La majorité d'une Première Nation forcée d'évacuer en raison de problèmes d'eau

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Par La Presse Canadienne, 2026
Seules quelques centaines de personnes demeurent dans la communauté d'une Première Nation du nord de l'Ontario après que des défaillances des systèmes locaux d'approvisionnement en eau et d'égouts ont forcé de nombreux résidents à évacuer leurs résidences.
Le directeur général de la Première Nation de Kashechewan, Tyson Wesley, a indiqué qu'environ 400 personnes resteraient dans cette communauté de 2200 membres d'ici dimanche.
Les autorités de cette communauté isolée, située sur la rive ouest de la baie James, ont déclaré l'état d'urgence le 4 janvier après que des dommages aux infrastructures ont créé un problème urgent de santé et de sécurité publique. Des eaux usées se sont infiltrées dans les maisons et ont contaminé les systèmes d'eau potable.
«Je crois que quatre avions décollent aujourd'hui, et nous en recevons cinq ou six par jour», a déclaré M. Wesley, lors d'une entrevue samedi.
«Nous avons eu des problèmes avec l'infrastructure des égouts. Les eaux usées se sont accumulées dans la station de traitement, ce qui a perturbé le processus de filtration de l'eau. Nous avons donc dû couper l'approvisionnement en eau de la communauté.»
M. Wesley a expliqué qu'une inondation d'eaux usées avait touché la seule clinique de la communauté, l'obligeant à fermer ses portes.
«La clinique n'était pas sûre et nous avons dû créer une clinique temporaire pendant que nous évacuions les gens de la communauté», a-t-il déclaré.
M. Wesley a ajouté que de nombreuses personnes étaient tombées malades ces dernières semaines et que huit d'entre elles avaient été déclarées positives à une infection parasitaire.
«Nous avons constaté un nombre élevé de cas de troubles gastro-intestinaux dans la communauté et nous avons demandé aux autorités de la santé d'intensifier les tests afin d'en comprendre la cause», a-t-il indiqué.
«Les analyses de selles ont révélé que huit personnes pourraient avoir contracté une cryptosporidiose.»
Il a affirmé que d'autres résultats d'analyses étaient attendus prochainement, et que les autorités de la santé espèrent qu'ils permettront de déterminer l'origine de l'infection.
«Nous effectuons des analyses complémentaires de l'eau, dans notre station d'épuration, afin de rechercher spécifiquement cette bactérie», a-t-il expliqué.
«Nous en saurons plus la semaine prochaine.»
Il a indiqué que les personnes restées dans la communauté dépendent de l'eau embouteillée pour boire, cuisiner et se doucher.
«Nous continuons de recevoir de l'eau embouteillée», a-t-il précisé.
«Nous attendons toujours la fin des réparations à notre usine de traitement des eaux et à nos infrastructures, ainsi que la réparation et le nettoyage de la clinique.»
Services aux Autochtones Canada a dit donner la priorité à l'évacuation de 500 personnes vulnérables et avoir retenu les services d'une entreprise spécialisée dans la gestion de l'eau et des eaux usées afin de résoudre les problèmes ayant entraîné la fermeture de l'usine de traitement des eaux de la Première Nation.
Les résidents de Kashechewan évacués vers Niagara Falls, Timmins, Kapuskasing et Kingston sont soulagés de pouvoir à nouveau utiliser l'eau du robinet, a affirmé M. Wesley, mais ils souhaitent rentrer chez eux au plus vite.
«Ils peuvent donner le bain à leurs bébés, et je sais que c'est un grand soulagement comparé à la situation dans une communauté où on limite sa consommation d'eau, où on cuisine avec de l'eau en bouteille et où on baigne ses bébés et ses enfants avec des bouteilles d'eau», a-t-il déclaré.
M. Wesley a indiqué que sa communauté avait été évacuée à plusieurs reprises depuis 2005 en raison des inondations printanières.
«La glace sur la rivière se brise et se dirige vers la baie où nous sommes situés. L'endroit où le gouvernement nous a installés n'est pas vraiment approprié, car il s'agit d'une zone inondable», a-t-il détaillé.
«Notre communauté est évacuée chaque année, en commençant par les personnes les plus vulnérables, car le système censé nous protéger n'offre pas de garanties en cas d'inondation.»
Maan Alhmidi, La Presse Canadienne