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Les femmes médecins de famille en Ontario passent plus de temps avec leurs patients

durée 18h10
14 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Une nouvelle étude révèle que les femmes médecins de famille en Ontario passent plus de temps avec leurs patients que leurs collègues masculins et, dans de nombreux cas, gagnent par conséquent moins d'argent.

Cette étude, publiée mercredi dans la revue «Canadian Family Physician», indique que les femmes médecins de famille consacrent de 15 à 20 % plus de temps à leurs patients que leurs homologues masculins, d'après les résultats d'une enquête menée entre août et octobre 2023 auprès de plus de 1050 médecins.

Cela représente environ quatre minutes de plus par patient pour le type d'examen le plus courant.

L'étude indique que cela équivaut à un écart salarial annuel de 45 500 $ entre les sexes.

Pour combler cet écart, les femmes médecins de famille devraient travailler environ deux heures supplémentaires par jour, selon les auteurs.

Des chercheurs de l'Association médicale de l'Ontario et de l'Université McMaster ont cherché à savoir si le système de rémunération à l'acte, dans lequel les revenus sont basés sur le type et le volume des services fournis, désavantage les médecins qui passent plus de temps avec leurs patients.

La présidente de l'Association médicale de l'Ontario, la Dre Zainab Abdurrahman, affirme que le problème du système actuel est qu'il récompense le volume et conduit à passer moins de temps avec les patients.

«Nous ne devrions pas pénaliser les médecins qui font ce dont les patients ont vraiment besoin dans le système», dénonce-t-elle.

La Dre Kim Lazar, médecin de famille au North York General Hospital, rapporte qu'elle réserve souvent des consultations d'une demi-heure, plutôt que les 15 minutes habituelles, afin de répondre aux besoins complexes de ses patients.

«Il est évident que les patients qui ont des besoins complexes en matière de santé et des problèmes de santé mentale, ce qui entraîne des consultations plus longues et plus fréquentes, préfèrent ce type de soins», déclare-t-elle.

C'est ce qu'elle a constaté dans sa propre expérience, car beaucoup de ses patients souffrent de troubles alimentaires et de dépression.

«Nous devons nous réjouir du fait que les femmes médecins de famille fournissent des soins plus centrés sur le patient et ne pas pénaliser les femmes médecins de famille pour cela», indique Mme Lazar.

Une étude publiée en 2016 a montré que les patients qui consultent des femmes médecins sont moins susceptibles de se rendre aux urgences et d'être hospitalisés. Ces conclusions sont basées sur une analyse transversale menée en Ontario.

«Les heures supplémentaires consacrées aux services peuvent s'expliquer par des modèles de communication liés au genre. Des recherches ont montré que les femmes médecins ont tendance à avoir des discussions plus longues et à adopter une approche plus empathique et axée sur le partenariat dans les soins», indique l’étude.

Le modèle de rémunération à l'acte n'est qu'une des nombreuses structures de rémunération des médecins de famille en Ontario. Un modèle de rémunération actualisé, qui sera proposé à partir du mois d'avril, permettra aux médecins de famille de facturer le temps consacré aux soins directs et indirects des patients et à l'administration clinique.

Selon Mme Abdurrahman, ces modèles de rémunération mixtes constituent un moyen de supprimer des désavantages structurels pour les médecins qui pratiquent une médecine davantage centrée sur le patient.

«Dans ce contexte où la désinformation se répand à un rythme alarmant, il est nécessaire de pouvoir établir ce type de relations», estime-t-elle.

- La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Hannah Alberga, La Presse Canadienne