Le rôle de la vitamine K dans la formation des os est mieux compris

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — La vitamine K est une composante importante de l'équilibre qui doit exister entre la dégradation et la formation des os afin d'assurer la solidité de l'ossature, démontrent des travaux réalisés à l'Institut de recherches cliniques de Montréal.
En résumé, les chercheurs ont constaté que la vitamine K est impliquée dans le mécanisme qui permet aux ostéclastes (les cellules responsables de l'élimination du tissu osseux inutile) et aux ostéoblastes (les cellules responsables de la création d'un nouveau tissu osseux) d'agir en équilibre les unes avec les autres.
«C'est connu que les ostéoclastes vont envoyer un signal aux cellules pré-ostéoclastiques qu'il faudrait bien créer des ostéoclastes pour résorber l'os, a dit le professeur Mathieu Ferron, de l'IRCM. C'est comme ça qu'on a découvert qu'il y a dans les ostéoblastes une protéine qui est modifiée par la vitamine K, mais qui affecte les ostéoclastes.»
La vitamine K est un micronutriment qu'on obtient uniquement par le biais de l'alimentation. Elle est surtout connue pour son rôle dans la coagulation, et elle tire d'ailleurs son nom du mot allemand 'koagulation'.
Depuis quelques années, a dit le professeur Ferron, des études épidémiologiques laissaient entendre que des carences en vitamine K pouvaient augmenter le risque de fractures chez certaines populations plus à risque, comme les femmes ménopausées, mais le mécanisme responsable n'était pas vraiment compris.
D'autres études ont ensuite montré qu'une supplémentation en vitamine K réduisait le risque de fracture, mais sans pour autant augmenter la densité osseuse, ce qui paraissait contradictoire.
Lors d'expériences en laboratoire avec des souris génétiquement modifiées, l'équipe montréalaise a constaté qu'il était possible de modifier la «communication» entre les ostéoclastes et les ostéoblastes en retirant une enzyme à ces dernières, a expliqué le professeur Ferron.
D'autres tests ont ensuite montré que cette protéine augmentait le nombre d'ostéoclastes obtenu quand on l'ajoutait à une culture de cellules osseuses.
Et qui dit davantage d'ostéclastes dit aussi davantage de résorption osseuse, a souligné le professeur Ferron.
«Si la résorption osseuse est trop activée, on perd de l'os et c'est ça qui arrive dans l'ostéoporose, a-t-il expliqué. Dans le fond, l'ostéoporose, c'est une maladie où il y a trop de résorption osseuse.»
Cette étude, estime le professeur Ferron, «permet de mieux comprendre comment la vitamine K agit sur les cellules osseuses», par exemple en expliquant possiblement comment une carence en vitamine K peut augmenter le risque de fracture sans effet majeur sur la densité osseuse.
«Et un jour, ça pourrait mener à des thérapies plus ciblées», a-t-il conclu.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Bone Research.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne