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Santé Québec entend réduire les bris de service dans les établissements cet été

durée 12h59
19 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Santé Québec se prépare au pire à l’approche de l’été, mais relance les mesures de l’an dernier qui ont permis d’éviter de nombreux bris de service à travers la province.

L’été 2025 avait été marqué par des risques de bris de service dans 1339 cas à travers les établissements de santé de la province, mais les mesures de réaction avaient permis d’en éviter 1029. Cela signifie tout de même qu’il y en avait eu 310, mais Santé Québec avait réussi à implanter des mesures de mitigation dans ces dossiers, mesures imparfaites, mais qui permettaient quand même un accès aux services.

En préparation depuis février

«On a commencé à préparer la période estivale dès le mois de février avec les établissements pour lesquels on anticipait des enjeux de bris du service pendant la période estivale», explique Cynthia Cloutier, directrice de la coordination de l’accès aux soins et services.

Les établissements plus à risque ont déjà préparé pour la plupart des plans dans lesquels ils ont planifié les vacances de leurs employés, les déplacements d’employés dans les services plus à découvert et des provisions en cas d’imprévus. «Un établissement est même allé jusqu'à faire une simulation de la période estivale. Ils ont simulé des situations de bris de service en équipe de gestion pour voir si ça arrive, qu'est-ce qu'on fait, qu’est-ce qu'on active comme levier, qu’est-ce qu'on peut faire côté ressources humaines, qu’est qu'on peut faire à l'interne», raconte Mme Cloutier.

Elle précise qu’il y a «des défis au niveau des urgences et c’est plus difficile l'été avec les vacances». Certains établissements se sont eux-mêmes dotés d’équipes volantes à l’interne pour aller boucher les trous.

L'équipe volante doit voler davantage

La grande équipe volante nationale, elle, qui est composée de 320 personnes destinées à servir tout le Québec dans les cas de besoin, compte des professionnels de la santé de plusieurs domaines – infirmières, infirmières auxiliaires, préposés aux bénéficiaires – mais des intervenants sociaux se sont ajoutés, notamment des éducateurs spécialisés et des travailleurs sociaux. On recherche toujours des inhalothérapeutes pour s’y joindre, mais «c'est un petit peu plus difficile à trouver actuellement», reconnaît Mme Cloutier.

Un des problèmes avec l’équipe volante, toutefois, c’est qu’elle est déjà déployée depuis sa création, principalement en Abitibi, sur la Côte-Nord et dans l’Outaouais. «Mais dans la dernière année, on a réussi à l'ouvrir à quelques régions pour répondre à des besoins ponctuels, justement pour éviter des bris de service», souligne la gestionnaire.

Toute la question des bris de service se résume d’ailleurs à cette réalité: la pénurie de personnel dans le réseau qui devient criante en période de vacances. C’est justement parce qu’il manque de personnel dans ces régions que l’équipe volante y a été déployée. Elle ne «vole» donc pas autant qu’on l’aurait voulu au moment de sa création, reconnaît Cynthia Cloutier. «On essaie de la faire voler plus. On évalue. Là, il y a d'autres régions qui peuvent nous faire des demandes de besoins, ce qui n'a pas été le cas à un certain moment. Donc là, on est en train de voir comment on l'élargit, justement, puis qu'ont maximise le potentiel de l'équipe volante pour éviter des bris de service.»

Et le réseau est bien au fait d’une réalité: c’est en régions éloignées que les pénuries de main-d’œuvre frappent le plus durement. «Souvent, les bris de services se produisent dans les régions éloignées, malheureusement, parce que ce sont de très petites équipes qui sont parfois en bris service à l'année, qui sont toujours à une ressource toute l'année de ne pas y arriver parce qu'elles ont de la misère à recruter de la main-d’œuvre. C'est toujours lié à un manque de main-d’œuvre en général. On le voit aussi en médecine spécialisée, par exemple.»

L'obstétrique

Un problème évoqué à maintes reprises reste l’obstétrique et Santé Québec signale qu’il y a des travaux en cours pour s’attaquer à l'offre en obstétrique qui peuvent mener à la pire des situations, soit de devoir transporter une patiente enceinte sur de longues distances. «Dans notre processus de bris de service, il y a plusieurs étapes. On essaie l'équipe volante, on essaie parfois l'appel à tous; est-ce que d'autres établissements peuvent soutenir? Malheureusement, en dernier recours, il arrive des corridors de service où je dois envoyer une femme enceinte dans une autre région ou dans une installation de sa région qui, malheureusement, dans des régions comme l'Abitibi et la Côte-Nord sont parfois très loin.»

Il est difficile d’évaluer le taux d’évitement de bris de service de 77 % à l’été 2025, parce qu’il n’existe pas de données comparatives pour les années précédentes. Cette fois, il sera possible de comparer puisque l’on travaillera avec exactement les mêmes données que l'an dernier.

Comme l’objectif de Santé Québec est de faire mieux d’année en année, on saura à la fin de la saison estivale si la société d’État a passé le test de l’amélioration continue.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne