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Une survivante de l'Holocauste à Trois-Rivières

durée 12h03
18 avril 2012
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Par Mathieu Duquette
TROIS-RIVIÈRES - 

Raconter son histoire est souvent le moyen le plus efficace pour exorciser les fantômes du passé. Mme Marguerite Elias Quddus, une survivante de l’Holocauste qui vit au Canada depuis plus de 40 ans maintenant, sera de passage à Trois-Rivières jeudi pour en faire la démonstration.

L’histoire de Mme Quddus n’a rien de banal, comme la méthode à laquelle elle a dû recourir pour la mettre en mots, près de 60 années plus tard.

Née à Paris en décembre 1936 d’un père russe et d’une mère lithuanienne, tous deux juifs, elle connaîtra des premières années de vies aisées. Ses parents dirigeaient un commerce d’artisans-fourreurs.

Engagé comme volontaire en 1939, son père a servi durant une courte période au sein de l’armée française, jusqu’à la signature de l’armistice. Après que le maréchal Pétain eu obtenu les plein pouvoirs, il a demandé aux juifs de se déclarer. En tant qu’ancien combattant le père de Mme Quddus se croyait protéger. Il a donc accepté de se déclarer. Puis, le 20 août 1941, à 6h30, trois policiers français sont venus frapper à la porte et l’ont arrêté. Elle ne l’a plus jamais revu.

« Cette image m’est restée depuis, raconte Mme Quddus. Chaque fois que je rêve, je vois la porte de la maison que je n’arrive pas à fermer. J’entends les policiers frapper et crier d’ouvrir la porte. »

Ont ensuite suivies trois années de cavale dans des conditions dans des conditions difficiles pour Mme Quddus et sa sœur aînée, d’abord chez d’anciens clients de la boutique de ses parents puis dans trois couvents, notamment. Pendant ce temps, sa mère s’est jointe à la résistance à Lyon sous un faux nom.

Se raconter grâce aux dessins

Mme Quddus a ensuite fait sa vie, avec ces immenses souvenirs cachés au plus profond d’elle. Arrivée au Canada en 1967 avec son mari, un Indien musulman, elle a caché le fait qu’elle est juive à la majorité de son entourage. Son propre fils ne l’appris que lorsqu’il avait 11 ans.

Au tournant des années 2000, elle a été mise au courant que la maison de son enfance, à l’abandon et habitée par des clochards, serait prochainement détruite. Elle a donc décidé de se rendre à Paris pour la voir une dernière fois.

« C’est à ce moment que tous mes souvenirs sont revenus, surtout l’arrestation de mon papa, explique-t-elle. J’ai voulu écrire et je me suis vite aperçue qu’il y avait des périodes tellement noires, en particulier dans les trois couvents que j’ai fréquentées, que je ne pouvais pas écrire. Je n’y arrivais. »

Habile dessinatrice, c’est finalement à la suite d’une suggestion de son fils que Mme Quddus a entrepris d’utiliser le dessin pour raconter son enfance.

« J’étais bénévole à l’école primaire qu’a fréquenté mon fils. Je faisais notamment dessiner les enfants, raconte Mme Quddus. Mon fils m’a alors dit : Maman, tu fais dessiner les enfants, pourquoi ne dessinerais-tu pas les images qui te troublent ? C’est comme ça que j’ai commencé, en dessinant l’arrestation de mon père. »

« C’était difficile puisque je n’avais que trois photos de parents. Puis, au bout de huit ans, après avoir réalisé une centaine de dessins, je les ai étalés et c’est ce qui m’a permis de broder mon texte. »

Après en avoir produit et vendu une trentaine avec l’aide de son fils, Mme Quddus a été approchée par la Fondation Azrieli, une organisation philanthropique basée à Toronto. Par l’entremise du Programme de publication de mémoires de survivants de l’Holocauste, 10 000 copies du livre ont été publiés et distribués gratuitement au Canada et en France par la Fondation Azrieli.

Mme Quddus tiendra une conférence gratuite le 19 avril à 18 h à la salle Ludger-Duvernay de l’UQTR.

 

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