Entrevue avec Pierre-Benoit Fortin
Par Karine Blanchette
Chaque semaine, pendant la campagne électorale, L’Écho vous propose une entrevue avec un candidat à la mairie de Trois-Rivières.
1 Qu’est-ce que les Trifluviens ignorent à votre sujet et qu’ils devraient savoir?
Ça fait 30 ans que je fais de la politique. Je suis impliqué au point de vue provincial et municipal depuis ces années-là. Au fédéral aussi: je suis sur des conseils exécutifs au fédéral et au provincial. Ce que j’aime, c’est de faire en sorte que les gens comprennent bien les réalités de la vie quotidienne des Trifluviens. Moi, ça fait depuis 1983 que je reste ici à Trois-Rivières et je veux que le développement de la ville se fasse bien.
2 À votre avis, quelles sont la plus grande force et la plus grande faiblesse de Trois-Rivières?
La plus grande force de Trois-Rivières, c’est que si on parle au début du régime français, en 1634, on avait trois villes principales: Québec, Montréal et Trois-Rivières et dans le régime anglais, Trois-Rivières est disparue pour laisser seulement Québec et Montréal. Mais, dans la tête des gens, c’est toujours resté les trois villes principales quand même. Et notre force, c’est aussi qu’on a un aéroport, on a le fleuve et ensuite on a l’autoroute 40 et l’autoroute 20 qui est à 30 minutes. On est entre deux villes. Si on avait un train à haute vitesse, en trente minutes, on pourrait rejoindre les autres villes et on pourrait concentrer les services gouvernementaux du provincial à Trois-Rivières au lieu d’avoir deux édifices, un à Québec et un à Trois-Rivières. On a un gros avantage économique. Les faiblesses qu’on a présentement, c’est que les usines ferment partout. La dette de la ville est rendue à plus de 400 millions de dollars. Ceci est inacceptable pour une population d’environ 130 000 habitants.
3 Parlez-nous des moyens que vous comptez prendre pour vous protéger des influences et pressions indues auxquelles sont souvent soumis les élus, et pour contrer toute forme de corruption?
Il faut faire en sorte qu’on ait un comité de la ville qui soit en concertation et qu’on ait des outils pour éviter la corruption. Exemple: former un comité de surveillance pour tous les contrats que la ville octroie. Et qu’aussitôt que les contrats sont signés, que le public soit présent dans la salle du conseil et non que ça se fasse dans une salle privée. Que les gens puissent voir la signature de contrats et puissent voir qui était là. On devrait être ouvert à cette façon de faire là pour voir qui signe les contrats, qui a eu les contrats et de quelle façon ils ont été octroyés. C’est du domaine public. Ça va enlever des tensions au point de vue de ceux qui signent des contrats et de faire en sorte que tout soit fait selon les règles de l’art aussi en même temps pour éviter qu’il y ait des cancans X Y Z.
4 Si vous êtes élu maire le 3 novembre prochain, quelle sera la priorité numéro 1 pour laquelle vous compter vous mettre au travail dans les premiers jours de votre mandat.
Étant donné que la dette de la ville est à 400 M $, il faut trouver des moyens pour la diminuer. Exemple: les projets qui ne sont pas faits en PPP (partenariat public privé), devraient l’être. On a un exemple qui est vraiment concluant. L’aréna qui a été fait à Saint-Narcisse-de-Beaurivage a été fait en PPP. Le gouvernement provincial et fédéral a participé, et un privé, pour le tiers du montant. La ville a prêté le terrain à l’entreprise sur un bail. Ça a fait en sorte que les gens vont patiner et ne paient pas un sou noir. Dans cette situation-là, à Trois-Rivières, quand on fait un aréna ou on fait des projets, on ne les fait pas en PPP. La ville est obligée d’investir, mais on n’a pas les moyens d’investir dans ces projets-là.
