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La Mauricie, poubelle du Québec?

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19 janvier 2012
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Par Guillaume Jacob

Chaque année, la Mauricie reçoit environ 100 000 tonnes de déchets en provenance des quatre coins du Québec. Sommes-nous devenus la poubelle de la province?

Thedford Mines, Montmagny-l'Islet, Sherbrooke, Matapédia-Métis, La Tuque, Bécancour et Nicolet acheminent leurs déchets à l'un des deux sites d'enfouissement de la Mauricie : celui de Champlain ou celui de Saint-Étienne-des-Grès.

Depuis cinq ans, ces villes et MRC ont des contrats avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM), l'organisme public qui s'occupe de la gestion des déchets issus des municipalités de la région.

Pour le président de la RGMRM, Pierre Bouchard, ces déchets venus d'ailleurs ne doivent toutefois pas être considérés comme une nuisance. Les milliers de tonnes de détritus reçues chaque année s'accompagnent des revenus importants pour la Régie, ce qui lui permet d'alléger la facture des contribuables mauriciens.

Par ailleurs, ces milliers de tonnes ne compromettent pas la durabilité du site, assure M. Bouchard. « En fait, on est toujours à la recherche de tonnages supplémentaires. On a de la place encore pour de nombreuses décennies au rythme actuel. »

Il faut considérer le fait que les quantités de déchets à enfouir diminueront dans les prochaines années, avec le recyclage qui se développe et la mise en place d'un système de valorisation des déchets de table et autres matières compostables, souligne le président de la Régie. Ces résidus seront bannis de l'enfouissement dès 2020 en vertu de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles adoptée en mars dernier. Soulignons aussi que papiers et cartons, ainsi que le bois, ne pourront plus être enfouis à partir de 2013 et 2014 respectivement.

Les tonnes de déchets venues de l'extérieur sont donc nécessaires pour rentabiliser les nombreux investissements faits par la Régie depuis 1995, date à laquelle l'organisme est devenu propriétaire du site de Saint-Étienne-des-Grès. La Régie a dû installer un système de traitement des biogaz qui s'échappent des déchets en décomposition sous le sol, et une usine de traitement des eaux pour le lixiviats (nom technique du jus de poubelle) et des liquides de boues de fosses septiques.

« Les normes environnementales sont devenues beaucoup plus sévères, ce qui entraîne des coûts plus importants, explique Pierre Bouchard. Il y a à peine six ans, ça coûtait 500 000 $ faire une cellule d'enfouissement. Aujourd'hui ça en coûte de 2,5 à 3 millions $. C'est donc très coûteux d'exploiter un site et ça prend beaucoup de tonnage pour le rentabiliser. »

À ces frais d'exploitation s'ajoutent les coûts engendrés par les litiges judiciaires dans lesquels la Régie est empêtrée. L'organisme fera appel cette année dans la cause qui l'oppose aux Serres du St-Laurent, et devrait obtenir un jugement dans la cause qui l'oppose à RCI Environnement devant le Tribunal administratif du Québec dans un dossier d'expropriation lié au site de Champlain.

En 2012, la facture des Municipalités membres de la Régie est passée de 49,70$ à 59,30$ par tonne de déchet enfouis. Malgré cette augmentation, les coûts restent en deçà de la moyenne provinciale, souligne la directrice générale de la RGMRM, Sylvie Gamache.

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