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Retour dans le passé pour l’agriculture

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30 mai 2013
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Par Nicolas Ducharme
TROIS-RIVIÈRES - 

L’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITA) offrira dès l’automne prochain une formation des plus inusitées à Saint-Maurice. Plutôt que d’utiliser de la machinerie lourde, les élèves pourront y apprendre les rudiments de l’agriculture effectuée à l’aide d’animaux, comme c’était le cas à l’époque.

Il s’agit là d’un important retour dans le passé pour l’ITA, dont l’enseignement porte habituellement sur les nouvelles technologies et l’accroissement de la production.

Ainsi, les participants prendront part à trois modules de formation de 15 heures portant sur les travaux aratoires par la traction animale. Ils apprendront de quelle façon le cheval, le bœuf, la mule et même d’autres bêtes peuvent être utilisés sur la terre. Le tout aura lieu à la ferme Le Campanile de Saint-Maurice, un lieu central qui permettra d’accueillir des gens de toute la province selon les instigateurs du projet.

Pour Carole Cochrane, conseillère en formation de l’ITA, il y aurait une certaine curiosité de la part de producteurs qui possèdent de très petites superficies de terre et qui souhaitent troquer le tracteur contre une méthode plus respectueuse de l’environnement. On ne se cache toutefois pas pour dire qu’il s’agit d’un enseignement qui ne vise qu’une petite niche d’agriculteurs, puisqu’on espère que la première cohorte sera composée d’une dizaine de personnes.

« C’est davantage une question de philosophie. Est-ce que la personne veut vraiment faire ça ? Ce n’est pas tout le monde qui sera intéressé. Avec 10 élèves, nous serions heureux », souligne Mme Cochrane.

Rentable, la traction animale ?

Est-il possible d’exploiter une ferme de façon rentable en utilisant la traction animale plutôt que la machinerie agricole ? Les intervenants avouent ignorer cette réponse, puisque les Québécois qui utilisent cette technique sont très peu nombreux sur le territoire. On en compterait un seul en Mauricie.

« Pour l’instant, c’est impossible pour nous de faire un calcul économique puisque nous n’avons pas assez de données », explique Louis-Philippe Chouinard, directeur de la formation continue, des services aux entreprises et de la coopération internationale à l’ITA.

« C’est une niche sectorielle dans le domaine, mais je crois qu’il ne faut pas avoir froid aux yeux et explorer les tendances. Nous allons maintenant pouvoir l’étudier et la documenter », ajoute-t-il.

À la branche mauricienne de l’Union de producteurs agricoles, on avoue être surpris d’apprendre qu’un tel programme soit créé.

« C’est la première fois que j’en entends parler. Je ne connais pas personne qui fait cela. La tendance est à la modernisation et au guidage GPS », mentionne Ève Mercier, directrice des communications pour l’organisme.

Le retour dans le passé avec la traction animale relève-t-il davantage du romantisme et de la nostalgie que du côté pratique ? Un mélange des deux semble-t-il. Le succès pourrait bien passer par une formule hybride entre le cheval et le tracteur ou encore par la création d’une entreprise agritouristique qui s’adresserait aux amateurs de produits biologiques.

 

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