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La C.-B. nomme des médiateurs dans le conflit de travail des infirmières

durée 17h01
10 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

PRINCE GEORGE — Deux médiateurs ont été nommés pour aider à régler le conflit concernant les infirmières de Colombie-Britannique, mais cela n'empêchera pas ces dernières d'intensifier leur mouvement de grève.

Adriane Gear, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers de la Colombie-Britannique, a déclaré vendredi qu’elle se félicitait de la nomination de Vince Ready et d’Amanda Rogers en tant que médiateurs spéciaux chargés de travailler avec les parties.

«Mais nous allons poursuivre notre action syndicale, du moins pour l'instant, a indiqué Mme Gear. C'est la décision que nous avons prise. Je pense que nous pouvons toujours changer d'avis, mais les éléments dont nous disposons ne sont pas suffisants pour que nous cessions d'exercer la pression que nous exerçons actuellement.»

Les médiateurs disposeront de dix jours pour tenter de parvenir à un accord et, si cela s’avère impossible, ils pourront formuler des recommandations à l’intention du gouvernement afin de mettre fin au conflit.

M. Ready possède une longue expérience dans la province en matière de résolution de certains des conflits les plus épineux, et Mme Gear a dit qu’elle recommanderait au comité exécutif du syndicat de donner son feu vert à la médiation.

Cependant, on ne sait pas encore quand la médiation débutera ni dans quelle mesure elle pourrait aboutir, a précisé Mme Gear.

Le syndicat s’engagera pleinement dans la médiation et fera tout son possible pour parvenir à une solution, a-t-elle énoncé.

«Mais je ne sais pas comment cela va se passer si nous n’avons pas la possibilité d’envisager des solutions qui sortent du cadre de notre mandat.»

D'autres mesures à considérer

Les problèmes auxquels sont confrontées les infirmières, tels que les conditions de travail, le manque de personnel et la sécurité, nécessitent des mesures qui vont au-delà de l’aspect financier, a-t-elle souligné.

«Ainsi, lorsqu’on parle d’un mandat qui porte uniquement sur l’aspect financier, et qu’il s’agit d’une augmentation salariale générale, cela ne suffit pas pour résoudre certains de ces problèmes systémiques auxquels les infirmières sont confrontées chaque jour», a-t-elle commenté.

Mme Gear a expliqué que les problèmes auxquels sont confrontées les infirmières se sont accumulés au fil des années et ne disparaîtront pas du jour au lendemain d’un simple coup de baguette magique.

Le syndicat a mis en place des actions ciblées la semaine dernière, avec l’interdiction des tâches non infirmières et des heures supplémentaires non essentielles.

Si bon nombre des 60 000 infirmières syndiquées sont couvertes par des accords relatifs aux services essentiels, celles qui ne sont pas en service ont organisé des piquets de grève devant des centres de soins à Surrey et à Vancouver.

Le syndicat a annoncé jeudi qu’il intensifierait son action syndicale en étendant les piquets de grève à d’autres centres de soins à travers la province.

Mme Gear, qui s’exprimait vendredi depuis le piquet de grève devant le Surrey Memorial Hospital, a annoncé que le syndicat mettrait en place un piquet de grève devant le Victoria General Hospital dimanche.

«Lundi, nous mettrons en place un piquet de grève à l’hôpital régional de Nanaimo, puis mardi, nous en installerons au Royal Jubilee Hospital (à Victoria), ainsi qu’au South Island Surgical Centre», a-t-elle précisé.

La Colombie-Britannique compte à tout moment entre 4500 et 6000 postes permanents vacants, une pénurie qui compromet la sécurité des infirmières, a-t-elle souligné.

«Nous souffrons d’un manque chronique de personnel, et, dans de nombreuses situations, cela compromet la sécurité», a-t-elle ajouté.

Le gouvernement, a-t-elle dit, ne pourra pas pourvoir ces postes s’il ne rend pas la profession elle-même plus attrayante.

«C’est un peu le problème de l’œuf et de la poule, a-t-elle déclaré. À moins de s’attaquer à la violence au travail, à moins de prendre des mesures concrètes pour reconnaître et fidéliser les infirmières et infirmiers déjà en poste, à moins d’élaborer un plan visant à former beaucoup, beaucoup plus de jeunes de cette province à embrasser cette profession, quelle voie peut-on envisager pour aller de l’avant?»

Le premier ministre David Eby a d’abord annoncé qu’un médiateur interviendrait dans le conflit lors d’une conférence de presse sans rapport avec ce sujet, à Prince George.

«Je ne veux pas préjuger des discussions qui auront lieu à la table des négociations, a énoncé M. Eby. Je sais que nous partageons l’objectif de veiller à ce que les infirmières soient respectées et appréciées au sein de notre système, et qu’elles puissent reprendre pleinement le travail pour prendre en charge les patients en Colombie-Britannique. Tel sera notre objectif lors des négociations.»

Ce conflit social a attiré l’attention sur les enjeux liés à la profession, tels que les conditions de travail et la sécurité, entre autres, a-t-il dit.

Le premier ministre a indiqué que, bien que le gouvernement ait pris des mesures pour tenter d’atténuer certaines de ces pressions, notamment en ce qui concerne les ratios infirmières/patients et la sécurité, il reste encore des problèmes à résoudre.

«Les infirmières sont le ciment qui maintient en place un système soumis à une pression incroyable, et elles méritent d’être reconnues pour cela», a-t-il déclaré.

Mme Gear a indiqué que les commentaires de M. Eby montraient qu’il suivait ces questions, au moins à un niveau général, mais que le gouvernement devait faire preuve de responsabilité dans la gestion des problèmes systémiques.

«Mes membres se sentent épuisés, a-t-elle commenté. Ils ont l’impression d’avoir conclu d’autres accords, dans lesquels des engagements ont été pris, et pourtant, notre charge de travail ne cesse de s’alourdir.»

La Presse Canadienne