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Avancée médicale

Un gène est mis en cause pour une forme rare d'épilepsie

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23 mars 2026
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Par La Presse Canadienne

Des chercheurs montréalais ont identifié un nouveau gène qui serait responsable d'une forme rare et grave d'épilepsie.

Cette découverte réalisée par une équipe du Centre de recherches du Centre hospitalier de l'Université de Montréal pourrait éventuellement permettre de diagnostiquer la maladie chez des patients chez qui elle demeure pour le moment inexpliquée.

«On parle de cas d'épilepsie très sévères qui sont souvent réfractaires aux traitements anti-épileptiques disponibles, a dit le responsable de ces travaux, le professeur Eric Samarut du CRCHUM. Ce sont des épilepsies qui arrivent souvent tôt pendant l'enfance et puis qui persistent jusqu'à l'âge adulte, donc elles affectent très fortement la qualité de vie des patients.»

Et étonnamment, poursuit-il, la cause de la maladie demeure inconnue dans une proportion qui peut atteindre 50 % des cas ― «et si on ne connaît pas la cause, ça nous place dans une situation vraiment difficile (...) parce qu'on ne sait pas sur quel rouage on doit travailler».

C'est la collaboration de la maman de deux fillettes touchées par un syndrome épileptique sévère (le syndrome de Lennox-Gastaut) qui a permis au professeur Samarut et à ses collègues de découvrir que le gène THAP12 semble responsable de ce qu'on appelle une «forme autosomique récessive» d'épilepsie ― à savoir, une maladie héréditaire qui se transmet si le gène hérité de la mère et celui hérité du père sont tous les deux défectueux.

«Aucune cause génétique n'avait été mise en avant, or, le fait qu'il s'agisse de deux sœurs, on pouvait vraiment suspecter une cause génétique», a souligné M. Samarut.

C'est d'ailleurs l'absence de preuves qu'il puisse s'agir d'un trouble génétique qui avait encouragé les parents à avoir un deuxième enfant, même si la première était malade depuis l'âge de trois mois. Mais en comparant ensuite le génome des deux fillettes à celui de leurs parents, les chercheurs montréalais ont trouvé deux variants génétiques.

En reproduisant ces anomalies aussi bien chez la souris que chez le poisson-zèbre (une espèce avec laquelle, on sera surpris de l'apprendre, on partage jusqu'à 80 % de nos gènes), les chercheurs ont constaté que ces mutations réduisaient fortement la production d’une protéine dont la fonction était encore inconnue.

Les résultats, a-t-on assuré par voie de courriel, ont été «frappants: létalité précoce, altérations majeures du développement cérébral, activité neuronale anormale et sensibilité accrue aux crises».

On ignorait jusqu'à présent à quoi servait le gène THAP12 et il n'avait jamais été associé à des maladies neurologiques. On comprend maintenant qu'il joue un rôle de premier plan «très tôt dans le développement embryonnaire et dans la survie des cellules progénitrices qui deviendront les futures cellules nerveuses», a-t-on expliqué.

Si ce gène ne fonctionne pas correctement, le cerveau ne se développe pas normalement, ce qui mène à une activité cérébrale anormale et à une plus grande susceptibilité aux crises d'épilepsie.

«C'était un projet très long et même un peu 'périlleux', a admis M. Samarut. Comment est-ce qu'on pouvait prouver qu'il y avait un problème avec la fonction de quelque chose dont on ne connaît pas la fonction? C'est un peu le cercle dans lequel on tournait. (...) Mais maintenant, on a des preuves convergentes qui montrent que ces mutations causent la perte de fonction dans ce gène.»

Cette découverte pourrait un jour mener au développement de nouveaux traitements, surtout dans un contexte où les thérapies géniques font des bonds de géant depuis quelques années.

Mais pour le moment, en plus d'aider à mieux comprendre les mécanismes biologiques à l’origine de certaines épilepsies sévères, elle ouvre principalement de nouvelles avenues diagnostiques et pourrait offrir des réponses aux familles touchées, ce qui est loin d'être négligeable, a souligné M. Samarut.

«Le diagnostic génétique, c'est vraiment une première étape essentielle dans leur odyssée thérapeutique, a-t-il dit. Et souvent ça leur fait du bien de mettre un nom, de mettre une cause, même si finalement ça ne change pas leur quotidien dès le début, ça assoit la crédibilité de leur maladie, et puis ça les aide vraiment à progresser

Et «pour reprendre l'analogie», a-t-il poursuivi, «ça pourrait nous permettre d'identifier des rouages sur lesquels on pourrait mettre quelques gouttes d'huile pour améliorer la présentation clinique de ces patients et donc améliorer leur quotidien».

Qui plus est, comme son nom l'indique, le gène THAP12 a onze «frères et sœurs», a souligné M. Samarut, «et on pense que ça peut ouvrir la porte à la découverte de nouvelles fonctions de toute cette famille de gènes, en particulier dans le système nerveux central».

Les résultats de ces travaux ont été mis en ligne sur Medrxiv en attendant leur publication dans un journal scientifique ― un processus qui peut prendre jusqu'à deux ans ― «pour que ça puisse profiter à d'autres patients qui n'ont pas encore été diagnostiqués», a expliqué M. Samarut.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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