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14 janvier 2020 - 06:00 | Mis à jour : 06:03

Dans le cadre des travaux d’assainissement des eaux du Lac-à-la-Tortue

Le maire de Shawinigan assure oeuvrer pour récupérer l'argent

Par Salle des nouvelles

Le maire Michel Angers a transmis aux médias une lettre ouverte portant sur le projet d’assainissement des eaux du Lac-à-la-Tortue. Il explique sa volonté de récupérer les subventions auprès du gouvernement pour les remettre aux citoyens, pointant le fait que les travaux aient été soumissionné en bas du prix évalué.

« Maintenant que les travaux d’assainissement des eaux au lac à la Tortue sont terminés, j’aimerais revenir sur les objectifs qu’on s’est donnés pour ce projet. Le premier objectif, soutenu depuis plus de 40 ans par les résidents de Lac-à-la-Tortue, était de sauver le lac de l’eutrophisation en éliminant la contamination provenant des installations septiques par l’installation d’un réseau d’égout municipal.

80% des installations sceptiques à changer

J’ai personnellement travaillé dès 2009, pour atteindre cet objectif. Nous y sommes parvenus en 2016 en inscrivant le projet dans un programme Canada-Québec subventionné à 66 %. Puis, à l’annonce de la création du programme FEPTEU en 2017, le conseil a accepté de laisser tomber quatre autres projets totalisant plus de 14,5 M$ dans d’autres secteurs de la Ville pour concentrer le tout sur le projet d’assainissement du lac à la Tortue subventionné, cette fois, à un généreux à 83 %.

Et pendant toutes ces démarches nous avons fait preuve de compréhension auprès des résidents du lac afin qu’ils ne renouvellent pas leurs installations septiques juste avant l’annonce des travaux du réseau d’égout. Alors que les installations septiques ont une durée moyenne de 15 à 20 ans, on se retrouvait avec 73 % des installations ayant 20 ans et plus et 8 % d’un âge indéterminé, pour finalement plus de 80 % des installations à changer à court terme. La majorité des propriétaires faisait donc face à un investissement de 15 000 $ à 20 000 $ pour leurs installations septiques si le
projet de réseau d’égout ne se réalisait pas.

Après de multiples péripéties, le chantier démarré le 14 août 2017 s’est finalement terminé le 20 décembre dernier. Les 25 kilomètres de réseau, les 16 stations de pompage et la nappe phréatique presqu'en surface ont compliqué les choses et ont causé de nombreux inconvénients aux citoyens en plein cœur de ces travaux.

Tout d’abord, une firme externe d'ingénieurs a fait une première évaluation du coût des travaux à 43 M$ avec un échéancier se terminant en décembre 2019. C’est ce que nous avons présenté lors de la rencontre citoyenne du 16 mars 2016.

Puis, nous sommes allés en appel d’offre pour les services d'ingénierie et de surveillance des travaux. Comme c'est la règle au Québec, c'est le plus bas soumissionnaire conforme qui obtient le contrat et qui a fait l'évaluation finale du coût des travaux.

Les entreprises soumissionnent en bas des prix évalués : " 1,8M $ nous échappent "

C’est alors que l’échéancier a été raccourci. On nous a annoncé, le 2 août 2017, que les travaux se termineraient un an plus tôt que prévu initialement, soit en décembre 2018. Mais on connaît la suite : plus de 1 000 directives de changement, des dépassements de coûts importants, des délais s'allongeant sans cesse, la contamination du réseau et j'en passe!

La fameuse règle au Québec du plus bas soumissionnaire conforme oblige l'ensemble des municipalités à accepter que des entreprises soumissionnent bien en bas des évaluations de départ avec des résultats finaux bien différents du scénario d'origine, avec les conséquences que l'on connaît. À qui la faute? Nous aurons à départager le tout dans les mois à venir.

De plus, lorsque des professionnels ou des entrepreneurs soumissionnent en bas du prix évalué, ça entraîne la perte d'une partie importante de l'enveloppe de subvention qui nous est réservée. Conséquence : toutes les directives de changement doivent être assumées à 100 % par les citoyens!

Dans le cas qui nous concerne, c'est près de 1,8 M$ qui nous échappent et que les citoyens doivent assumer. Malgré tout, la taxe d’amélioration locale pour payer les nouvelles infrastructures au Lac-à-la-Tortue se situe à 1 175,26 $ alors qu’en moyenne, dans les autres quartiers de la ville qui ont à payer de nouvelles infrastructures, le montant est près du double à 2 290 $.

Avec les dépassements de coûts et la réduction du montant subventionné, on se retrouve actuellement à un niveau de subvention de 70 % plutôt que le 83 % promis. Avec l'aide de nos députés provincial et fédéral, je vais tenter de convaincre les ministères concernés de nous remettre l’ensemble des subventions annoncées et acceptées dès le départ afin de redonner cet argent aux citoyens. Et quoi qu’il arrive, nous aurons réussi collectivement à atteindre l’objectif qu’on s’était fixé au départ, celui de protéger le lac à la Tortue de l’eutrophisation. »

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