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Les évêques mitigés

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19 septembre 2013
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Par Matthieu Max-Gessler
TROIS-RIVIÈRES - 

Réunie à Trois-Rivières depuis mardi, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec a exprimé quelques craintes à propos de la Charte des valeurs québécoises présentée par le gouvernement Marois. Les évêques ont également rappelé leur opposition à l’aide médicale à mourir.

Si elle ne s’oppose pas au projet, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec est manifestement mal à l’aise avec certains points de la Charte des valeurs québécoises, dont le port de signes religieux visibles par les employés de l'État.

«Le droit à la liberté de religion implique “la liberté de manifester sa religion ou sa conviction tant en public qu’en privé”. Il s’agit d’un droit fondamental et non d’un privilège que les États accorderaient à leurs citoyens», rappelle l’archevêque de Rimouski et président de l’Assemblée, Mgr Pierre-André Fournier.

Ce dernier appuie toutefois la volonté de Québec de rappeler le caractère laïque de l’État, ainsi que celle de se doter de balises pour les accommodements religieux.

Les évêques craignent un «dérapage»

Tout en saluant la consultation publique menée par le gouvernement sur son projet de charte, les évêques craignent certains dérapages.

«Il y a beaucoup d’expressions de peur sur les médias sociaux. Je crains un dérapage, qu’on vive dans la peur et la menace. Il n’y a pas de place pour ça», prévient l’archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix.

Il ajoute qu’un tel débat n’était peut-être pas utile en ce moment et que le gouvernement aurait pu se contenter de trancher sur certaines demandes d’accommodements religieux.

Non à l’euthanasie

Les évêques québécois ont aussi réaffirmé leur opposition au projet de loi 52 sur l’aide médicale à mourir. Selon Mgr Fournier, le personnel soignant est là «pour soigner et pour guérir, jamais pour donner la mort». Il croit plutôt que Québec doit rendre les soins palliatifs davantage accessibles.

Questionné par notre collègue de TVA, le conjoint de Ginette Leblanc, Claude Deschenes, croit que la religion n’a pas à se mêler de ce dossier. La Trifluvienne s’est éteinte le 2 février dernier après un long combat contre la maladie dégénérative dont elle était atteinte. Elle se battait également en cour pour avoir le droit au suicide assisté.

«Ce qui est désolant au Québec, c’est qu’on a le droit de souffrir, mais pas de mourir. Si la personne est malade, qu’il n’y a plus rien à faire et qu’elle dit «je suis tannée, je veux que ça arrête», c’est son choix à elle», insiste M. Deschenes.

Procès des pères Rédemptoristes: pas de commentaires

Les représentants de l’Assemblée n’ont pas voulu se prononcer sur le procès des pères Rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré. «C’est la communauté religieuse qui doit faire face aux accusations», s’est contenté de dire Mgr Fournier.

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