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L'Ontario va de l'avant avec la réforme de la résidence en médecine

durée 22h30
17 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — L'Ontario s'apprête à inscrire dans la loi une mesure qui donnerait la priorité, pour les postes de résidence médicale, aux candidats ayant un lien avec la province.

Le ministère de la Santé a fait la une des journaux la semaine dernière pour avoir annulé une politique presque identique alors qu'un procès était en cours à ce sujet, mais il a en réalité retiré cette politique afin de la transposer dans la loi.

La ministre de la Santé, Sylvia Jones, a mentionné qu'elle souhaitait donner la priorité aux Ontariens, y compris aux personnes originaires de la province qui sont peut-être parties étudier la médecine à l'étranger, mais qui souhaitent revenir chez elles pour exercer.

Cette législation s'alignerait sur les approches adoptées en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard, a souligné Mme Jones.

«Nous avons légèrement peaufiné le programme (...) pour l'aligner sur celui de trois autres provinces canadiennes», a-t-elle expliqué lors d'une entrevue.

«Nous avons renforcé la définition, pour la rendre plus cohérente avec ce que font les autres provinces depuis plusieurs années. Et en l’inscrivant dans la loi plutôt que dans une politique, il est désormais très clair qu’il s’agit d’une orientation du gouvernement, et non d’une simple suggestion», a-t-elle précisé.

Un processus en deux phases permet de jumeler les diplômés en médecine avec des postes de résidence. La politique désormais abrogée aurait réservé des places de première phase aux diplômés internationaux ayant fréquenté une école secondaire en Ontario pendant au moins deux ans.

La nouvelle politique proposée garantirait un volet dédié au premier tour pour les diplômés internationaux en médecine ayant fréquenté une école secondaire en Ontario pendant au moins deux ans, ou ayant suivi des cours en présentiel dans une université ontarienne pendant au moins deux ans, ou ayant résidé en Ontario pendant au moins vingt-quatre semaines au cours de l’année précédant leur candidature.

Divers groupes médicaux, dont l’Association médicale canadienne et le Collège des médecins de famille du Canada, ont critiqué la politique initiale lors de sa mise en place l’automne dernier, en particulier le fait qu’elle ait été introduite en cours de processus de candidature.

Mme Jones a reconnu lors de l'entrevue qu'il y avait eu des «critiques justifiées» concernant le fait que ce changement intervenait en cours de processus, mais a mentionné que l'objectif principal de cette modification réglementaire était de donner aux Ontariens qui ont quitté le pays une occasion de revenir.

«De nombreux étudiants et jeunes, pour toutes les bonnes raisons, parce qu’ils voulaient entamer leur carrière médicale, sont partis à l’étranger pour commencer leurs études de médecine, et le moment et le lieu les plus naturels pour eux de revenir, c’est vraiment lorsqu’ils peuvent postuler à ces places de résidence», a-t-elle avancé.

La présidente de l’Association médicale de l’Ontario, la Dre Zainab Abdurrahman, craint que, même avec des critères d’éligibilité élargis, les nouvelles règles continuent de dissuader les médecins internationaux d’exercer dans cette province.

«Nous estimons simplement que restreindre l’accès au premier tour du processus de jumelage risque toujours d’exclure des médecins qualifiés, formés à l’étranger, qui sont prêts à prendre en charge des patients», a-t-elle affirmé.

«Nous reconnaissons qu’il est important de faire revenir les étudiants ontariens pour qu’ils exercent la médecine familiale dans notre province, mais nous devons rester vigilants face aux conséquences imprévues de cette politique», a-t-elle ajouté.

Cette politique a fait l’objet d’une contestation devant les tribunaux pour des motifs constitutionnels, et Mme Jones estime que les nouvelles règles telles qu’elles sont rédigées dans le projet de loi à venir sont solides.

«Nous pensons qu’en l’intégrant dans la législation, en l’alignant sur d’autres juridictions canadiennes qui utilisent les mêmes définitions depuis de nombreuses années, nous sommes – comment dire – moins susceptibles d’aller devant les tribunaux», a soutenu la ministre.

Allison Jones, La Presse Canadienne