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Accès à un médecin: le gouvernement de la CAQ véhicule des «faussetés», accuse Fortin

durée 14h32
5 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Le gouvernement caquiste «véhicule des faussetés» lorsqu'il prétend que 500 000 Québécois seront pris en charge par un milieu de soins d'ici au 30 juin, estime le porte-parole libéral en santé, André Fortin.

Depuis quelques jours, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, claironne que l'entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le nouveau projet de loi 19 se traduiront par une meilleure «prise en charge».

Or, la FMOQ, elle, ne parle pas tant de «prise en charge» que de 500 000 «plages horaires» qui seraient libérées.

«Une prise en charge, ce n'est pas une plage horaire, c'est deux affaires complètement différentes, a souligné M. Fortin en point de presse à l'Assemblée nationale, jeudi. Une prise en charge, c'est (...) d'aller voir un médecin, un professionnel (...) qui (...) va faire des suivis.

«Ce n'est pas ça qui est proposé, là. Ce que (la FMOQ) nous dit, c'est que c'est 500 000 plages horaires de disponibles. Alors, on ne peut pas nous dire qu'il va y avoir 500 000 Québécois additionnels qui sont pris en charge.

«Ça, c'est donner des faux espoirs à la population, c'est véhiculer des faussetés. Le gouvernement a une responsabilité d'être honnête avec les Québécois plutôt que de faire accroire aux gens qu'ils vont avoir un accès qu'ils n'auront pas», a-t-il pesté.

À ce jour, environ 78 000 Québécois ont reçu une lettre leur disant qu'ils sont désormais «pris en charge». Mais ils doivent continuer de passer par le GAP pour les patients orphelins (en composant le 8-1-1) pour tenter d'obtenir un rendez-vous.

Avant les Fêtes, le premier ministre François Legault a cédé aux pressions des médecins de famille qui se hérissaient contre les mesures coercitives prévues dans la loi 2 et conclu une entente de principe avec eux.

L'inscription volontaire de 500 000 nouveaux patients (dont 180 000 vulnérables) d'ici juin 2026 s’accompagnerait d'un incitatif de 75 millions $. Le gouvernement bonifierait même de 14,5 % (435 millions $) l'enveloppe de rémunération des omnipraticiens.

Puis, mercredi, Mme Bélanger a présenté le projet de loi 19 pour amender la loi 2 afin qu'elle reflète l'entente de principe. C'est le deuxième projet de loi présenté par le gouvernement, après le projet de loi 16, qui vient corriger la loi 2.

«Il a essentiellement charcuté sa propre loi, mais il a aussi charcuté sa crédibilité», a affirmé M. Fortin. Le projet de loi 19, tel que rédigé, n'offrira «pas de gain pour les patients», a prédit à son tour le porte-parole en santé du Parti québécois, Joël Arseneau.

«C'est véritablement (...) un recul par rapport aux objectifs que le gouvernement s'était fixés. (...) L'objectif, c'était d'abord que tous les Québécois aient accès à un médecin de famille», a rappelé M. Arseneau.

Le cabinet de la ministre Bélanger n'a pas souhaité réagir, jeudi. Mais mercredi, il déclarait dans un communiqué: «Plus de 7,6 millions de Québécois auront accès à un médecin de famille ou à un groupe de médecins de famille d'ici le 30 juin 2026.»

Jeudi, au Salon rouge, M. Fortin a déposé une motion soulignant qu'en date du 15 janvier, 5,9 millions de Québécois avaient un médecin de famille attitré, comparativement à 6,3 millions en 2018.

C'est donc dire que moins de Québécois ont un médecin de famille depuis l'arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec, a-t-il déclaré. Les caquistes ont refusé de débattre de sa motion.

Caroline Plante, La Presse Canadienne