Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

27 % des gens sans emploi comptent moins d'un mois d'alimentation assurée

Un Québécois sur trois a dû nourrir un proche depuis mars

durée 14h30
30 novembre 2020
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
Jean-Francois Desbiens
email
Par Jean-Francois Desbiens, Journaliste

Depuis mars dernier, un Québécois sur trois (31 %) a dû aider un proche à se nourrir au moins une fois.

Autre symbole de précarité : 27 % des personnes sans emploi seront incapables d'assumer leurs dépenses en alimentation au-delà de quatre semaines quand le soutien gouvernemental cessera. Il s'agit d'une hausse considérable (9 %) par rapport aux 18 % qui se trouvaient dans la même situation en mai.

Ces données proviennent d'un sondage réalisé par la firme montréalaise Synopsis Recherche Marketing1 en collaboration avec l'agence de communication 180Deux pour La guignolée des médias. Sa 20e édition se déroule actuellement jusqu'au 24 décembre prochain.

Lassitude et inquiétude

Fatigue et résignation s'observent face au contexte actuel, estime Youri Rivest, président de Synopsis et responsable de l'étude.

« En mai, nous avons demandé aux Québécois de définir leur état d'esprit du moment. L'épuisement n'était alors mentionné que par 16 % d'eux. Six mois plus tard, ce chiffre grimpe à 26 %. Et alors que 18 % des Québécois se disaient résignés ce printemps, 23 % le sont maintenant. »

Des états d'âme comme l'anxiété, la frustration et la déprime se maintiennent à des taux presque semblables que ce printemps.

Même chose pour la perception envers la Covid-19. Ainsi, en mai, 80 % des Québécois la qualifiaient d'inquiétante. Aujourd'hui, 73 % sont encore de cet avis.

Exit aliments de base et médicaments

Ce pessimisme se traduit de façon concrète, car 17 % des participants craignent de manquer de nourriture avant leur prochaine rentrée d'argent.

De plus, 12 % n'ont plus de dollars pour acheter des aliments une fois que ceux en réserve sont consommés.

Un Québécois sur cinq (17 %) a dû se priver d'aliments de base, 18 % ont été forcés de renoncer à l'achat de médicaments en vente libre ou sous ordonnance et 17 % sont incapables de manger des repas équilibrés.

Enfin, Noël pourrait s'avérer difficile pour plusieurs, car 25 % ont peu confiance de pouvoir s'offrir leurs repas préférés durant les Fêtes.

Insécurité alimentaire préoccupante

Même si les Québécois sont plus nombreux à déclarer des revenus de travail qu'en mai dernier, la situation d'insécurité alimentaire (IA) est très préoccupante, constate Geneviève Mercille, professeure au Département de nutrition de l'Université de Montréal.

« Depuis le début de la pandémie, 22 % des participants ont vécu une telle situation, dont 8 % en état grave. Cela indique une réelle privation de nourriture. En comparaison avec les données d'avant-pandémie, la prévalence globale d'IA a doublé et celle d'IA grave a plus que triplé. »

Pour la spécialiste, ces résultats montrent aussi qu'en matière d'alimentation, les Québécois recourent davantage à des stratégies de frugalité pour composer avec leurs restrictions budgétaires : respecter rigoureusement leur budget au moment de l'épicerie, consulter les circulaires, profiter des prix réduits pour faire des réserves et n'acheter que ce qui se trouve sur leur liste d'épicerie.

« Il n'y a pas de santé mentale possible sans une sécurité alimentaire de base, signale Marie-Ève Cotton, médecin psychiatre et l'une des 20 porte-parole de l'édition actuelle de La guignolée des médias. Plus encore, la honte liée à la faim entraîne souvent des effets psychologiques néfastes. Et chez les enfants, l'insécurité alimentaire peut compromettre leur développement intellectuel et émotionnel. »

Plusieurs façons de donner

De tels chiffres et de tels constats témoignent de la nécessité de contribuer à La guignolée des médias.

Les Québécois sont donc invités à donner dans une des 380 pharmacies Jean Coutu du Québec, les 199 épiceries Maxi et Provigo, ainsi que les bureaux des courtiers immobiliers Via Capitale qui acceptent les dons en denrées non périssables, en produits d'hygiène personnelle et en argent.

La traditionnelle collecte de rue étant reportée à 2021, une toute nouvelle initiative a été mise de l’avant en collaboration avec Desjardins pour en partie combler les pertes potentielles de dons. Avec le programme de financement Du cœur en double, offert sur la plateforme participative La Ruche, Desjardins doublera les contributions jusqu'à concurrence d'un million $ pour le Québec, dont près de 500 000 $ pour La guignolée des médias.

Les fonds recueillis seront distribués aux organismes locaux des quatre coins du Québec.

Il est aussi possible de contribuer sur guignolee.ca en choisissant la région où diriger le don. Des reçus fiscaux seront remis pour les dons de 20 $ et plus.

On peut également verser 10 $ en textant le mot NOEL au 20222.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 13 février 2026

Le Canada n'est pas en voie d'atteindre ses cibles climatiques, selon un rapport

Une nouvelle étude publiée vendredi par l'Institut climatique du Canada indique que le Canada n'est pas en voie d'atteindre ses cibles climatiques, qu'il s'agisse de l'objectif intermédiaire de réduction des émissions pour 2026, de l'engagement pris dans le cadre de l'Accord de Paris pour 2030 ou même de l'objectif à long terme de carboneutralité ...

Publié le 13 février 2026

Plus de 130 salles d'opération sont fermées au Québec: des chirurgiens sont inquiets

On compte 134 salles d'opération fermées sur les 560 disponibles à travers le Québec, et les trois quarts des blocs opératoires sont sous-utilisés, montrent des données obtenues par La Presse Canadienne en vertu d'une demande d'accès à l'information. Le manque criant de personnel nécessaire pour effectuer des chirurgies en est la principale ...

Publié le 13 février 2026

Un versement supplémentaire du crédit pour la TPS octroyé ce printemps

Les Canadiens bénéficiant du crédit pour la taxe sur les produits et services (TPS) recevront un versement supplémentaire unique ce printemps, grâce à l'adoption accélérée d'un projet de loi par les parlementaires. L'Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels a reçu la sanction royale jeudi, après avoir été adoptée par le ...