La médecine privée plus populaire que jamais
Fatigués d'attendre dans les urgences pour voir un médecin, plusieurs Trifluviens se sont tournés vers la médecine privée. Trois-Rivières le 23 décembre 2011. NICOLAS DUCHARME/L'ÉCHO DE TROIS-RIVIÈRES/AGENCE QMI
L'attente interminable dans les urgences et l'absence de cliniques sans rendez-vous publiques à Trois-Rivières en ont poussé plusieurs à se tourner vers la médecine privée. Ces cliniques enregistrent une hausse fulgurante de leur popularité.
Fondée en 2007, la Clinique médicale privée XO2 affiche complet avec ses 2000 membres. La demande est à ce point forte qu'elle compte maintenant une liste d'attente de plus d'un an.
« Nous nous sommes limités à 2000 membres puisqu'il serait impossible d'en voir plus avec un seul médecin », explique Kathy Sigman, coordonnatrice des opérations.
« Il y a une grosse demande et nous laissons la priorité aux gens qui attendent depuis le plus longtemps. Nous voulons garder le contrôle. »
Cette clinique n'est pas la seule dans cette situation. Située au centre-ville, la clinique Médi-Ressources a vu son chiffre d'affaires tripler en une seule année.
« Nous sommes victimes de notre succès. Nous pensons ouvrir le soir pour aller chercher la clientèle qui n'est pas disponible le jour. Tout de même, nous nous doutons que ce ne sera pas suffisant », lance Josyane Laforce, technicienne administrative.
Manque de médecins de famille
La croissance rapide des cliniques privées peut être liée avec le manque de médecins dans la région, selon le docteur Jean Labbé, propriétaire de la clinique Médi-Ressources.
« Je pense que c'est en partie à l'impossibilité de voir un médecin dans le système public. Lorsque tu entres à l'urgence un soir, il y a de fortes chances que tu ne passes pas avant le lendemain matin. Les délais sont de 20 heures et plus. »
Le docteur Yves Lamirande, directeur des affaires médicales et des services professionnels au CHRTR, confirme les dires de M. Labbé
« Il manque possiblement une centaine de médecins dans la région. 30 % de la population n'a pas accès à un médecin de famille, explique-t-il. Il y a eu une amélioration, mais c'est un constat de la pénurie de médecins dans les 20 dernières années. »
Le futur ?
Selon le docteur Labbé, les cliniques privées qui poussent aux quatre coins du Québec sont l'avenir de notre système médical.
« Je suis allé partout dans le monde. Que ce soit en Afrique, en Europe ou aux États-Unis, il y a deux systèmes de santé. Pourquoi le Québec serait-il différent du monde entier? Inévitablement, le privé va se développer, ce qui va permettre de soulager le système public et améliorer l'accessibilité pour voir un médecin. »
L'effet de soulagement se fait toutefois attendre à Trois-Rivières. En effet, le docteur Yves Lamirande estime que les cliniques privées ont jusqu'à présent peu d'impact sur le temps d'attente aux urgences.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Cancer du sein: l'obésité empêcherait le corps d'éliminer les cellules dangereuses
L'obésité semble interférer avec la capacité du corps à éliminer efficacement les cellules qui risquent de se transformer en cellules cancéreuses, ce qui pourrait expliquer pourquoi l'obésité est un facteur de risque pour le cancer du sein, croient des chercheurs américains. En résumé, les auteurs de l'étude ont constaté que les ...
LIRE LA SUITE
FA: l'Institut de cardiologie de Montréal réalise une première canadienne
Un patient chez qui l'utilisation d'anticoagulants n'était pas appropriée a profité d'une intervention réalisée en grande première canadienne à l'Institut de cardiologie de Montréal, et qui a fait d'une pierre deux coups. L'intervention pratiquée par le docteur Adrian Petzl a ainsi permis de s'attaquer non seulement au problème de ...
LIRE LA SUITE
Les jeunes du Québec entament une deuxième rentrée scolaire sans téléphones
Cette rentrée scolaire marque la deuxième depuis que le gouvernement québécois a interdit, en 2025, l’utilisation des téléphones cellulaires dans les écoles. La première année de cette expérience s’est «très bien passée», selon le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Richard Bergevin. Ce dernier affirme ...
LIRE LA SUITE