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Une application québécoise permet de mettre en contact patients et médecins

durée 10h00
5 mai 2023
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Par La Presse Canadienne

Le ministère de la Santé et le ministère de la Cybersécurité et du Numérique rêvent à la création d’un dossier médical numérique qui puisse suivre le patient dans tout son parcours de santé. Or, l’entreprise MEDFAR a annoncé la semaine dernière le développement d’une application qui permet de faire tout ça en connectant directement les médecins avec leurs patients.

La direction de MEDFAR a annoncé officiellement le lancement de l’application MYLE Santé vendredi dernier dans le cadre de l’événement Première ligne tenu au Palais des congrès de Montréal.

Une version de rodage est attendue cet été en vue d’une mise en ligne finale l’hiver prochain. Il s’agit d’une extension venant bonifier la plateforme MYLE, un dossier médical électronique (DMÉ) qui serait utilisé par environ la moitié des cliniques québécoises, selon le président et directeur général de l’entreprise, Elias Farah.

Tout a commencé en 2010 quand la boîte a développé MYLE (acronyme anglais «Make your life easy» qui signifie «simplifiez-vous la vie») permettant aux cliniques médicales de fonctionner sans papier. Le médecin peut consigner ses notes électroniquement, rédiger des ordonnances et même y recevoir des résultats d’imagerie ou d’analyse puisque la plateforme est aussi connectée aux hôpitaux et aux laboratoires.

«Ce qu’on a réalisé, c’est qu’on a connecté tout le monde, sauf la partie prenante la plus importante: le patient», reconnaît en toute humilité M. Farah en entrevue à La Presse Canadienne.

Cette suggestion d’intégrer le patient à l’écosystème de la plateforme est d’ailleurs venue d’un concours d’innovation appelé Idéathon et organisé à la manière de l’émission de télévision «Les Dragons» en marge du congrès Première Ligne l’an dernier.

En prenant l’exemple d’Uber, qui a mis en communication directe le client et le chauffeur, MEDFAR a donc voulu éliminer les intermédiaires entre le patient et son médecin. Donc, si le médecin détermine qu’il doit revoir son patient, plus besoin de demander à quelqu’un d’essayer de rejoindre le patient par téléphone pour éventuellement convenir d’un rendez-vous.

Il suffit maintenant de convoquer directement le patient à travers l’application. À l’inverse, le patient aussi peut avoir une communication directe avec sa clinique en ayant accès à une prise de rendez-vous simplifiée.

«Ça a changé ma vie!», lance sans hésitation le Dr Georges Zaarour qui utilise la plateforme MYLE depuis trois ans déjà à la Clinique District médical située dans l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville à Montréal. «C’est tellement plus facile en termes de gestion des résultats, de communication avec les patients, de prise de rendez-vous. Ça simplifie la tâche de tout le monde», résume-t-il.

Un constat partagé par la Dre Nathalie Duguet de la Clinique médicale L’Envolée, qui a pignon sur rue dans le même arrondissement. «On ne peut pas retourner en arrière, si le portail patient n’existait plus, il faudrait l’inventer», renchérit-elle.

Accès à l’information

Au-delà de la gestion de calendrier, l’application MYLE Santé permet surtout de partager avec le patient les informations contenues dans son propre dossier médical. La Dre Duguet y voit une manière de permettre aux patients de «prendre en charge leur santé». Le contrôle du partage des documents demeure toutefois entre les mains du médecin.

La plupart y déposent surtout des ordonnances, ce qui évite la manipulation de petits bouts de papier qui peuvent facilement être égarés par le patient. On peut aussi fournir de la documentation ou des outils de prévention.

«Chaque clinique peut pousser de l’information à son patient et ainsi il peut transporter ses données avec lui partout où il va», décrit Elias Farah de MEDFAR. À l’image de ce que rêve de réaliser le gouvernement du Québec avec son dossier numérique, le patient peut alors partager ses informations médicales avec d’autres professionnels de la santé au besoin.

La Dre Duguet, médecin de famille, rapporte avoir ainsi fourni des résultats d’imagerie à des patients afin qu’ils puissent les partager avec leur physiothérapeute.

Par ailleurs, Elias Farah souligne que les médecins de famille peuvent recevoir des «centaines de résultats de laboratoire» et qu’ils n’ont bien souvent pas le temps ni les ressources pour effectuer un suivi auprès de chacun des patients. La plateforme leur permet de le faire en quelques clics.

Si dans le passé certains médecins se contentaient de dire aux gens que «s’ils n’ont pas de nouvelles, c’est que tout va bien», ce temps est révolu, insiste le Dr Georges Zaarour.

«Votre prise de sang peut être perdue par l’infirmière qui a fait le prélèvement, elle peut être perdue par le technicien qui entre les données dans la machine, par le technicien qui sort les données de la machine, par le service d’archives de l’hôpital, par le service d’archives de la clinique, par l’infirmière du médecin ou par le médecin lui-même. Il y a une chaîne humaine incroyable», énumère celui qui pratique aussi comme urgentologue.

Il ajoute qu’avec la pénurie de main-d’œuvre actuelle, certains hôpitaux n’ont plus le personnel suffisant pour transmettre les résultats aux médecins. «Je dis à tous mes patients, si quatre semaines après avoir fait un test vous n’avez pas de nouvelles de moi, vous n’avez pas rendez-vous médical ou de message sur le portail, ça veut dire que je n’ai pas reçu vos résultats», partage le médecin de famille qui encourage alors ses patients à se manifester.

Communication bidirectionnelle

Pour le moment, la plateforme limite les moyens de communication des patients. Le Dr Zaarour explique qu’il existe des enjeux éthiques pouvant mettre le médecin à risque. Il donne en exemple un patient qui écrirait sur la plateforme pour signaler des symptômes. Dès qu’il reçoit cette information, le médecin pourrait être légalement dans l’obligation d’agir, peu importe le moment ou les circonstances.

Il ajoute que la médecine familiale implique aussi la gestion de personnalités différentes et que certains patients plus anxieux ou plus exigeants pourraient inonder la plateforme de messages ou de requêtes.

En revanche, la Dre Nathalie Duguet dit avoir hâte d’utiliser cette fonctionnalité. Lorsqu’elle communique avec ses patients à travers le portail, elle souhaite parfois leur poser des questions et obtenir une rétroaction afin de confirmer s’ils ont pu obtenir un rendez-vous ou s’ils ont vu tel spécialiste.

«Ça ne va pas assez vite pour moi, dit-elle au sujet de l'innovation technologique. Il manque de médecins partout au Québec, donc de pouvoir mettre le patient au centre de ses soins et responsabiliser le patient, c’est très bien.» 

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Ugo Giguère, La Presse Canadienne

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