Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Médecin de famille à échanger

durée 12h03
26 avril 2012
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
email
Par Mathieu Duquette
NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL - 

 

René St-Onge est natif de Shawinigan, il a fait carrière dans la région de l’Outaouais. Il y a un peu plus de deux ans, il est rentré dans son patelin. Il habite aujourd’hui Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Après tout ce temps, mais non sans efforts, M. St-Onge est toujours incapable de trouver un médecin de famille de la région qui voudra bien le prendre comme patient.

Devant cette impasse, l’homme de 60 ans a trouvé un moyen pour le moins inusité dans le but de trouver une solution à son problème. Vendredi dernier, il a publié une annonce sur le site de petites annonces sur le web <I>kijiji<I>.

Dans cette annonce, M. St-Onge offre les services du médecin de famille qui lui a prodigué des soins durant toutes ses années passées en Outaouais en échange des services d’un médecin de famille œuvrant ici, en Mauricie.

L’annonce dit ceci : «Je suis déménagé en Mauricie il y a plus de deux ans et je suis toujours à la recherche d’un médecin de famille. J’ai présentement un médecin de famille en Outaouais et je voudrais prendre entente avec une personne qui habite la région de l’Outaouais et qui possède un médecin de famille en Mauricie. À la suite des ententes avec nos médecins respectifs, nous pourrions peut-être faire un échange de médecins de famille. Donc, si vous possédez un médecin de famille en Mauricie et que vous voudriez en avoir un en Outaouais, prière de communiquer avec moi par courriel. »

Rien à perdre

À court de recours, M. St-Onge a jugé qu’il n’avait rien à perdre en procédant ainsi.

« J’ai vraiment fait le tour, explique M. St-Onge. Que ce soit à Shawinigan, Trois-Rivières où ailleurs, je me suis rendu jusqu’à Victoriaville et aucun médecin de famille ne peut me suivre. Vous êtes par ailleurs le premier à répondre à l’annonce. »

Le portrait de la médecine familiale au Québec n’est plus à faire. Peu importe la région, il est très difficile pour quiconque de dénicher un tel spécialiste qui accueille de nouveaux patients.

« Pour l’instant, je garde ma place auprès de mon médecin en Outaouais, poursuit M. St-Onge. Je lui ai d’ailleurs demandé dans le passé s’il pouvait me recommander quelqu’un dans le coin, mais en vain. Lorsque le médecin de mon épouse s’est retiré de la profession, j’ai tenté de convaincre mon médecin de la prendre comme patiente et il n’a même pas voulu. »

Prévenir plutôt que guérir

Le sexagénaire n’a pas de graves problèmes de santé. Il souhaite seulement pouvoir être vu annuellement par un médecin et qu’un suivi soit possible s’il tombe malade.

« Moi je veux seulement prévenir, ajoute-t-il. Pour voir un médecin maintenant, il faut être vraiment très malade. Il y a toujours le privé où l’on peut être examiné pour environ 200 $, mais ils ne font pas de suivi. »

C’est jeudi qu’il présentera son idée à son médecin en Outaouais.

« Je vais essayer de m’entendre avec lui. Je ne crois pas qu’il y aura de problème. Je ne veux que céder ma place à quelqu’un. »

Admissible ?

Selon le Dr Pierre Martin, président de l’Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie, une telle pratique pourrait effectivement avoir lieu.

« Rien n’interdit aux médecins de famille concernés d’accepter. Les médecins peuvent y voir là un geste de débrouillardise et obtempérer. Cependant, un médecin n’est pas un bien qui t’appartient », a expliqué Dr Martin.

Dans l’éventualité où M. St-Onge trouvait un échange satisfaisant, les médecins pourraient donc refuser et décider de s'en tenir au guichet d'accès pour clientèle orpheline et respecter la liste d'attente mise en place par les CSSS des régions respectives.

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 15h00

Facteurs de risque de maladies du cœur et d'AVC: des tendances préoccupantes

Cœur + AVC publie mardi un nouveau rapport avec des données à jour sur les facteurs de risque modifiables de la population. Plusieurs indicateurs médicaux sont au rouge, notamment les cas d'hypertension, de diabète de type 2 et les taux élevés de cholestérol. Le nombre de Canadiens atteints d'hypertension augmente chaque année depuis le début des ...

Publié à 9h00

Le taux de suicide à la baisse au Québec, mais des régions sont plus touchées

Le Québec continue d'afficher une diminution des taux de suicide. Plusieurs régions hors des grands centres urbains ont toutefois des taux de suicide significativement supérieurs au reste de la province. Le portrait des comportements suicidaires au Québec 2026, publié lundi par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), indique que ...

Publié hier à 12h00

Semaine de prévention du suicide: «Il reste encore des tabous», juge le PDG de l'AQPS

Parler ouvertement du suicide n'est pas une conversation simple, mais il s'agit du premier pas vers la prévention, estime le président-directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, qui souhaite briser les tabous. Selon Hugo Fournier, il ne faut pas avoir peur de demander à quelqu'un qui semble aller mal si elle pense au ...