85 M$ pour l’énergie hydrolienne
Par Matthieu Max-Gessler
Le gouvernement du Québec investira 85 M$ dans un projet de fabrication et de commercialisation d’hydroliennes. RER Hydro, qui a déjà mis au point la turbine, s’est associée à Boeing et à Hydro-Québec dans ce projet qui devrait créer 600 emplois directs et indirects d’ici cinq ans.
RER Hydro louera à Énergie Atomique Canada Limitée l’ancienne usine de traitement d’eau lourde Laprade, à Bécancour, pour y installer la première fabrique d’hydroliennes au monde. L’entreprise embauchera 15 employés à Bécancour ainsi que 10 à Montréal, où six turbines seront installées. Elle pourrait, au terme de son bail, s’établir ailleurs dans le parc industriel de Bécancour.
Le gouvernement de Pauline Marois promet jusqu’à 85 millions $ sous la forme de prêts et d’équité pour tout le projet, estimé à 130 M$, qui se divise en deux autres phases d’ici 2016. 3 M$ ont déjà été investis par Québec dans la première phase du projet, le développement et la mise à l’essai d’une turbine à Montréal. Le gouvernement déboursera 25 M$ pour la deuxième phase, soit la moitié des investissements. Pour la troisième phase, jusqu’aux trois quarts des investissements, soit 60 M$, proviendront des fonds publics. Un parc de démonstration d’une quarantaine d’hydroliennes sera créé avec cet argent, générant 40 emplois directs et 80 indirects.
RER Hydro et ses partenaires visent la construction de 500 turbines par année si les résultats sont au rendez-vous.
Le Québec chef de file
En conférence de presse lundi, la première ministre Pauline Marois a annoncé son intention de faire du Québec un chef de file dans cette filière énergétique.
«Il s’agit d’une technologie d’avenir qui se démarque par sa performance et son efficacité. D’ici quelques années, le Québec deviendra le leader mondial de cette filière, j’en suis convaincue», a-t-elle martelé.
La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a pour sa part rappelé la fiabilité et le peu d’impacts sur l’environnement des hydroliennes conçues par RER Hydro.
«Le prototype n’a subi aucune défaillance depuis trois ans, c’est exceptionnel. Cette hydrolienne est fiable, n’a presque aucun impact sur l’environnement et se vend à un prix extrêmement compétitif», a-t-elle soutenu.
Mme Ouellet a également souligné que «85% de cette technologie est fabriquée au Québec».
Une technologie à exporter
Les turbines produites à Bécancour ont toutefois peu de chance de se retrouver en eaux québécoises, à part dans le Nord de la province. Elles seront pour la plupart exportées ailleurs dans le monde, où la demande ne devrait pas manquer, selon la ministre Martine Ouellet.
«Différentes compagnies d’énergie à travers le monde ont déjà beaucoup d’intérêt pour nos hydroliennes», a-t-elle garanti.
Le rôle de Boeing dans ce partenariat sera la commercialisation et la vente des hydroliennes produites par RER, selon une entente signée l’an dernier par les deux entreprises.