $ par jour du gouvernement pour nourrir un résident. «Grosso modo, sur un an, je reçois à peu près pour mes quatre ressources 130 403 $ pour la nourriture, mais mon coût réel est de 300 000 $», résume M. Poirier.

Il fait valoir que le prix de l’épicerie est beaucoup plus élevé à l’extérieur des grands centres urbains et il aimerait que cela soit pris en compte dans le montant alloué aux RI par Québec. «Ce n’est pas logique que ce soit le même financement pour l’épicerie que quelqu’un qui est à Québec, à Montréal ou à Trois-Rivières et qui a un Costco et un Super C quand il ouvre sa fenêtre. Ça ne fait pas de sens», déplore-t-il, ajoutant qu’il y a d’autres communautés dans une situation semblable aux Îles-de-la-Madeleine.

Les négociations sont au ralenti

La directrice générale de l’ARIHQ voudrait que les négociations s’accélèrent. Plus le temps passe, plus des RI risquent de fermer et déjà plus de 5500 personnes sont sur la liste d’attente pour une place en ressource intermédiaire.

Mme Charpentier assure que les messages de l’ARIHQ ont été passés auprès de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, et de Lionel Carmant, de nouveau ministre responsable des Services sociaux. «On sent la volonté de leur part que ça se règle, dit-elle. (…) Malheureusement, on n’a pas encore senti le poids de leurs démarches».

Elle souhaite que les ministres ajoutent des dates de rencontre aux tables de négociation et qu’il y ait un véritable blitz d’ici l’été. «Ça aurait été un signe qu’il y a une volonté qu’on puisse régler rapidement», commente Mme Charpentier. Une rencontre est prévue jeudi, mais la prochaine date à l’agenda est un mois plus tard. «Ça ne donne pas beaucoup de temps pour réussir à avoir un réel dialogue, pour débloquer des enjeux et pour avancer», déplore la directrice.

Elle ajoute qu’il y a d’autres enjeux à discuter à la table, entre autres le montant maximum alloué par chambre pour la construction d’une nouvelle RI, qui est déconnecté de la réalité, soutient l’ARIHQ. La main-d’œuvre est un autre aspect où il y a un «non-sens», selon Mme Charpentier. Dans une ressource intermédiaire, dit-elle, il peut y avoir dans une même journée trois infirmières qui vont se présenter à trois moments différents. «Il y a une perte au niveau de la productivité pour le réseau», dénonce-t-elle.

Actuellement, les services professionnels sont fournis par Québec, mais plusieurs RI ont déjà ce personnel sur place. Or, si on prend l’exemple des infirmières auxiliaires engagées par les RI, elles ne peuvent pas faire certains actes médicaux. Ce sont les établissements qui envoient les infirmières pour répondre aux besoins.

Mme Charpentier souhaiterait que Québec détermine le nombre d’heures de soins infirmiers nécessaires dans une RI et offre un montant d’argent à celle-ci pour accomplir les heures. «On ne demande pas qu’ils paient le salaire de tous nos professionnels, ce n’est pas ça du tout. On veut juste s’assurer d’une part qu’on ait le droit d’utiliser (nos infirmières), puis, d’autre part, qu’il y ait une compensation qui a du sens», explique-t-elle.

Au Québec, il existe 2200 RI qui hébergent plus de 20 000 Québécois, dont des personnes âgées en perte d’autonomie, des personnes en situation de handicap ou des personnes avec des enjeux de santé mentale.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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