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Selon un rapport remis à Affaires mondiales Canada

Les voyageurs canadiens comprennent souvent mal le rôle des ambassades

durée 12h00
5 août 2026
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Par La Presse Canadienne

La plupart des voyageurs canadiens ne savent pas que les alertes aux voyageurs diffusées par Ottawa peuvent entraîner l'annulation de leur assurance voyage et ignorent comment les ambassades peuvent les aider lorsqu'ils se trouvent à l'étranger.

C'est ce que révèle un rapport remis en mars à Affaires mondiales Canada, qui indique aussi que peu de Canadiens recherchent de leur propre initiative des informations sur la sécurité ou la santé lorsqu’ils planifient leurs voyages.

«L’existence des services consulaires est connue, mais les répondants déclarent souvent ne les connaître que peu ou partiellement», indique le document.

Le ministère a chargé le cabinet d’études de marché Strategic Counsel de mener en janvier une enquête auprès de 1850 Canadiens afin de connaître leur niveau de connaissance des services consulaires ainsi que des avis et informations publiés par Ottawa pour aider les voyageurs à se préparer à leur départ.

Le cabinet a mené l’enquête en ligne et a pondéré les résultats en fonction des caractéristiques démographiques. Comme il a adopté une approche d’échantillonnage non probabiliste, il n’y a pas de marge d’erreur.

Seuls 28 % des répondants au sondage savaient que les modifications apportées au niveau de risque attribué par Ottawa à certaines destinations dans ses alertes aux voyageurs peuvent avoir une incidence sur la validité de l’assurance voyage, ce qui peut conduire les assureurs à refuser totalement ou partiellement les demandes d’indemnisation. Environ 56 % des personnes interrogées l'ignoraient, tandis que 16 % n’étaient pas certaines.

«Cet écart est significatif, car une mauvaise compréhension des implications en matière d’assurance peut exposer involontairement les voyageurs à des risques financiers et de sécurité», peut-on lire dans le document.

Le rapport indique que, chez de nombreux Canadiens, «des idées fausses persistent concernant les conditions d’admissibilité, l’aide financière et les limites des interventions gouvernementales à l’étranger».

Seul un tiers des personnes interrogées savait, par exemple, qu’Ottawa peut fournir de l’aide financière dans des situations d’urgence ou exceptionnelles, comme un prêt pour quitter un lieu dangereux. Environ 43 % des personnes interrogées n’étaient pas sûres sur ce point.

De même, 42 % des personnes interrogées ne savaient pas si Ottawa prenait en charge les frais d’inhumation, de crémation ou de rapatriement de la dépouille au Canada. Seuls 39 % des répondants ont indiqué correctement qu’il ne s’agit pas d’un service offert par Ottawa.

Alors que 52 % des personnes interrogées savaient que les ambassades canadiennes n’aident pas les gens à trouver un emploi à l’étranger, 36 % n’en étaient pas sûres et 12 % pensaient à tort qu’il s’agissait d’un service offert par Ottawa.

«Les données suggèrent que les Canadiens ont souvent tendance soit à surestimer leur mandat (par exemple, en présupposant une intervention dans les systèmes juridiques étrangers au-delà de ce qui est réellement possible), soit à sous-estimer le soutien disponible (par exemple, en ignorant l’existence de canaux d’aide ou de mécanismes financiers)», indique le rapport.

«En situation de crise, des présuppositions inexactes (qu’elles soient exagérées ou sous-estimées) peuvent entraîner de la frustration, un retard dans la prise de contact ou une dépendance inappropriée à des formes d’assistance non disponibles.»

Conseils aux voyageurs

Le rapport révèle que, bien que les Canadiens soient réceptifs aux conseils aux voyageurs, rares sont ceux qui consultent de manière proactive les informations publiées par Ottawa ou s’inscrivent pour recevoir des mises à jour.

«Malgré la popularité des voyages, pour de nombreux Canadiens, la consultation des renseignements officiels du (gouvernement) concernant les risques et les avertissements relatifs aux voyages n’est pas encore intégrée en tant qu’étape systématique à la préparation d’un voyage et ne figure parmi leurs priorités», précise-t-il.

Le gouvernement fédéral recommande à tous les Canadiens voyageant à l’étranger d’informer Ottawa de leurs projets via la base de données «Inscription des Canadiens à l'étranger», qui permet aux ambassades d’envoyer des informations de sécurité par courriel et message texte.

Ces messages peuvent porter sur des sujets aussi variés que la conduite à tenir après une attaque terroriste en Europe, les meilleurs moyens d’échapper à des frappes de missiles au Liban ou encore des conseils pour se mettre à l’abri de la violence des gangs au Mexique.

La vision des libéraux fédéraux quant aux personnes devant bénéficier d’une aide en cas de crise pourrait également influencer la perception des services offerts par les ambassades.

Lors d’évacuations d’urgence à l’étranger sous les gouvernements Carney et Trudeau, des ministres ont demandé à Affaires mondiales Canada de venir en aide non seulement aux citoyens, mais aussi aux résidents permanents et aux proches des citoyens évacués.

Le rapport indique que 38 % des personnes interrogées «pensent que les résidents permanents sont admissibles à ces services».

En mai 2025, Affaires mondiales Canada a averti la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, que la détérioration de la stabilité mondiale entraînait une expansion importante du travail consulaire et que les Canadiens pourraient devoir payer plus et s’attendre à moins.

Le dossier d’information indiquait que de nombreux Canadiens s’attendent à ce que les ambassades à l’étranger évacuent les citoyens et leurs familles lors d’événements tels que les guerres civiles en Afrique, les troubles au Moyen-Orient et les catastrophes naturelles dans des endroits comme Hawaï.

En novembre 2025, Mme Anand a déclaré qu’elle était convaincue que les coupes budgétaires imposées à son ministère n’auraient aucune incidence sur les services dont dépendent les Canadiens à l’étranger.

Les responsables du ministère ont indiqué qu’ils supprimeraient certains postes d’assistance consulaire en «modernisant» la prestation des services et en transférant les dossiers les moins complexes vers un portail en ligne.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne

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