Donald Trump nie avoir exigé des concessions sur le français lors des négociations
Le président des États-Unis, Donald Trump, nie avoir exigé des concessions sur le français lors des négociations commerciales avec Ottawa, qui ont pris fin dans la discorde ces derniers jours.
Sur son compte Truth Social, mardi matin, M. Trump a soutenu qu'il «n’empêcherait jamais les Canadiens de parler français», ajoutant qu'il n'a «même jamais songé à faire une chose aussi stupide».
«Ce mensonge a été inventé par un premier ministre faible et inefficace dans le but de regagner le soutien politique de la population québécoise, qu’il a totalement perdu», a plaidé le président républicain en faisant référence au premier ministre Mark Carney.
«J'adore les Canadiens français», a-t-il conclu.
Vendredi dernier, M. Carney a suspendu les négociations commerciales avec les États-Unis, accusant ces derniers d'avoir introduit de nouvelles demandes à la dernière minute.
Selon ses dires, Washington faisait pression sur le Canada pour qu’il revienne sur sa position concernant des règles entourant la visibilité du contenu francophone et québécois sur les services de diffusion en ligne, comme Netflix.
Il a ajouté que l'étiquetage en français exigé par les lois québécoises figurait également sur la liste des points de friction avec les États-Unis.
Le printemps dernier, le rapport annuel américain sur les préoccupations commerciales avec les autres pays avait identifié le projet de loi 109 du Québec comme un sujet de discorde.
Ce projet de loi, qui a été adopté en 2025, impose aux entreprises de diffusion en continu de veiller à ce que du contenu en français soit disponible et mis de l'avant sur leurs plateformes.
La cote de popularité de M. Carney s’est maintenue entre 50 et 60 % tout au long de l’été, selon plusieurs sondages, tandis que celle de M. Trump aux États-Unis avoisine les 33 %, son niveau le plus bas depuis le début de ses deux mandats présidentiels.
Selon un sondage Angus Reid réalisé la fin de semaine dernière, la décision du gouvernement fédéral de se retirer des négociations commerciales a reçu un fort appui au sein de la population canadienne.
Lors de ce sondage en ligne, pour lequel aucune marge d’erreur ne peut être attribuée, 76 % des répondants canadiens — et 85 % des répondants québécois — ont soutenu que la décision du Canada de se retirer des discussions était la bonne.
Après l'échec des négociations, les États-Unis ont instauré une nouvelle série de droits de douane de 50 % sur les exportations canadiennes, visant des produits d’une valeur de 28 milliards $.
Le Canada imposera des droits de douane de rétorsion le 8 septembre. Ceux-ci viseront 700 produits, aux mêmes taux que les droits de douane américains. Les taux varient de 15 à 50 %.
Renommer le lac Ontario
M. Trump a fait plusieurs publications à propos du Canada sur Truth Social mardi, réitérant ses affirmations selon lesquelles le Canada «arnaque» les États-Unis.
Dans une autre publication, le président a affirmé que les États-Unis «envisagent sérieusement» de rebaptiser le lac Ontario «lac d’Amérique».
M. Trump a expliqué que les États-Unis ne comptent pas continuer à faire des affaires avec l’Ontario «encore très longtemps».
Une telle mesure rappellerait l'initiative unilatérale prise l'année dernière par le président républicain, qui avait, par décret, rebaptisé le golfe du Mexique «golfe d'Amérique».
Cette controverse avait conduit la Maison-Blanche à retirer à l’Associated Press certains privilèges de couverture du président, puisque l’agence de presse refusait d’utiliser l’appellation «golfe d’Amérique» dans ses dépêches.
Le lac Ontario — l’un des cinq Grands Lacs — est situé entre l’Ontario et l’État de New York. La province tire son nom du lac.
Le sénateur Tim Kaine, un démocrate de Virginie, a réagi à cette idée de Donald Trump, écrivant sur les réseaux sociaux: «Alors que des soldats américains sont tués et blessés à l’étranger, et que nos familles et nos entreprises paient plus cher pour tout à cause de droits de douane idiots et de guerres, voilà ce qui obsède notre Cher Leader!»
Kelly Geraldine Malone et Mathieu Paquette, La Presse Canadienne

