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Jour 11: Fréchette est attaquée sur sa décision de convoquer un conseil des ministres

Jour 11: Fréchette est attaquée sur sa décision de convoquer un conseil des ministres
Photo: La Presse Canadienne, 2026

La décision controversée de Christine Fréchette de convoquer un conseil des ministres concernant la guerre commerciale avec les États-Unis, lundi, a porté une ombre sur la 11e journée de campagne électorale au Québec. Dimanche, ses principaux rivaux ont parlé d'«improvisation» et d'utilisation par la cheffe caquiste de l'«épouvantail Trump». Sur le terrain de la campagne, il a été question de la découvrabilité des contenus francophones, du mode de scrutin, de transport et d'activité physique.

Mme Fréchette ne faisait pas campagne, dimanche, et, comme l'a annoncé d'abord Radio-Canada, elle mettra son chapeau de première ministre pour une réunion spéciale virtuelle de son conseil des ministres lundi.

Le lendemain marque l'entrée en vigueur des droits de douane canadiens de rétorsion sur une multitude de produits provenant des États-Unis, en réplique aux droits de douane américains sur les produits canadiens.

Le gouvernement du Québec avait déjà annoncé un certain nombre de mesures pour aider les entreprises à faire face aux impacts des droits de douane.

Irrité par cette décision de Mme Fréchette en pleine campagne électorale, le chef libéral, Charles Milliard, l'a accusée de faire du «théâtre», s'attendant lundi à une démonstration de «gens alignés autour d'une table qui vont nous dire qu'ils sont là pour les Québécois». Or, M. Milliard estime que la Coalition avenir Québec aurait pu en faire beaucoup plus durant ses années au gouvernement pour aider les entreprises et les travailleurs.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s'est aussi braqué à l'égard de la façon de faire de Mme Fréchette, s'inquiétant pour l'intégrité du processus électoral. Il a ainsi demandé qu'en cas de nouvelle riposte américaine, tous les chefs de parti québécois soient tenus informés «directement» des développements par le premier ministre Mark Carney.

M. St-Pierre Plamondon a accusé Mme Fréchette d'utiliser «l'épouvantail Trump» pour que les électeurs détournent le regard du bilan de la CAQ.

Le chef conservateur Éric Duhaime est allé jusqu'à qualifier Mme Fréchette de «profiteuse», y voyant essentiellement «une opération marketing de la CAQ».

La porte-parole solidaire Ruba Ghazal a été plus nuancée dans ses propos, reconnaissant que Mme Fréchette est la première ministre et qu'elle tient ses réunions sous ce titre.

«Ce que je lui demande, c'est qu'est-ce qu'elle propose en lien avec les tarifs pour les travailleurs et les travailleuses?» a-t-elle mentionné peu après une annonce devant l'Assemblée nationale.

QS veut un nouveau mode de scrutin

Québec solidaire a dit qu'il souhaitait réformer le mode de scrutin dans les 100 premiers jours du mandat d'un gouvernement solidaire avec un système proportionnel mixte compensatoire.

Les porte-parole solidaires, Ruba Ghazal et Sol Zanetti, ont présenté leur vision des choses devant l'Assemblée nationale du Québec, disant vouloir «que chaque vote compte réellement».

L'électeur se rendrait, comme d'habitude, au bureau de scrutin, mais aurait deux votes à faire: celui pour le candidat qu'il souhaite voir député et l'autre pour le parti qu'il veut voir gouverner.

En ce qui a trait au deuxième bulletin, il permettrait de créer une liste de députés «répartis dans les partis pour que le pourcentage de vote reflète le pourcentage de sièges à l'assemblée».

Les porte-parole solidaires ont également annoncé qu'ils veulent mettre en place des référendums d’initiative populaire pour permettre aux citoyens «de modifier ou de bloquer ou d'ajouter l'adoption d'une loi, d'un projet ou d'une mesure en déclenchant un référendum populaire».

À Trois-Pistoles, Mme Ghazal a proposé des mesures d'achat local pour aider les producteurs agricoles touchés par la guerre tarifaire.

Le PQ fait des annonces en culture

De son côté, le PQ a fait des annonces en matière de culture, disant vouloir «négocier» avec les grandes plateformes comme Netflix et Spotify pour les amener à diffuser environ 30 % de contenu francophone.

Le Québec ne s'était pas avancé encore sur un chiffre. Le chef péquiste a dit dimanche qu'un gouvernement du PQ allait voir «comment on peut trouver un terrain d'entente qui nous approche de (...) l'Europe, autour du 30 %».

Paul St-Pierre Plamondon a parlé de «rencontres», de «négociations» et de «voies de passage» avec les grandes plateformes américaines, mais pas de pénalités.

Aussi, le PQ a présenté des mesures afin de favoriser l’accès des jeunes à la culture québécoise et mieux accompagner les artistes.

Il propose notamment de mettre en place un «2 pour 1», c'est-à-dire qu'après l’achat d’un premier billet, un jeune de 25 ans et moins pourrait obtenir un deuxième billet gratuit dans la même institution culturelle; d'injecter 8 millions $ par année dans le fonds pour l’achat de livres pour les élèves du Québec; et de porter les crédits du Conseil des arts et des lettres du Québec à 200 millions $ pour les cinq prochaines années.

Par ailleurs, le PQ a eu une mauvaise nouvelle en fin de journée: le candidat du parti dans la circonscription de Portneuf, dans la région de la Capitale-Nationale, Christian Hébert, s’est retiré de la campagne électorale pour «différentes circonstances personnelles».

M. St-Pierre Plamondon a salué «son engagement» et a fait savoir qu’un autre candidat sera choisi pour remplacer M. Hébert.

Promesse en transport du PLQ

Le chef libéral était en Outaouais dimanche pour promettre de compléter l'élargissement de l'autoroute 50 d’ici dix ans, estimant le coût du projet à 250 millions $.

L'élargissement de l’autoroute 50 – rebaptisée Guy-Lafleur en 2023 – a fait l'objet de nombreuses promesses par les précédents gouvernements. En 2022, la CAQ s'est engagée à le réaliser dans un horizon de dix ans. Le projet a été mis sur pause, faute de budget.

Charles Milliard a réitéré des enjeux de sécurité importants quant à cette autoroute qui relie Gatineau à Mirabel sur environ 158 kilomètres.

Plus tard dimanche, le chef libéral a fait une annonce en agriculture. Les libéraux proposent notamment de réformer le «Fonds vert afin que l’argent provenant du secteur agricole ne soit pas utilisé à d’autres fins» et de redistribuer 560 millions $ sur quatre ans aux agriculteurs.

Le «Passe Sport» du chef du PCQ

Le chef conservateur Éric Duhaime a promis un rabais jusqu'à 100 $ par année pour s'inscrire à une activité sportive, nommé «Passe Sport».

Le rabais serait proposé à chaque Québécois dont le revenu familial est inférieur à 100 000 $. Le Parti conservateur du Québec estime que près de 1,3 million de personnes pourraient en bénéficier.

Il ne s'agira pas d'un montant donné directement aux familles, mais plutôt d'un portail accessible par l'entremise du service gouvernemental d'authentification.

Le rabais pourra servir à payer une inscription sportive, pour rejoindre, par exemple, une équipe de hockey, un abonnement à un centre d’entraînement, ou encore une activité proposée par une municipalité.

Le parti a précisé que le volet activité physique dans le crédit d'impôt pour activités des enfants sera supprimé avec l'arrivée du Passe Sport.

Le PCQ compte également augmenter le nombre de périodes d’éducation physique au primaire et au secondaire et ramener un quatrième cours au cégep.

Finalement, les conservateurs souhaitent aussi instaurer des tests physiques annuels et standardisés dans les écoles pour mesurer les progrès des élèves, donnant l'exemple du test du «bip».

— Avec des informations de Caroline Plante, Thomas Laberge et Audrey Sanikopoulos de La Presse Canadienne

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