« Pour faire savoir aux Canadiens que cela s’est produit ici »
Le gouvernement appelé à s'excuser pour avoir forcé des adoptions entre 1940 et 1970
Par La Presse Canadienne
Le gouvernement devrait présenter ses excuses pour avoir soutenu la pratique des adoptions forcées, ont déclaré mardi la députée libérale Karina Gould et la sénatrice Chantal Petitclerc.
Mme Gould a affirmé lors d'une conférence de presse qu'entre les années 1940 et 1970, environ 300 000 femmes célibataires au Canada ont été contraintes ou forcées de confier leur bébé à l'adoption.
«Aujourd’hui, il s’agit de faire savoir aux Canadiens que cela s’est produit ici, au Canada (…) Et il s’agit d’apporter une conclusion et de rendre justice à ces femmes et à leurs enfants», a-t-elle déclaré.
Mme Gould a ajouté que d’autres pays, notamment l’Australie, le Pays de Galles et l’Irlande, «avaient tous des pratiques similaires et que chacun de ces pays avait présenté des excuses officielles et apporté un soutien à ces survivantes».
Mme Petitclerc a déclaré que les adoptions forcées avaient été rendues possibles par des institutions et des politiques publiques.
La sénatrice a présenté mardi une requête au Sénat demandant au gouvernement de présenter des excuses officielles aux mères, aux personnes adoptées et aux familles qui ont été touchées.
Mme Petitclerc a ajouté que bon nombre de ces mères attendaient toujours «d’entendre enfin leur pays dire “Nous reconnaissons ce qui s’est passé et nous sommes désolés"». Elle a ajouté que les personnes adoptées et leurs familles continuaient de vivre avec les conséquences de ces adoptions forcées.
L'ancien sénateur Art Eggleton était président du comité des affaires sociales du Sénat lorsque celui-ci a publié un rapport sur le sujet en 2018.
Lors de la conférence de presse de mardi, il a déclaré qu’il était «important de relancer cette initiative, tant à la Chambre des communes qu’au Sénat, et de permettre de tourner la page sur cette question».
Il a précisé que cela inclurait l’offre de services de soutien psychologique et l’aide à la réunification pour ceux qui souhaitent rencontrer les membres de leur famille.
Anja Karadeglija, La Presse Canadienne
