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La commission Gallant entame la deuxième phase de ses travaux

La commission Gallant entame la deuxième phase de ses travaux
Photo: La Presse Canadienne, 2024
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La commission Gallant, qui enquête sur le virage numérique raté de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), s'est déplacée à Québec mardi pour entamer la deuxième phase de ses travaux.

Le procureur en chef Simon Tremblay a annoncé qu'après avoir «placé les fondations de l'enquête» fin avril-début mai à Montréal, la commission était prête à entendre des témoins sur la genèse du projet de la SAAQ.

Rappelons que le virage numérique à la SAAQ risque de coûter plus de 1,1 milliard $ d'ici 2027, soit une hausse de 500 millions $ par rapport au budget initial, a trouvé le Vérificateur général du Québec (VGQ).

Mardi, l'ex-président du C.A. de la SAAQ Guy Morneau, qui était en poste de 2013 à 2016, a déclaré à la commission que la SAAQ n'avait aucune expertise à l'interne pour effectuer le nécessaire virage numérique.

Il a expliqué qu'après mûre réflexion, la société d'État a choisi d'aller de l'avant avec un Progiciel de gestion intégrée (PGI), une solution moderne qui allait durer dans le temps.

Hydro-Québec, qui en avait fait l'essai, avait connu des moments «pénibles», mais M. Morneau estimait que la transition allait être «somme toute gérable» à la SAAQ. Les équipes étaient motivées et dévouées, a-t-il raconté.

«On cherchait un partenaire capable de nous donner des ressources pointues. (...) On voulait que nos effectifs apprennent beaucoup avec ces gens-là, (...) comme ça, ils développeraient leur expertise», a-t-il dit.

La SAAQ aurait eu besoin d'aide pour rédiger l'appel d'offres; elle voulait s'assurer qu'il soit «compréhensible pour le fournisseur, (...) parce qu'à l'interne, ils ne connaissaient pas ça», a ajouté M. Morneau.

Décrivant le projet comme étant d'une «complexité sans nom», l'ex-président du C.A. a créé la surprise lorsqu'il a déclaré que de toute façon, les dépassements de coûts pouvaient être amortis sur plusieurs années.

«C'est quoi le budget d'administration de la SAAQ? Quand même que ça coûterait 50 millions $, 100 millions $, 200 millions $ de plus, (...) ce n'est pas ça qui va empêcher la Terre de tourner», a-t-il lancé.

Un PGI qui fonctionne bien génère des «économies» que «vous allez avoir tout le temps», a-t-il également argué.

«Deux cents, 300 millions $ sur le coup, ça choque, ah c'est des mauvais gestionnaires. (...) Si c'était évitable, il faut l'éviter, mais si c'était inévitable, il faut vivre avec en disant: "Est-ce qu'aujourd'hui, vous vivriez sans ça?" Non. La SAAQ ne pourrait pas livrer sa mission.»

En mêlée de presse, il a nuancé son propos, affirmant que lorsqu'il était président du C.A., rien ne laissait présager des dépassements de coûts de 500 millions $.

«S'il y a eu de la malversation, de la fraude, de l'incompétence, ça mérite d'être souligné et corrigé», d'après lui.

Chose certaine, sous sa gouverne, les membres du C.A. se réunissaient 10 à 12 fois par année, et M. Morneau lui-même rencontrait le ministre des Transports à tous les six mois.

Les deux ministres à qui il a eu affaire, le péquiste Sylvain Gaudreault et le libéral Robert Poëti, se sont intéressés au virage numérique; avec eux, il faisait le tour des «grands indicateurs» qui étaient tous au vert, a-t-il témoigné.

«Quand j'ai quitté, ce projet-là était sur les "tracks". (...) Je ne vois pas comment on aurait pu faire mieux comme préparation», a-t-il conclu. M. Morneau poursuivra son témoignage et sera contre-interrogé mercredi.

Recommandations du VGQ ignorées?

En matinée, la commission avait demandé à la spécialiste en transformation organisationnelle Nathalie Giguère de résumer pour le juge Gallant d'anciens rapports du VGQ.

Depuis 2006, le VGQ prévient contre les risques d'une trop grande dépendance aux ressources externes en informatique (conflits d'intérêts, collusion, augmentation des coûts, etc.).

«On revient toujours aux mêmes recommandations, a souligné Mme Giguère. L'utilisation des ressources externes, c'est ça qui est le conducteur. On voit une récurrence. On voit vraiment la redondance.»

«Et là, on se retrouve avec une commission d'enquête en 2025», a ajouté le juge Gallant. L'experte a rappelé que le gouvernement a eu accès au fil des ans à plusieurs guides de bonnes pratiques en matière de gestion contractuelle.

La commission Gallant poursuivra ses travaux à Québec toute la semaine. Elle entendra notamment plusieurs anciens membres du conseil d'administration de la SAAQ. Un rapport final est attendu au plus tard le 30 septembre 2025.

Caroline Plante, La Presse Canadienne

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