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Pénurie d’employés

NATPRO décide de former sa main-d’œuvre

Natacha Desnoyers, copropriétaire, en compagnie des trois nouvelles couturières en apprentissage, deux représentants du CSMO et deux contremaîtres de l’usine.
Photo: Courtoisie NATPRONatacha Desnoyers, copropriétaire, en compagnie des trois nouvelles couturières en apprentissage, deux représentants du CSMO et deux contremaîtres de l’usine.
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Devant la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier, l’entreprise NATPRO de Saint-Stanislas a décidé de combler ses besoins par la formation maison.

Avec la collaboration du Comité sectoriel de main-d’œuvre (CSMO), trois nouvelles employées profitent, depuis mardi, d’un programme travail-études à l’usine NATPRO pour parfaire leurs connaissances en couture industrielle.

« Ce qui est difficile dans notre domaine. Il n’existe plus de formation en couture qui vise l’obtention d’un diplôme. Nous avons donc décidé de prendre les devants et de former nous-même notre main-d’œuvre. Notre carnet de commandes est rempli et nous prenons les moyens pour suivre notre croissance », explique d’entrée de jeu Natacha Desnoyers, copropriétaire de NATPRO qui œuvre dans la confection de gants et de vêtements de travail techniques.

La nouvelle cohorte sera formée pendant sept semaines avant de joindre le secteur de la production de l’usine. Elles seront rémunérées pour apprendre leur nouveau métier sur place, avec des cours magistraux le matin, et mettront en pratique leurs apprentissages en après-midi sur la ligne de production en couture.

Depuis plus de 50 ans, NATPRO offre sept catégories de produits tels que des gants et mitaines résistant à la chaleur, des vêtements aluminisés, des vêtements de cuir pour soudeurs, des pantalons forestiers et des imperméables contre les produits chimiques et contre les arcs électriques. Cette gamme complète de produits de protection industrielle est entièrement développée et confectionnée à Saint-Stanislas.

L'entreprise compte 34 employés, dont 28 femmes. Parmi celles-ci on dénombre 19 couturières et trois contremaîtres.

Les produits de textiles spécialisés sont en forte en croissance au Québec et au Canada. Le chiffre d’affaires de l’entreprise mauricienne s’élève à plus de 3,3 millions de dollars annuellement.

« Nous vendons partout au Canada et notre produit est recherché en raison de sa qualité. Tout est confectionné depuis notre usine. Nous travaillons avec les distributeurs qui vendent aux petites, moyennes et grandes entreprises à l’échelle du pays. Nous travaillons aussi avec notre patroniste pour offrir un service sur mesure aux clients. Nous faisons équipe avec eux pour la confection d’items uniques, propres à leurs besoins pour protéger les travailleurs », explique Mme Desnoyers. 

Un succès au féminin

Plusieurs femmes se côtoient également dans l’usine puisque plus de la moitié des employés sont des couturières. Certaines d’entre elles ont près de 40 ans d’expérience. Ces doyennes transmettent leur savoir à une nouvelle génération de couturières qui vient apprendre le métier.

« C’est une richesse inestimable de pouvoir compter sur une main-d’œuvre aussi qualifiée avec un savoir-faire incroyable. Quelques-unes des couturières ont plus de 60 et même 65 ans. Elles adorent leur métier et n’ont pas envie d’arrêter. Nous les accommodons avec des horaires réduits, à leur demande. Nous sommes choyées de les avoir encore dans l’équipe pour transmettre leur passion à la nouvelle génération », renchérit Mme Desnoyers. 

 L’entreprise a trouvé une façon très originale de garder ses employés inspirés en proposant chaque trimestre de découvrir où sur le globe s’arrête le fil utilisé chez NATPRO. L’objectif : faire le tour de la terre deux fois (2 X 80 160 km) avec la longueur du fil utilisé lors de la confection des produits.

« Lorsqu’une bobine de fil est terminée, elle est mise dans un grand bocal que nous voyons se remplir. Sur le bocal sont apposés des marqueurs qui représentent chacun 500 km. Chaque trimestre, nous additionnons les kilomètres cumulés sur une carte géographique. Lors du dévoilement, nous dégustons un produit provenant du pays où nous sommes rendus à l’échelle sur la carte. C’est une façon ludique de se récompenser pour le travail réalisé. Les employés apprécient vraiment ce moment et nous aussi ; nous formons une belle et grande famille ! », ajoute fièrement Natacha Desnoyers.

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