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Sommet sur l'itinérance: Pauline Marois espère pouvoir rencontrer Christine Fréchette

durée 15h11
9 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — L'ancienne première ministre du Québec, Pauline Marois, aimerait pouvoir rencontrer l'actuelle cheffe du gouvernement, Christine Fréchette, dans l'espoir de la convaincre de s'engager à tenir un sommet sur l'itinérance en 2027, après qu'elle eut refusé de s'avancer en ce sens la semaine dernière.

Mme Marois entame une série de rencontres avec les différents chefs des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale, afin de leur expliquer pourquoi elle souhaite, avec d'autres, la tenue d'un grand sommet transpartisan sur l'itinérance au Québec.

À la fin mai, à l’initiative de Mme Marois, un regroupement de personnalités a réclamé dans une lettre ouverte un engagement de chacun des grands partis à tenir un tel exercice d’ici à juin 2027 si l’un ou l’autre forme le prochain gouvernement.

Mardi après-midi, Mme Marois a discuté avec le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, en compagnie de l'ancienne vice-première ministre libérale Michelle Courchesne, cosignataire de la lettre ouverte.

La semaine prochaine, ce sera au tour de la cheffe parlementaire de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, de s'entretenir avec Mme Marois, qui sera accompagnée d'une autre cosignataire, l'ex-co-porte-parole de QS Françoise David. Suivra ensuite, dans la même semaine, une rencontre avec le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, et l'ex-ministre péquiste Véronique Hivon, qui a aussi appuyé la lettre.

«C'est d'expliquer l'essence d'un sommet. (...) Et moi, je dis que ce n'est surtout pas un colloque. Ce n'est pas un forum d'un jour. Ce n'est pas du marketing. C'est vraiment fondamental», a affirmé Mme Marois en entrevue avec La Presse Canadienne, mardi.

«On réunit tous les partenaires. On se fixe des objectifs, des obligations de résultat, des obligations de rendre des comptes. Et aussi, on établit des ressources qu'on peut accorder à cette situation-là, puis on coordonne les activités avec les municipalités, les groupes communautaires, les institutions», a-t-elle poursuivi.

À ce jour, la réponse de Mme Fréchette pour une rencontre se fait toujours attendre, tout comme celle du chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a indiqué Mme Marois.

L'ex-première ministre péquiste a exprimé son souhait de voir la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) en compagnie de l'ancienne ministre caquiste Marguerite Blais.

Pour Mme Courchesne, il serait «absolument inconcevable que cette rencontre-là n'ait pas lieu».

«Mme Fréchette a le droit de dire, nous, on prend un chemin différent. Ça, c'est sa prérogative. C'est son droit, son choix. Mais, moi qui ai signé cette lettre-là, je dis à Mme Fréchette: 'vous avez la responsabilité de rencontrer Mme Marois avec Marguerite Blais'», a soutenu Mme Courchesne, en entrevue.

La semaine dernière en conférence de presse, Mme Fréchette a reconnu la nécessité d’une meilleure coordination face à l'itinérance, comme les signataires de la lettre l'ont fait valoir, mais ne s’est pas avancée en faveur d’un sommet, contrairement au PQ, au PLQ et à QS.

La première ministre a plutôt défendu les efforts de son gouvernement dans ce dossier.

Mme Marois reconnaît le «travail important» qui a été mené au cours des huit dernières années par la CAQ. Le problème est que l'itinérance a connu une hausse de 20 % depuis trois ans, a-t-elle exposé.

«Donc, ça ne donne pas les résultats escomptés. Je ne doute pas de la bonne volonté. Mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Et c'est pour ça qu'on dit, maintenant, il faut que ça passe à un autre rythme, à un nouveau niveau, puis dans une autre perspective», a affirmé Mme Marois.

Au dénombrement 2025 des personnes en situation d’itinérance, pas moins de 12 000 personnes ont été recensées partout au Québec.

Le poids du PM

Pour Mmes Marois et Couchesne, il est essentiel d'obtenir un engagement des aspirants premiers ministres, d'où l'objectif des rencontres à l'approche de la campagne électorale.

L'une des conditions pour assurer le succès d'un tel sommet est que l'initiative soit directement prise en charge par le chef qui sera porté au pouvoir le 5 octobre prochain.

Selon Mme Courchesne, le premier ministre «donne un poids additionnel à la démarche».

«Quand c'est sous l'égide du chef de l'État, l'obligation de résultat est là», puisqu'il s'assure que tous les ministres et sous-ministres concernés soient à la table, et que la machine bureaucratique s'active, a-t-elle soutenu.

Au cours de la campagne électorale, Mme Marois espère que la tenue d'un sommet national sur l'itinérance sera «un projet prioritaire» et que les partis vont «fermement» s'engager à mettre en place le processus menant vers l'organisation de cette initiative.

Le chef du PLQ a assuré mardi que la tenue d'un sommet sera inscrite dans la plateforme électorale de son parti.

«J'espère que ce sera le prochain grand projet transpartisan au Québec. Et à ce titre-là, je fais référence, entre autres, au projet de loi sur mourir dans la dignité qui avait rassemblé des gens sur un enjeu de société qui ne devrait pas être politisé. La question d'avoir un toit et d'avoir une sécurité de vie au Québec, ça devrait être aussi transpartisan», a déclaré M. Milliard à la suite de la rencontre.

Il entend également dévoiler d'autres promesses sur la question de l'itinérance, tout en disant vouloir rester ouvert aux propositions qui pourraient émerger d'un éventuel sommet.

— Avec des informations de Patrice Bergeron, de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne