Fréchette a peu d'appétit pour des États généraux sur l'éducation
LONGUEUIL — La cheffe caquiste Christine Fréchette est plutôt réticente à l'idée d'organiser des États généraux sur l'éducation pour entreprendre une réflexion et une réforme du système actuel.
Lors d'une assemblée publique qui ressemblait davantage à une activité partisane à Longueuil dimanche, elle a répondu à la question d'un participant qui réclamait un grand sommet de ce genre pour résoudre des enjeux sérieux dans le réseau.
«Est-ce la meilleure solution? Je me questionne», a répondu Mme Fréchette à Cherif Milky, un conseiller pédagogique qui travaille dans une école.
La cheffe caquiste a rappelé qu'elle avait pris part aux derniers États généraux en 1995 et qu'elle n'était pas convaincue des résultats.
«C'était beaucoup d’énergie pour un résultat qui n'était pas à la hauteur de ce qui était déployé», a-t-elle témoigné.
M. Milky a déploré un «décalage entre les orientations ministérielles et ce qui se passe sur le terrain», sur de nombreux plans, «pratiques d'enseignement, pratiques d'évaluation, développement des compétences sociales», etc.
C'est laissé au bon gré des écoles, pour reprendre ses mots.
«On ne sent aucun leadership du ministère de l'Éducation (...), les orientations ne sont pas respectées» dans les écoles, «c'est en train de tourner dans le mauvais sens», a-t-il regretté.
Lui-même enseignant de formation, le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a remis en doute aussi l'utilité de l'exercice de consultation.
«Je ne suis pas fermé, mais je ne vois d'urgence à faire des États généraux», a-t-il plaidé en mêlée de presse après l'activité.
Les parents, les enseignants, les élèves, réclament plus d'aide, plus de décentralisation, des budgets stables, mais pas d'États généraux, a ajouté M. Roberge.
«Les États généraux, c'est une réflexion, mais où ça nous mènerait? On ne le sait pas», a-t-il conclu.
Pas plus tard que cette semaine, la CSQ ainsi que d'autres organisations du milieu de l'éducation ont réclamé de nouveaux États généraux sur l'éducation.
Le Parti libéral (PLQ) s'est engagé pour sa part à organiser des États généraux s'il forme le prochain gouvernement.
C'était la première assemblée publique à laquelle participait Mme Fréchette.
Elle a été accueillie chaleureusement avec une ovation debout et des acclamations.
Une des participantes qui a posé des questions, Mélanie Gauthier, s’est elle-même présentée comme une «militante de la CAQ» depuis plusieurs années.
Le ministre de la Langue française et député sortant de Chambly, Jean-François Roberge, a dit ne pas avoir été impliqué dans l'organisation de l'activité, mais que ce n'était pas non plus une activité partisane.
«La salle n'était pas complaisante, il y a eu des questions sur des choses qu'on a faites, la première ministre n'était pas au courant des questions», a-t-il dit en mêlée de presse.
Une porte-parole de la CAQ a précisé que l'organisation avait été confiée à une firme externe qui avait transmis des invitations aux citoyens avec des appels automatisés, mais que le lien pour s'inscrire à l'activité avait aussi été acheminé aux membres de la CAQ dans les circonscriptions environnantes.
Patrice Bergeron, La Presse Canadienne

