Appel à la réouverture de l'enquête sur la mort de Tatyanna Harrison en C.-B.
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Par La Presse Canadienne, 2026
VANCOUVER — La mère de Tatyanna Harrison et plusieurs associations de défense des droits, dont l’Union des chefs indiens de Colombie-Britannique, réclament la réouverture de l’enquête sur la disparition et la mort de la jeune femme, survenues il y a quatre ans.
Ces appels font suite à une enquête menée la semaine dernière par le coroner de la Colombie-Britannique, qui a conclu que la cause du décès de cette jeune femme autochtone de 20 ans, survenu le 1er mai 2022, était indéterminée, ce qui, selon ces associations, contredit les conclusions précédentes du bureau du coroner.
«Je suis reconnaissante envers le jury, mais ces recommandations, vous êtes passés à côté de beaucoup de choses», a commenté sa mère, Natasha Harrison, lors d’une conférence de presse lundi.
Elle a déclaré que les enquêtes sur la disparition et le décès de sa fille «reposaient sur des hypothèses».
«J’ai complètement perdu confiance dans le fonctionnement des institutions. J’ai complètement perdu confiance dans la police. J’ai complètement perdu confiance dans le coroner», a-t-elle souligné.
Le corps de Tatyanna Harrison a été retrouvé sur un yacht mis en cale sèche à Richmond, en Colombie-Britannique, et les associations affirment que, bien qu’elle fût nue de la taille aux pieds, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas jugé qu'il s'agissait d'une mort suspecte.
«Je voudrais que l’affaire de ma fille fasse l’objet d’une enquête en bonne et due forme, menée par quelqu’un qui en a la volonté, quelqu’un qui s’en soucie», a déclaré Mme Harrison lors de la conférence de presse.
Elle a indiqué avoir vivement plaidé pour une deuxième autopsie et l’analyse d’une trousse de prélèvement en cas d’agression sexuelle, qui avait été recueillie six mois après la découverte du corps de sa fille. Cette trousse n’a jamais été analysée, a-t-elle précisé.
«Je veux la preuve que ma fille n’a pas été victime de traite, je veux la preuve qu’elle n’a pas été assassinée. C’est tout. C’est tout ce que j’ai demandé, c’est tout ce que j’ai toujours défendu», a énoncé Mme Harrison.
Sue Brown, conseillère juridique de Natasha Harrison, a indiqué que l’affaire devait être réexaminée à la lumière de ces conclusions, et que le service du coroner s’était trompé en attribuant initialement le décès à une intoxication médicamenteuse, puis à une septicémie.
Mme Brown a dit que parmi les questions restées sans réponse figuraient la manière dont Tatyanna Harrison s’était rendue à Richmond, avec qui, et surtout, comment elle était morte.
Elle a ajouté que les directives régissant les enquêtes de la GRC sur les décès sont claires: «Tous les décès devant faire l’objet d’un signalement doivent être traités comme suspects et faire l’objet d’une enquête approfondie.»
«Je pense que des hypothèses ont été formulées trop tôt et qu’ils n’ont pas respecté leur politique. Nous aimerions qu’ils s’y conforment», a-t-elle expliqué lundi.
Le jury du coroner a formulé huit recommandations à l’intention de la police et des autorités, notamment que le gouvernement revoie les normes policières afin de garantir une formation adéquate dans les cas de personnes disparues, et qu'il y ait intégration d'agents de liaison autochtones au sein des unités chargées des personnes disparues.
L’association de Mme Brown, «Justice for Girls», ainsi que le syndicat et l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, soutiennent l’appel lancé par Natasha Harrison à rouvrir l’enquête.
Mme Brown a indiqué que le jury n’avait formulé aucune recommandation concernant les questions relatives à l’enquête de la GRC sur le décès ni à l’intention du coroner.
«Nous demandons donc au ministère de la Sécurité publique et solliciteur général d’ordonner un examen des erreurs et des manquements commis par tous les organismes impliqués dans l’enquête sur le décès de Tatyanna Harrison, en particulier l’enquête sur les circonstances de sa mort, et de relancer les efforts d’enquête afin d’apporter des réponses à sa famille et de rétablir la confiance du public dans les forces de l’ordre et nos institutions chargées des enquêtes», a-t-elle énoncé.
Brieanna Charlebois, La Presse Canadienne