5 Comment pensez-vous pouvoir créer et maintenir un climat sain au conseil municipal?
Pour vous donner un exemple: au provincial, ils étaient trois personnes. J’ai pris en charge le conseil exécutif. Nous l’avons monté à 21 personnes. Il y a une très bonne harmonie. Chaque personne a sa responsabilité dans sa fonction. Et ce que je me suis aperçu dans les années qui ont suivi depuis 2001, c’est qu’il y a toujours des montants afférés à des corporations X Y Z et les montants sont de 300 $ si tu es présent, mais le président va avoir 1000$. Ça, je vais éliminer ça. S’il y a un montant afférent, il sera fixe, pour tout le monde. Ça va éviter d’avoir des chicanes à l’interne. Parce que, souvent, les chicanes vont partir du point A et vont s’en aller sur le point B et sur le point C.
6 Sur quel secteur de l’économie misez-vous pour créer des emplois?
Moi, j’ai été à INO à Québec. C’est un institut national de l’optique. Ils font de l’optique de très haute technologie. Nous autres, ce qu’on a ici c’est de l’hydrogène, puis on a des bons départements de physique et de mécanique, à l’université. On devrait se concerter puis former des projets. Exemple en mécanique, il pourrait partir un projet sur un moteur. Suite à ça, ils partent un projet. Quand ça fonctionne, il y a une équipe qui va rendre ce produit-là à maturité pendant 5 ans. Donc, c’est qu’on devrait faire ici à Trois-Rivières. On a l’université. On a des départements, mais on ne s’en sert pas économiquement.
7 Quelle évaluation faites-vous de l’état des infrastructures de la Ville de Trois-Rivières?
Présentement, je n’ai pas pu constater ce qu’il y a au point de vue de la voirie. Je n’ai donc pas d’information à vous donner.
8 Dans quelle sphère de l’administration municipale devrait-on investir davantage à Trois-Rivières et dans laquelle devrait-on réduire les budgets?
On devrait augmenter le développement économique, mais en ayant des économistes, des gens qui puissent prendre ça en main. On devrait diminuer la Corporation de l’île Saint-Quentin. Dans le fond, c’est un parc où il y a une rivière. On n’a pas raison de faire payer les gens. Ces corporations devraient disparaître. On parlait aussi de la Corporation de l’Amphithéâtre. Ça, c’est des corporations qui devraient complètement disparaître. Ça allégerait le fardeau fiscal de la ville, puis, en même temps, ça ouvrirait les portes aux gens pour aller visiter l’île Saint-Quentin. Les gens qui ont une famille, ils ont un droit d’y aller, mais pourquoi ils payent? Si c’était un zoo, on dirait oui, mais là, la question n’est pas là. Et en même temps, on a valorisé le centre-ville et on a installé des parcomètres. Là, on fait en sorte que les gens sont obligés de courir après leur ticket pour savoir s'ils sont à l’heure. Les gens fuient le centre-ville. Je ferais disparaître les parcomètres pour donner une liberté aux gens. À ce moment-là, je pourrais inscrire des pancartes de 30 à 60 minutes et limiter ça de 9 h à 17 h. À partir de 17 h, les gens ont la liberté d’aller au centre-ville, aller prendre un café, aller se réjouir et aller se détendre. Ça crée un stress pour les gens d’aller au centre-ville. Les commerces sont en train de mourir. On ne devrait pas agir de cette façon-là. Dans le fond, on n'est pas une grosse ville. On traverse à pied le centre-ville et ça prend cinq minutes.
En rafale
Âge :53 ans
Résidant de Trois-Rivières depuis:1983
Profession:Expert en bâtiment et entrepreneur général
Expérience en politique:Environ 30 ans
Plus grande difficulté surmontée:C’est une difficulté économique. Quand l’économie baisse, on est le plus touché parce qu’on n'est pas subventionné.
Animal qui vous représente le mieux:La fourmi parce qu’elle est travailleuse.
